SECTION I VIRGINITÉ. — MEMBRANE HYMEN. — DÉFLORATION
Si quelques peuples barbares, comme k Goa, k Carient, k Madagascar, aux iles Philippines, etc., etc., se montrent indifférents k cueillir la fleur virginale d'une jeune épouse, et Confient ce travail a des
prêtres ou à dés étrafigers» il faut en accuser les in* stitt lions religieuses et la superstition > car, chez presque toutes les nations, la virginité est regardée comme un trésor dont le nouTeau marié se ' montre jaloui d'obtenir la première possession^
Les peuples anciens renvoyaient la nouvelle mariée qui n'offrait pas le signe palpable de sa viif inité ; aujourd'hui encore divers peuples d'Asie et d'Afrique emploient des moyens plus ou mpins barbares pour forcer les filles à conserver leur virginité jusqu'au moment du mariage. Au Darfour et en Nubie, les mères cousent la vulve de leurs filles en bas âge, et ne laissent inférieurernent qu'un petit trou pour le passage de Turine et des menstrues. Ce n'est qu'au jour du mariage seulement qu'on sépare avec Tin* strumebt tranchant les deùt lèvres accolées. Dans ritide et dans quelques contrées du continent africain, on se contente d'in/l6a/^r les jeunes filles, c'està-dire de leur passer un anneau en métal a travers les grandes lèvres, de façon a rendre toute introduction impossible. Les Circassiens adaptent k leurs filles une ceinture en cuir qui bouche l'entrée vaginale et n'offre qu'une petite ouverture pour l'écoulement de l'urine et des règles. Après la cérémonie nuptiale, le mari tire son poignard et coupe la ceinture vii^inale. — Chez les peuples civilisés, la virgfnilé est appréciée k sa juste valeur, mais on la garde volontairement et jamais de force.
MeniDraiie liymeM* — Ce qu'on est convenu d'ap*
pe]er membrane hymen n'est point une membrane : ce n'est tout simplement qu'un repli de la muqueuse vaginale qui borde l'entrée du canal vulvo-utérin et ne laisse qu'une petite ouverture pour l'écoulement des règles. Cette ouverture permet à peine l'introduction d'un canon de plume avant la puberlé, et du petit doigt après cette époque.
La membrane hymen, qui, de tout temps, a été regardée comme le signe de la virginité, est cependant sujette k de nombreuses irrégularités. Tantôt elle acquiert un grand développement, et tantôt elle se borne à un repli supérieur demi-circulaire, laissant en bas une large ouverture; quelquefois il y a occlusion complète du vagin, tandis que d'autres fois on n'en aperçoit aucune trace.
. Une foule de controverses se sont élevées au sujet de cette fameuse membrane : beaucoup d'anatomistes nient son existence; beaucoup d'autres, au contraire, l'admettent comme réelle. Nous sommes fondés k croire que cette divergence d'opinions ne porte que sur le mot membrane; car il est positif que la muqueuse vaginale forme un pli plus ou moins pro« nonce, qui, chez les filles vierges de tout attouchement, de tout coït, existe constamment; on doit, dans ces circonstances, considérer son absence comme un arrêt de développement.
Chez quelques peuples peu civilisés, l'effusion du sang, an premier coït, est regardée comme la preuve convaincante de la virginité; on expose aux yeux du public la chemise ensanglantée de la nouvelle mariée,
puis on la renferme dans une boite pour être con< servée comme une relique. La jeune épouse qui ne fournirait point ce signe palpable de sa virginité est renvoyée honteusement chez ses parents. Mais ce renvoi n'a presque jamais lieu, attendu que les mères ont soin de l'éviter par des précautions prises à l'avance. Voici en quoi consistent ces précautions :
lia mère, quelques jours avant le mariage, examine les parties génitales de sa fille, et, si la largeur de l'entrée vaginale lui fait juger que l'introduction du membre viril puisse avoir lieu sans déchirure ni sang répandu, elle prépare une vessie de poisson ou une petite vessie en baudruche, de forme oblongue, semblable k une amande ; après l'avoir remplie de sang de pigeon, elle la remet à sa fille avec recommandation de la fourrer clandestinement dans le canal vulvo-utérin avant de se rendre au lit nuptial. Cette supercherie donne aux nouvelles mariées la certitude que les preuves sanglantes de la virginité ne leur feront point défaut.
En France et chez les autres nations civilisées, il existe encore beaucoup d'individus qui exigent ces preuves sanglantes, et dont l'absence leur fait croire qu'ils ont épousé une femme déjà déflorée. Ce préjugé devient une source perpétuelle de malheurs dans le mariage ; cependant ces individus reconnaîtraient facilement leur tort s'ils se donnaient la peine de réfléchir. En effet, s'il arrive qu'une femme vierge, bien portanle, à chairs fermes, à bassin étroit, soit
déchirée et ensanglantée par un homme doué d'oD gros membre, il arrive atfssi, et peut-être plus fréquemment» surtout dans les grandes villes, qu'une jeune femme authentiquement vierge, mais faible, délicate ou aflligée de flueurs blanches, mariée a un homme ayant un membre mince et petit, n'éprouve ni déchirure ni écoulement de sang. Les jeunes filles qui se livrent h des attouchements solitaires ont également les parties élargies, quoique vierges de contact d'homme, et perdent leur virginité sans fournir le signe sanglant. Enfin, Parent-Duchâielet a prouvé d'une manière irrécusable que beaucoup de prostituées, après avoir quitté leur honteux commerce, et s'être mariées, ont donné le signe sanglant, tandis que de jeunes filles, livrées à la prostitution avant l'âge de puberté, ont perdu leur virginité sans effusion de sang.
De ces considérations il résulte que l'homme ne doit pas se fier aux apparences trompeuses du sang comme preuve de la virginité, signe d'ailleurs trèséquivoque, puisqu'il est facile de le simuler, et qu'il faut désormais reléguer chez les peuples barbares l'usage de la chemise ensanglantée.
Défloration.— La défloration récente, chez les vierges étroites, offre ordinairement les caractères d'une déchirure; les bords de la déchirure sont inégaux et saignants; la quantité de sang répandu n'est guère que de quelques gouttes. Après la défloration, les bords de la muqueuse vaginale déchirés donnent
naissance, en se cicatrisant, à de petites protubè* rances appelées earor\cnle§ "(nijrli formes, La vérilé est que, au milieu des nombreux replis et protubérances de Vpm^e dii yagip^ i| pst fprt difficile de distinguer ces caroncule^. C![oi|s nous rangeops de l'avis des anatomistf^ qui pensent qu^ lp3 cploQq^^ vaginales ou renflements longitudinaux placés à Feutrée du ca« nal vuh'o-utérin, pour en rétrécir l'entrée, ont bien souvent été pris pour des carmicules myrti formes , -^ Du reste, la défloration est toujours accompagnée de la dilatation de Venivéfi vaginale, de froissement, de . rougeur, quelquefois de tuméfaction et de sensibiiité extrême des parties génitales.
Chez les Romains, 1^ défloration était une cérémonie sacrée pendant laquelle on invoquait les divinités qui y présidaient. La première se nommait dea virginensis; on lui ofl'rait la ceinture de la nouvelle mariée.
— On invoquait le deus subigus pour entrer en lice.
— La troisième, dea prema, doublait le plaisir des époux. — Deapertunda se trouvait la dernière; die était invoquée lorsqu'un obstacle provenant de la membrane hymen ou de toute autre cause gênait l'amoureux sacrifice. Aujourd'hui, plus de dieux ni de déesses; on n'invoque pas même l'amour.
SECTION II
DES MUTILATIONS PRATIQUÉES SUR LES ORGANES OtnnàlOf