‹ Hygiène et physiologie du mariageChapitre 16 sur 69 · CHEZ LES PEUPLES ANCIENS ET MODERNES · texte numérisé non relu

CHEZ LES PEUPLES ANCIENS ET MODERNES

Selon les temps et les mœurs, les organes génitaax ont été soumis k diverses opérations, tantôt dans un but de propreté, de continence, et tantôt pour satisfaire ou contenter la barbare jalousie des puissants de la terre.

circoneiftioo. — Une des premières insultes faites ïk la nature fut Texcision du prépuce. Moïse et ensuite Mahomet ordonnèrent la circoncision à leurs coréli* gionnaires, comme mesure d'hygiène dans les pays chauds. Celte pratique existait avant le législateur des Juifs, puisqu'on la trouve chez les Assyriens, les Babyloniens, les Éthiopiens, les Égyptiens, les Syriens, etc., etc. Moïse ne fit donc que suivre la cou* tume qui existait chez ces peuples.

On pratiquait, dit-on, la circoncision pour éviter Tirritation du gland nommée bdanite^ irritation occasionnée par le smegma fétide qui s'accumule autour de la couronne des glands constamment capuchonnés. Mais tous les hommes ne naissent point avec un phymosis, tous ne sont point malpropres, et si la circoncision est profitable aux uns, elle est complètement inutile aux autres. Du reste, tous les législateurs de Tanti-

quité respectèrent les parties nobles de l'honoime. Foé ne fit jamais de lois contre le prépuce des peuples de rindoustan. — Zoroastre laissa les Perses libres de conserver leurs prépuces. •*— Solon et Lycurgue se gardèrent bien d'en priver les Grecs, — Moïse et Mahomet furent les seuls ennemis du prépuce et en ordonnèrent le sacrifice. Le mahométisme et la routine ont étendu et perpétué la circoncision dans la plus grande partie de TÂsie et sur presque toute TÂfrique. Les Éthiopiens, les Égyptiens, les peuples du Bénin, un grand nombre de peuplades afiricaines, et dans plusieurs contrées de Tlnde, les hommes ne se contentent pas d'exercer la circoncision sur leur sexe, ils la pratiquent aussi sur leurs femmes. La circoncision» chez la femme, consiste k enlever le prolongement des petites lèvres et la presque totalité du clitoris. Nous devons faire observer que les petites lèvres des femmes de ces contrées acquièrent, parfois, un développement hideux, surtout après Taccouchement. Chez les Hotlentotes les petites lèvres s'allongent, s'élargissent, tombent en nappe sur les cuisses et forment ce qu'on appelle vulgairement le tablier. Un tel prolongement doit gêner la copulation et, dans ce cas, l'excision des petites lèvres peut être autorisée.

mabuiatioii. — Cette opération se pratique sur les deux sexes; elle consiste k perforer, de part en part, le prépuce de l'homme ou les grandes lèvres de la femme et d'y passer soit un anneau, soit la branche d'un cadenas, afin d'empêcher les personnes ainsi

ioSbdëes de 8e livrer aux plaisirs véaërieos. Cerlaî^ peuples d'Afrique et d'Asie, ainsi que nous Tavons dit précédemment, ont une manière d'infibuler beaucoup plus sûre : ils taillent un lambeau de peau k chaque lèvre, les affrontent Tune contre Tautre et les cousent, eo ne laissant qu'une petite ouverture pour Técoulement de Turine et des menstrues. Après la cicatrisation, ils enlèvent les fils de la manière que nous le pratiquons pour l'opération du bec de lièvre ; la jeune fille reste ainsi dépourvue de vulve jusqu'au jour du mariage. Ce jour arrivé, le mari fend la peau du tranchant de son poignard et cueille brutalement la fleur virginale que lui a conservé un moyen si barbare.

Les Grecs furent trop policés pour user de semblables moyens ; ils se fiaient encore plus k l'honnêteté de leurs femmes qu'aux verrous du gynécée, el ils avaient raison.

Les Romains, qui surpassèrent tous les peuples en jodousie, en libertinage, pratiquèrent sur leurs escla- Tes et même sur leurs enfants toutes les mutilations compatibles avec la vie. Les matrones faisaient infi* fouler leurs enfants soupçonnés vicieux, et, si ce moyen ne suffisait pas, on leur enfermait la verge dans un étui de bois percé d'un trou pour livrer passage aux urines. Deux statuettes antiques, décrites par Winckelmann, représentent deux comédiens infibulés. Ces statuettes sont la confirmation des faits que noif^ ont transmis les historiens relativement aux chanteurs. En effet, sous les Césars, les directeurs de théâtre soumettaient leurs artistes k l'infibulation pour leur

conserver la fraîcheur et la pureté de la voix, par la privation de tout plaisir sexuel. Il est très-probable qu'aujourd'hui nos directeurs de théâtre rencontreraient fort peu d'artistes qui se résignassent h Tinfibulation* — Juvénal, dans sa mordante satire contre les femmes, accuse les grandes dames romaines de faire infibulev leurs amants avec un anneau à serrure dont elles seules avaient la clef.

Autrefois, il existait en Orient des compagnies de moines infibulés ; aujourd'hui, c'est bien différent. On rencontre encore dans Tlnde quelques fanatiques infibulés et des fakirs portant un grelot à leur pré^ puce.

Castration.— ÉmaMcnlatlon.—Knnnelilmiie.

— C'est en Orient que l'art d'émasculer ou de priver l'homme de son sexe a pris naissance. Diodore nous apprend que chez les Syriens et les Égyptiens la castration fut, dans le principe, le châtiment infligé aux adultères et à ceux qui se rendaient coupables du crime de Pasiphaé. Les Mèdes furent, dit-on, les premiers qui donnèrent à leurs femmes un cortège d'eunuques ; les Assyriens et les Perses ne tardèrent pas à suivre leur exemple, et tous les peuples, je veux dire tous les seigneurs de l'Asie, tirent émasculer une fouie de malheureux enfants pour s^entourer d'eunuquesr. De nos jours encore, il n'est pas de sérails et de petits harems qui n'aient des eunuques préposés à la garde des femmes.

Dans la Rome dégradée» soud les derniers Césars»

— estes riches Romains achetaient des eunuques et des hermaphrodites pour le service sexuel. Alors comme aujourd'hui, dans beaucoup de capitales, on éludait le but de la nature

Sous les empereurs grecs, les eunuques devinrent une branche d'industrie si lucrative, que Justinien fat obligé de condamner à la castration ceux qui émasculaient leurs enfants. — Tout le monde sait que le parle* ment de Paris, en vertu de la loi du talion, condamna ceux qui avaient eunuchisé Âbailard k être castrés à leur tour par la main du bourreau. — La loi Salique condamnait à la castration les esclaves surpris avec leurs maîtresses. — Les lois de Guillaume le Conquérant y condamnaient tout individu convaincu de viol sur une jeune fille.

On a prétendu que les prêtres de Cybèle, portant les noms de Corybantes, de Curetés et de Galles, se faisaient émasculer, avant d'entrer au service de la déesse; tous lés historiens ont répété cette erreur sous la foi d'une chronique phrygienne et on la répétera longtemps encore. Mais le philosophe, qui examine les choses k fond, acquiert la conviction que ce fait est faux, attendu que les danses licencieuses et les fureurs de ces fanatiques ne s'accordaient guère avec la vie indolente et molle des eunuques.

La vertu et la loyauté poussèrent Combabus k se mutiler pour échapper aux dangers d'une passion qu'il pouvait inspirer a sa reine. — Au deuxième siècle de notre ère, l'enthousiaste Oi igène suivit l'exemple du favori d'Antiochus Soter pour fournir, k qui vou-

drait, la preuve de sa chasteté. Ces deux célèbres eunuques eurent de nombreux imitateurs ; un pape se vit dans la nécessité de fulminer pour arrêter la contagion des disciples d'Origène.

Sous le règne de Tempereur Arcade, parurent les Abéliens, qui faisaient le vœu monstrueux de vivre avec des femmes sans procréer. Ces sectaires, à la fois impies et contradictoires, n'étaient déjk plus quand la loi voulut les réprimer.

Une autre secte, plus furieuse, prit naissance dans les contrées brûlantes de l'Arabie sous le nom de Valésiens. Ces forcenés faisaient vœu, non-seulement de se mutiler eux-mêmes radicalement, mais encore de mutiler tous les individus qu'ils rencontreraient, et ils avaient déjà commis de nombreux attentats, lorsque le pays se souleva contre ces ennemis du genre humain : les chefs furent tués et les sectaires dispersés.

L'historien Procope nous apprend que les jeunes castrats étaient très-recherchés des seigneurs de la cour de Justinien, et s'achetaient fort cher. Un roi des Abasges, voyant ce commerce des plus lucratifs, enlevait de force k ses sujets leurs plus beaux garçons, les faisait émasculer, puis vendre a Constantinople.

Mais ce fut sous les successeurs de Mahomet que l'art de priver l'homme de son sexe fit d'immenses progrès. Le grand seigneur ayant confié la garde du sérail k des eunuques, tous les princes et grands de l'Etat imitèrent le sultan leur maître, et bientôt Ton compta les eunuques par milliers. Cette fureur de mu-

tiler des hommes, pour lear confier la garde des con* cnbioes des grands, passa en Asie et en Afrique, et y fit dMnnombrables victimes.

La sombre jalousie des despotes d'Asie ne fui pas encore satisfaite des mutilations mâles; elle ordonna qu'on fit des eunuques femelles. Alors on fendit le ventre aux jeunes iilles pour aller saisir les ovaires et les extirper ou les soumettre à Yéviration, Le clitoris fut coupé jusqu*h sa racine. On ferma la vulve en ré* unissant les grandes lèvres par des points de suture; de telle sorte qu'on eut des êtres sans sexe et sans désirs, qui surpassèrent les eunuques mâles en méchanceté.

Vers le onzième siècle, l'art d'émasculer pa^sa des Orientaux dans les États romains ; c'était pour mieux chanter les louanges du Seigneur!... Le pape Clément XIV s*éleva contre cette barbare coutume et voulut labolir; on éluda ses ordres. Honneur k loil La postérité placera sa bulle h côté de Tédit de Gélon» qui défendit aux Carthaginois d'immoler des enfants Il Saturne. On a vu en Italie des monstres, qui se donnaient le nom de pères, faire des castrats de leurs enfants pour les engager chèrement au théâtre, diu les rAles de femme. Un père qui mutile son fils est ane brute stupide, un infâme : il doit être en horreur ^ h société et maudit du malheureux quil a dégradé. Lisez Thistoire de Narsès.

Aujourd'hui, chez les nations civilisées, on ne contre plus de castrats parla main des hommes; sortes de mutihtions. réprouvées de nos

n'existent plus que dans le fond des sérails de TÂsie. Mais le libertinage et les maladies multiplient chaque jour, dans les capitales, un genre d'eunuques, c'està-dire d'impuissants avant l'âge, qui ne parlent de la nature que pour la maudire, et de Tamour que pour le blasphémer. Nous conseillons k ces hommes usés de suivre tes préceptes développés dans les chapitres qui traitent de l'impuissance.

CHAPITRÉ Vin

HYGIÈNE DES OnCANES céMITAUX ET PRÉCEPTES CONCERNANT

l'union SEXUELLE.

Pour conserver longtemps Tintégrité et la vitalité des organes génitaux, il ne faut jamais les fatiguer par de trop fréquents exercices.

La propreté de ces organes est une condition indispensable de leur fraîcheur, de leur santé. Des ablutions quotidiennes sont tout k fait nécessaires pour les nettoyer des impuretés dont les recouvrent des se* crétions plus ou moins abondantes : la femme surtout doit les pratiquer scrupuleusement autant de fois que sa constitution et son état l'exigent. L'eau fraîche ou tiède, selon la saison, aromatisée de quelques gouttes de lait d'Uébé ou d!eau des Hespérides^ est le seul li-

quide dont elle doive se servir pour cet usage; cai les laits virginaux, les alcoolés résineux, les vinaigres de Saturne, et autres composés de la parfumerie, dessèchent, rudissent, plombent la muqueuse de ces parties , et leur font perdre ^ jamais leur attrayante fraîcheur.

User avec modération et réserve des plaisirs du mariage. — Ne jamais en abuser, car leur abus énerve le corps et retentit sur rintelligence. Les époux raisonnables se persuaderont facilement que c'est doubler leurs plaisirs que de les économiser.

• La copulation, pour être bien faite, veut la complaisance, la tranquillité et le secret. La crainte, le bruit, comme la malpropreté et la répugnance, lui sont des obstacles. Demander le plaisir k sa femme avec d'aimables paroles; l'entraîner délicatement k satisfaire nos désirs et ne jamais exiger de force.

Accomplir le devoir conjugal avec douceur et ménagement, et non avec cette fougue délirante dont les effets peuvent blesser les organes et nuire k la fécondation.

Ne point s'épuiser par la fréquence des embrassements; cesser lorsque la nature l'indique, et attendre avant de recommencer, qu'elle ait suffisamment ré paré les pertes.

Les transports d'une imagination érotSqne, les dé^ sirs immodérés des voluptés sensuelles, sont les plot dangereux ennemis de la virilité. Loin de s'exciter par des idées lubriques, l'homme raisonnable doit attendre que lejrcvejl de l'organe lui annonce le besoin

et l'instant de le satisfaire. C'est le moyen de conset^ ver longtemps ses facultés génésiques.

Ne jamais engager la lutte amoureuse immédiatement après un repas copieux, parce que le violent spasme que provoque Téjaculation séminale > dans toute réconomie, peut suspendre la fonction digestive, amener des obstructions, des sufTocations» et quelquefois l'apoplexie !.. .

Dans Tétat d'indisposition physique, de santé valétudinaire ou de maladie, on doit s'abstenir du contact vénérien, par la raison que, si le coït modéré est salutaire aux sujets bieo portants, il est toujours nuisible aux personnes malades ou languissantes.

Lorsque la tête et les membres sont fatigués, il est prudent de remettre l'acte vénérien à un autre jour, parce que la fatigue causée par cet acte ne peut qu'augmenter la fatigue préexistante.

Les personnes faibles de poitrine, ordinairement très-amoureuses, doivent comprimer, autant que possible, leurs élans vers la volupté, car il n'y a point d'écueil plus funeste k la santé des poitrinaires.

Quoique la femme puisse, sans inconvénient, répéter Tacte amoureux plus fréquemment que l'homme, elle aura néanmoins raison d'en être sobre, puisqu'il est avéré que celles qui en abusent sont sujettes aux tristes alTections des ovaires, de la matrice, et k ce mal terrible qu'on nomme le cancer...

Tout ce qui échauffe le sang accélère sa circulation et le porte au cerveau, prédispose k Tanaphrodisie ou frigidité. C'est pourquoi \e%\vQttt«v^^^^ss\îX

abiiB des boissons alcooliques el des mets échauffants perdent de bonne heure leur aptitude génitale.

Un régime débilitant et l'usage exclusif des boissons acides abattent également les forces génitales.

L'état de grossesse exige une sérieuse attention. Les époux devront s'abstenir du coït pendant les trois premiers mois de la grossesse et pendant toute la durée du neuvième mois; en voici la raison : quand la grossesse commence, la surexcitation de la matrice, provoquée par l'acte vénérien, peut nuire au développement de l'embryon en provoquant des contractions utérines, et même occasionner une fausse couche. Du huitième au neuvième mois, les embras* sements du mari peuvent blesser la femme et déterminer un accouchement prématuré.

Le mari doit respecter certains états physiques et moraux dans lesquels peut se trouver sa femme, tels que le temps du flux menstruel, les indispositions, fatigues et oscillations de la santé ; les contrariétés, les chagrins, les incidents fâcheux, etc., et ne point lui demander ni exiger ce qu'elle n'est nullement disposée à accorder ; car, dans ces moments néfastes pour la femme, si l'homme prend de force et que la fécondation ait lieu, Tètre futur se ressentira indubitablement de l'état dans lequel se trouvait sa mère. Cesi ce que nous démontrerons au chapitre xv de jgt ouvrage.

]a continence stricte, prolongée, de même que i|^ vénérien, est également à craindre, parce que

I ^ détériorent Torgane copulateur, et

ont un même résultat : Tatonie génitale, Fanaphrodi* lie, l'impuissance. Les époux sages ne doivent donc jamais rassassier leurs appétits vénériens ni éteindre leurs désirs dans la satiété ; ils doivent, au contraire, quitter l'autel de Tamour avec la force d'y déposer encore une offrande.

Tels sont, en résumé, les principaux préceptes que doivent suivre les époux qui désirent procréer des enfants bien constitués et conserver longtemps leurs facultés génésiques.

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