CHAPITRE XII
DES ATTrrnDES LES PLUS FAVORABLES A LA FÉCONDATION.
Des aveux confidentiels nous ont appris que, dans les éditions précédentes, ce titre avait soulevé la co-
1ère et les haines d'une classe de personnes... hypocrites, qui, tout en fulminant contre Timnioralité d'un tel chapitre, s'empressaient de le lire, espérant y trou Yer des scènes erotiques. Mais leur avide espoir a été déçu ; car il s'agit ici d'une question très-sérieuse et des plus importantes pour le mariage ; il s'agit d'examiner et d'indiquer les moyens les plus favorables à une bonne fécondation dont dépendent la bonne conformation et la vigueur de la progéniture.
La position horizontale, c'est-h-dire l'homme couché sur la femme, est, dans l'espèce humaine, l'attitude naturelle, instinctive, pour l'union des sexes. Mais il arrive bien souvent que la volupté, après s'être rassasiée de la position normale, descend aux habitudes animales, ou invente des attitudes plus ou moins gênantes et toujours nuisibles k la fécondation. Nous nous abstiendrons ici de parler des diverses postures qu'inventa la courtisane Cyrène, qu'Éléphantiset Philénis chantèrent en vers léonins, et que Tem* pereur Tibère fit peindre dans une des salles de sa maison de Caprée. Les douze tableaux de Carrache sur ce sujet, les peintures de TAlbane, du Titien, et les gravures erotiques modernes, dont le nombre égale la prodigieuse variété, témoignent du dévergondage des imaginations lubriques de toutes les époques et de tous les pays.
Nous ne discuterons point, comme l'a fait un ancien auteur, s'il vaut mieux caresser sa femme à la fiçon des renards ou des hérissons^ non plus sur les alljtades permises par les easuistes. Ces bons casais
leSy où diable allaient-ils fourrer leur nez? je vous le demande. Aujourd'hui, c'est bien dilférent : autre temps» aulre esprit.
Nous devons nous borner à dire que toutes les attitudes favorables à la fécondation sont permises, et que celles, au contraire, qui y mettent obstacle doi-* vent être proscrites. Ainsi les attitudes assises, indolentes, paresseuses, éludent souvent le but de la nature. L'attitude droite est on ne peut plus fatigante et expose rhomme à de graves accidents. Une triste expérience a démontré que la copulation exécutée debout amenait plus tard, chez Thomme, des lassitudes dans les membres inférieurs, des fatigues générales d'une persistance désolante. Les tremblements convulsifs et les paralysies des jambes, dont sont frappés les hommes de seconde jeunesse, n'ont souvent pas d'autre cause.
I^ singulière fantaisie qu'éprouvent, parfois, quelques femmes de prendre la place du mari, trouble l'ordre naturel ; la volupté peut sourire et s'amuser de cette métamorphose, mais l'hymen a rarement lieu de s'en applaudir.
Il existe trois cas où la posture dite à rétro est nonflcnlement permise, mais doit être recommandée; c'est dans Tétat degrossesse ou d'obésité de la femme, et lorsque le membre viril n'a point la longueur requise.
Pendant la grossesse, le ventre de la femme, s'avantant sur les cuisses, rend la copulation normale trèsdifficile ; Fhomme devrait se priver du coït dans Tin-
térét de la mère et du fruit qu'elle porte. On conçoit facilement que le poids et les mouvements de Thomme peuvent blesser la femme enceinte. Or, s'il ne peut s'abstenir de l'acte vénérien, il doit le pratiquer à reiro. Il en sera de même dans le cas d'obésité de la femme, par la raison que le membre viril n'est pas assez long pour opérer la fécondation.
Le troisième cas est celui où la longueur du canal vaginal n*est point proportionnée k celui du pénis, celui-ci étant naturellement trop court. Il résulte de ce défaut d'harmonie entre les parties génitales des deux époux, que, le membre ne pénétrant pas assez avant, le fluide séminal, au lieu d'atteindre le col utérin et d'être aspiré par lui, découle au dehors de la vulve et reste perdu pour la fécondation. Dans Tattitude à rétro, conseillée dans ce cas, le membre viril ne perd rien de sa longueur et pénètre plus profondément dans le vagin, dont l'étendue se trouve modifiée; le col utérin, n'étant plus gêné par aucune compression, absorbe plus facilement la semence, qui pénètre sans obstacle dans le corps de la matrice, et de là va féconder Tœuf humain.
Des observations authentiques constatent que beaucoup de femmes, qui ne devaient la stérilité dont elles étaient affligées qu'à l'imperfection du membre de leur mari, sont devenues mères par cemodus am^ jungendi.
Enfin, lorsque la longueur du membre viril dépasse celle du vagin de la femme, il est de toute nécessité que l'homme dimiaoe la longueur de son membre, aa
moyen d'un bourrelet en forme d'anneau, fixé à la base du pénis ; de cette manière Tintroduction est dûoEUDuée de toute l'épaisseur du bourrelet. Sans cette précaution, le col de la matrice, étant heurté par le gland du membre viril démesuré, se fermerait spasmodiquement et mettrait obstacle a la fécondation. De plus, les coups répétés du gland contre le col de la matrice ne tarderaient pas à développer une irritation et des maladies utérines toujours funestes k la femme.