THÉORIE NOUVELLE DE LA GÉNÉRATION HUMAINE
Les merveilleuses opérations de la nature se font toujours dans les profonds abîmes de Tinconnu. Nous parvenons quelquefois k nous rendre raison des phénomènes, mais les causes premières nous sont fatalement cachées.
De tous les nombreux mystères que Tesprit humain I cherché à débrouiller, celui qui lui a coûté le plus dé temps et de peines est, sans contredit, le mystère de la génération. Que de systèmes ont été bâtis et se sont écroulés d'eux-mêmes I Que de séduisantes théories nont duré que quelques instants ! Cependant,
k force de travaux et d'opîiiîâtrelé dans les expériences , Tétude ovologique , grâce h nos savants de Tépoque, est enfin parvenue à un degré de perfection qui efTace bien des doutes.
Wous nous garderons bien de faire rhîstoîre des divers systèmes plus pu moins absurdes qui ont été inventés sur la génération; ce serait lancer et perdrCi sans profit, nos lecteurs dans TaiTreux cbaos des chimères. Nous nous bornerons a leur présenter ta théorie de VovO'Spermatismey dont le simple énoncé lui apprend que le concours de l'homme et de la femme est absolument nécessaire pour la procréation d'un é(re semblable h eux.
La femme concourt a la procréation en produisant Tœuf ; mais cet (knt inerte, sMl n'est fécondé, tombe a chaque menstruation dans la matrice, où sa dissolution s'opère, et ses débris sont entraînés au dehors par le sang des règles.
L'homme, de son côté, concourt à la procréation en produisant la liqueur qui féconde, qui donne la vie à Tœuf. Ainsi la procréation d'un être est un acte dynamique, un conflit de deux sexes différents et opposés Tun k l'autre comme les deux pôles d'un aimant.
Fécondation. — De quelle manière s'opère la fécondation de l'œuf, et quel est le mécanisme de là génération ?
D'après les études sur Tovologie humaine faites par plusieurs savants contemporains, il est aujourd'hui démontré que notre espèce est soumise à la
grande loi : Omne viyum ex oyo, Tout ce qui vit provient d*un œuf. La femme, ainsi que toutes les femelles (|u règne animal, produit des œufs dont la ponte a lieu chaque mois, quand s'établit le flux menstruel. Nous avons dit que les ovaires de la femme étaient des espèces de glandes qui produisaient des œufs ; ces œufs microscopiques, réunis en grappes, se développent chacun k leur tour, se gonflent, mûrissent et tombent de même que les fruits mûrs.
De quelle manière s'opère la chute de Tœuf dans Poviducte? La voici : Le pavillon de la trompe embrasse la portion de Tovaire par où l'œiif doit sortir; roavertnre du pavillon se dilate et exerce une espèce d'aspiration sur Tœuf mûr qui s'y engloutit. Une fois Tœuf engagé dans la trompe , il chemine lentement vers la matrice , sollicité par les mouvements contractiles de la trompe elle-même. De longues et minutieuses expériences ont démontré que, chez la femme, il fallait quatre ou cinq jours pour que l'œuf parcourût tout le trajet de la trompe et tombât dans la matrice.
Passons au rôle de l'homme. A la suite du coït, le sperme pénètre dans la matrice ; les animalcules qu'il contient s'introduisent, par un mouvement on pourrait dire instinctif, dans les trompes utérines, où ils cheminent jusqu'k leurs deux tiers supérieurs. Arrivés îi cet endroit de la trompe, les animalcules se fixent k la membrane muqueuse et attendent l'œuf ou les œufs au passage.
Lorsque l'œuf mûr se détache de l'ovaire, lors-
qu'aspiré par le pavillon de la trompe, il s'engloutit dans Toviducte et descend, alors seulement les zoospermes s'accrochent à lui, pénètrent sa substance, et la fécondation est opérée. L'œuf fécondé continue^ pendant quatre ou cinq jours, a descendre par Toviducte et tombe enfin dans la matrice, a la paroi de laquelle il se greffe et prend racine. De ce moment commence la vie embryonnaire d'un nouvel être.
La première évolution de l'œuf se fait dans les trompes durant les jours qu'il met à les parcourir. Arrivé dans la matrice, l'œuf humain est cinq fois plus gros qu'au momeotde sa fécondation.
Les œufs non fécondés suivent la même marche, tombent également dans la matrice ; mais, n'y prenant pas racine, ils s'y dissolvent et sont rejetés au dehors avec le sang menstruel .
Tel est le mode employé par la nature pour la reproduction de l'espèce humaine. Plusieurs objections ont été faites contre cette théorie par les partisans de la fécondation dans l'ovaire. Ils citent, comme preuve de l'arrivée des zoospermes dans rovaire,«les grossesses ovariennes , les grossesses ventrales ou extrautérines. Ces cas de grossesse anomale sont effectivement réels, mais si infiniment rares, si en dehors du but de la nature, qu'ils ne sauraient ébranler la théorie que nous venons de donner. Les exceptions, qui ont aussi leurs causes, loin de détruire la règle générale, ne font que la consolider ; et, dans la question qui nous occupe, l'exception confirme la règle.
En effet, les grossesses extra-utérines sont toujours
des aberrations de rorganisme produites par des circonstances extraordinaires. Ainsi il peut se faire que l'œuf, fécondé normalement dans Toviducte, soit rejeté dans le ventre par un violent spasme de la trompe dont le pavillon se trouve détaché de Tovaire,
Le professeur Lallemand cite une femme effrayée par la présence subite d'un homme au moment où elle venait de recevoir les caresses de son mari ; la sévolution qu'elle en éprouva agit si violemment sur les trompes de la matrice, que 1 œuf ne put s'y engager et resta fécondé dans Tovaire. Cette dame étant morte des suites d*une grossesse ovarienne, l'autopsie de son cadavre fit voir un embryon développé dans l'ovaire. Dans les annales de médecine, plusieurs faits semblables sont rapportés et ne laissent aucun doute sur la possibilité des grossesses ovariennes.
Il peut aussi arriver qu'un zoosperme monte jusqu'à l'ovaire et y féconde un œuf; mais, le pavillon de la trompe cessant tout à coup d'embrasser l'ovaire, et Tœof, ne trouvant plus le canal par lequel il doit arri^ ver à la matrice, reste et se développe dans l'ovaire. Mais ces aberrations sont de graves accidents qui entraînent toujours la mort du fœius et le plus souvent celle de la mère. Or la théorie de la fécondation dans l'ovaire n'est pas soulenable, car la nature ne saurait procéder par accident a la perpétuation de l'espèce.
Des expériences réitérées, marchant de pair avec l'observation microscopique, sur le mode et les phénomènes de la fécondation, nous ont amené aux con-
elosions suivantes :
1* La fécondation n'a jamais lieu dans les ovaires ;
^ La fécondation ne saurait également avoir lieu sur les œufs tombés dans la matrice à l'époque de la ponte , parce que ces œufs ne réunissent plus les conditions nécessaires. La principale condition est la fécondation préalable, dans les trompes, qui change le mode d'existence de Tœuf, le rend cinq fois pins gros et lui donne Faptitude k se greffer aux parois de la matrice ;
S"" C'est strictement dans les trompes que la fécondation s'opère ; nous allons voir comment;
A"* La liqueur spermatique introduite dans la matrice y éprouve une dissolution : sa partie aqueuse revient dans le vagin et découle de la vulve ; mais les zoospermes qu'elle contient» du moins le plus grand nombre, gagnent instinctivement lés trompes utérines et vont s accrocher aux parois de ces trompes, à leur partie supérieure, près du pavillon. Là, ils peuvent vivre de cinq k dix jours, selon le degré de vitalité do testicule qui les a produits, et s'ils ne sont point tués par une cause intérieure;
S^" C'est au moment du passage de l'ovule dans la partie supérieure de la trompe que le spermatozoïde s'accroche à lui et le féconde immédiatement ;
6^ C'est généralement pendant les premiers jonrs de la menstruation que la fécondation a lieu. Du moment que Tovaire est fermé, que le pavillon de la trompe a cessé de l'embrasser, la fécondation devient hnpossible, puisqu'il n'y a plus de communication entre la trompe et l'ovaire.
Nous ajoQterons, comme corollaire, que la fécondation est certaine lorsque le mâle approche la Tenielle quelques jours avant la chute de Tœuf. Cette époque est indiquée par le rut chez les animaux, et chez la femme par des prodromes qui trompent rarement.
Dans Tespèce humaine il peut arriver que la copulation, ayant eu lieu cinq ou six jours avant Tappari^ tion des règles, soit suivie de la fécondation ; mais ce résultat est beaucoup moins certain que dans le cas où la copulation s'opère la veille de Tapparition des règles ou lorsqu'elles commencent a couler.
Les époux qui désirent accroître ou restreindre leur progéniture pourront tirer parti de ces indications.
Nous terminerons ce chapitre par un résumé des lois physiologiques qui président k la formation et à la fécondation de l'œuf humain.— Les œufs produits par les ovaires sont soumis à une maturation périodique» et cette maturation est tout k fait indépendante do contact spermatique. — Les œufs, arrivés k maturité, se détachent naturellement de l'ovaire et sont saisis par les trompes, qui les conduisent dans la matrice. C'est pendant ce travail de l'ovaire et des trompes qu'a lieu la turgescence utérine d'où résulte le flux menstruel. — Quand l'œuf, tombé dans la matrice, a été fécondé, il se greffe aux parois de cet organe et parcourt une série d'évolutions, dont la dernière est la naissance d'un être semblable k ceux qui l'ont procréé. — Quand l'œuf, tombé dans la matrice, n'a pas été fécondé, il se dissout au milieu du
sang des règles el se trouve entraîné au dehors par le flux menstruel.
Quelques éminents physiologistes ont avancé que la fécondation de Tœuf pouvait avoir lieu à tous les jours du mois ; c'est une profonde erreur, c'est même une impossibilité qui ressort d'une triple preuve.
l"" L'œuf humain n'arrive k complète maturité qu'une fois par mois ; et pour être fécondé il est de toute nécessité qu'il soit mûr ;
2" Hormis le temps de maturité de Tœuf, l'ovaire cesse d'avoir toute communication avec la matrice ;
3* Ce n'est qu'au moment où Tœuf éclate et l'ovaire s'ouvre, que les trompes, flottant dans l'abdomen, viennent embrasser l'ovaire, pour saisir l'œuf qui s'en détache. C'est alors seulement que les trompes servent de moyen de communication entre l'ovaire et la matrice.
Or, pour que la fécondation fût possible a tous les jours du mois, il faudrait que tous les jours il y eût un œuf arrivé k maturité : ce qui n'est pas. Il faudrait que la communication entre la matrice et l'ovaire lût constante : ce qui n'est pas. Il faudrait que l'œuf échappé de l'ovaire, à l'époque de sa maturité, pût rester soit dans les trompes, soit dans la matrice: ce qui n'est pas ; attendu que les œufs non fécondés ne peuvent séjourner dans la matrice, puisqu'ils n'y prennent point racine. Les œufs non fécondés, ainsi que nous venons de le dire, sont entraînés au dehors avec le sang des règles. Donc l'assertion de ces phy*çiologistes est erronée, impossible, Donc la fécour
dation ne peul avoir réellement lieu que pendant les jours où l'œuf, détaché de l'ovaire, traverse les trompes afin de se rendre à la matrice. Tel est le mystérieux travail de la génération,
SIf ne« «nzqnels on reconnaît que la fécondation a en lieu. — Beaucoup de physiologistes, entre autres Térudit Burdach, ont erré sur ce sujet. — La vérité est que la plupart des femmes sont fécondées sans même s'en douter, et ceux qui prétendent qu'elles éprouvent une voluptueuse défaillance en ce moment, ignorent complètement la manière dont s'opère la fécondation. La femme étant génitalement excitée aux approches de ses règles, le plaisir sera plus vif à cette époque, non parce que la fécondation a eu lieu, mais parce que ses organes sont légèrement tuméfiés et beaucoup plus sensibles. Du reste, voici les phénomènes oflerls, par quelques femmes, au moment où Tœuf fécondé tombe et se greffe dans la matrice : — intumescence de tout le système génital — frisson dans les reins — mouvements insolites dans le bas-ventre — chatouillement dans la matrice et le vagin — légères titillations Tulvaires -^ spasme yjivi de (atigues dans les mem- •Vrea, etc., etc.