‹ Hygiène et physiologie du mariageChapitre 26 sur 69 · A VOLONTÉ · texte numérisé non relu

A VOLONTÉ

Depuis l'anlîquilé la plus reculée, celte grande question a occupé une foule de médecins et de naturalistes qui ne la jugeaient pas indigne d'eux. Résoudre aftirmativement cette question serait du plus haut intérêt pour la famille et pour TÉtat; mais cette solution est-elle possible? Pourquoi pas? Il y a tant de choses jugées absurdes autrefois et qui sont évidentes aujourd'hui. Quel savant des siècles passés se serait avisé de croire que la femme pondait des œufs comme une poule, et que cette ponte mensuelle amenait infailliblement le flux menstruel? Et cependant, de nos jours, ce fait n'est plus révoqué en doute. Qui aurait cru, il y a quelques années, que les individus à cheveux roux ou blancs auraient pu les colorer en noir au moyen de boissons et d'aliments spéciaux, dont les Chinois possèdent seuls le secret (1) ? C'est

(1) Voyez le curieux et très-utile ouvrage intitulé Hygiène complète des cheveux et de la barbe , par Débat, 2* édition , où lie trouvent détaillés les moyens de noircir intérieurement les cheveux rouges et blancs. On y trouve aussi le moyen infaillible

no fait acquis k la science. Or la procréation des se^^es k volonté ne pourrait-elle pas être résolue à son tour, ainsi que Tont été d'autres questions? Il n*y a que les hommes superficiels, on pourrait dire les sots, qui affectent une incrédulité moqueuse pour les questions que ne saurait saisir leur étroit esprit; rhomme d'étude les travaille, les méilile, et si, chaque jour, les limites de l'impossible reculent devant nonSy c'est k sa persévérance qu'on le doit.

Pour procéder avec ordre dans nos recherches sur les causes de la détermination du sexe, et rendre notre travail plus clair, plus facile à saisir, nous établirons les quatre propositions suivantes:

1^ Exîste-t-il des œufs mâles et des œufs femelles dans les ovaires de la femme ?

V Dans le cas d'affirmation, chaque ovaire contient-il des œufs mâles et des opufs femelles indistinctement? ou bien y a-t-il un ovaire pour les œufs m&Ies et un ovaire pour les œufs femelles?

3* Les œufs contenus dans les deux ovaires sontils absolument de même nature, sans distinction de sexe, et la détermination sexuelle de Têtre futur ne dépendrait-elle que de la prédominance vitale et dynamique de l'un des époux sur l'autre?

4* Enfin, les deux testicules sécréteraient-ils une liqueur parfaitement homogène, ou bien le testicule droit donnerait-il une liqueur propre à la fécondation

de régénérer les cheveux sur ies crânes chauves depuis loiijrtemps, lorsque toutefois le follicule pileux n\i pas été détruil par une cause mécanique.

— ii6 — ^âle, el le testicule gauche à la fécondation femelle?

A. La première proposition a réuni de tout temps le plus grand nombre de suffrages; mais raflBrmatioQ est faite à priori, car aucune cause physiologique n'en a démontré la réalité; les ovules contenus dans l'ovaire s'offrent, à l'investigation, strictement semblables quant a la matière, à la structure et ^ la forme, et rien, absolument rien, n'indique k l'anatomiste qu'il existe des œufs mâles et des œufs femelles.

B. La seconde proposition a divisé les savants en deux camps. Les uns soutiennent qu'il existe des œufs mâles et des œufs femelles dans le même ovaire; ils s'appuient sur un grand nombre d'expériences faites sur des animaux qui, après l'ablation d'un ovaire, ont également procréé les deux sexes.

Une foule d'observations, recueillies par des médecins distingués, prouvent aussi que les femmes auxquelles il manque un ovaire, soit par suite d'atrophie complète, soit par suite de castration, donnent indistinctement le jour a des êtres de l'un et de l'autre sexe.

Les savants du camp opposé nient l'exactitude des iiits cités, en alléguant que les expériences ont été mal faites ou les observations imparfaitement recueillies. Ils soutiennent que les œufs niâles sont conte nus dans l'ovaire droit, et les œufs femelles dans l'ovaire gauche ; que les femmes qui sont privées d'un ovaire ne procréent qu'un sexe, et que celles qui pro-

créent le seie homologue à Tovaire manquant appartiennent à la classe des monstres par renversement d'organes (l). Cette théorie, qui fut celle d'Hippoerate, ne pent soutenir un examen sérieux; les observations fournies en sa faveur n'offrent aucune eertitude et sont démenties par les découvertes de la physiologie moderne.

Démocrite, Aristote, Pline, chez les anciens; Rbazès, Procope, Columelle, Millot et plusieurs autres chez les modernes, ont soutenu cette opinion, reconnue aujourd'hui erronée. Ces expérimentateurs ont enlevé lin ovaire h des femelles d'animaux, et, après entière cicatrisation, les ont fait accoupler; le résultat de la fécondation aurait constamment donné le sexe dévolu à l'ovaire existant. Dans Tespèce humaine, les mêmes causes amèneraient les mêmes résultats. Ces faits sont complètement inexacts.

En certaines contrées de l'Inde et de l'Afrique, on pratique Yeunuchisme ou castration chez la femme, en lui enlevant les ovaires; les règles cessent aussitôt de paraître, et la procréation devient dès lors impossible. Mais ii arrive souvent que, par défaut d'adresse de Topérateur, un ovaire échappe à la mutilation. Dans ce cas, la femme, restant apte à la génération, procréerait, dit-on, le sexe qui correspond à l'ovaire oublié.

(1) Voyez V Histoire des Métamorphoses humaines , on sont décrites toutes les monstruosités de Tcspècc humaine. Un gros vol., prix : 3 fr. 50 c. Chez Dentu, libraire, Palais-Royal, à Ptrit. 1,

Heuke cite une femme qui accoucha neuf fois, et n*eut que des filles. L'autopsie faite après sa mort fit \oir Tovaire droit complètement sqiiirrheux, et par conséquent impropre à donner des œufs mâles.

Procope cite une autre femme qui accoucha saccessivement de sept filles, et mourut sans donner le jour à un garçon. Sa nécropsie démontra l'ovaire droit atrophié et réduit a la grosseur d'un pois.

Millot dit avoir fait l'ouverture des cadavres de deux femmes, dont Tune avait eu sept enfants tous du sexe masculin ; Tune quatre filles et point de garçons. L'ovaire droit de la première femme offrait les sept cicalricules des œufs mâles fécondés ; chez la seconde, Tovaire gauche montrait les quatre cicatricules des œufs femelles, tandis que Tovaire droit était atrophié. Quand bien même les observations de ces auteurs seraient exactes, elles ne prouveraient nullement en faveur de leur théorie. Nous verrons, plus loin, que la cause de la détermination sexuelle n'est ni dans l'ovaire ni dans le testicule.

C'est sur cette base qu'ont été bâties les diverses théories de la procréation mâle et femelle k volonté. Le centaure Chiron enseignait quelque chose de sem*> blable aux femmes de Thessalie. —

Démocrite composa un livre sur la génération, oii ces secrets étaient expliqués. — Le fameux Rhazès, médecin arabe du neuvième siècle, nous a laissé quelques fragments sur Vart de faire des filles ou des garçons, — La Caîtipédie, de Claude Quillet, et la Mégalanthropogénésie, de Jean Huarte, complétée pal

Robert, ocenpèrent les esprits. -^ VArt de procréer ks sexes à volonté, de Procope, restauré par Millot, eut aussi ses partisans. Mais ces théories, assises sur des faits accidentels et isolés, ne sont plus soutenables aujourd'hui. La physiologie, qui, tout récemment, a jeté une si vive lumière sur le côté mystérieux de la procréation humaine, a prouvé, par une série d'expériences, que les femelles privées d'un ovaire (le droit ou le gauche) engendraient indistinc* tement des petits des deux sexes.

G. La troisième proposition, qui conclut à la négation du sexe des œufs non fécondée, et h la détermination du sexe au moment même de la fécondation, est la seule qu'on puisse admettre aujourd'hui, et une inOnité de preuves viennent se grouper autour d'elle.

D. La quatrième proposition, qui fait naître les mâles du sperme sécrété par le testicule droit et les femelles par le sperme du testicule gauche, n'est pas plus admissible que celle qui fait naître les mâles de l'ovaire droit et les femelles de l'ovaire gauche.

Plusieurs grands physiologistes modernes s'ap-* puient sur de fortes raisons pour avancer que le sexe dépend de la prépondérance que le père ou la mère exercent sur sa formation. Selon eux, si, dans lacté générateur, il y a prédominance de la femme la fécondation est femelle ; s'il y a prcdominan ce de l'homme, elle est mâle. Ils ont aussi observé que les

hommes robustes, mais gras, font plus de filles qne de garçons, tandis que les hommes d'une constitution .sèche et nerveuse procréent plus de garçons que de filles, probablement parce que la masculinité des seconds est plus développée que celle des premiers; d'où il résulte que la prédominance des uns sur la femme est supérieure k celle des autres*

Les observations sont les mêmes pour la femme. En général, les femmes sèches, a formes masculines, produisent plus de garçons que de filles, et les femmes à formes arrondies, h large bassin, procréent plus de filles que de garçons, et cela parce que, la féminité des premières étant inférieure à la virilité du mari, celui-ci l'emporte et donne son sexe k l'enfant; tandis que, la féminité des secondes se trouvant plus développée que la virilité du mari, il en résulte que leur prédominance détermine la sexualité de l'enfant.

Cette théorie, toute satisfaisante qu'elle puisse paraître au premier coup d'œil, ne fait cependant qu'indiquer l'effet et garde le silence sur la cause. Les mots prépondérance, pr^domiwawce, ne démontrent nullement de quelle manière l'œuf et le sperme, qui n'ont point de sexe, peuvent en donner un h l'embryon* Celui des deux époux, dit-on, qui a la prépondérance donne son sexe à l'embryon ; mais pourquoi et comment ? C'est Ik qu'est la difficulté, et nous allons tenter de Taplanir.

Avant d'exposer notre théorie, commençons par rapporter les expériences de auclques savants, qui

sont des faits désormais reconnus invariables : d'après le célèbre Liébig, un végétal privé d'azote produit des feuilles, mais point de graines; il reste stérile. L'azoté tiendrait ici la place de la liqueur prolifique. — Chez les ovipares, si le mâle n'a pas fécondé la femelle, celle-ci pond des œufs neutres, qui ne sauraient donner de petits, et se pourrissent au bout d'un certain laps de temps. — Duméril a démontré que la qualité de la nourriture développe les organes sexuels chez les abeilles, et qu'on peut, au moyen de l'alimentation et du degré de lumière, changer k volonté les larves en femelles ou en neutres. Spallanzani a expérimenté que la détermination de la sexualité dépendait du mode de fécondation ; selon la qualité et la quantité de la liqueur séminale qu'il injectait dans l'utérus des lapines, il obtenait, k son gré, dés mâles ou des femelles. — D'après Ackermann, Tœuf n'a point de sexe. — Selon Knox, l'embryon contient en lui-même les éléments des deux sexes, et la sexualité est déterminée par la prédominance qu'un sexe acquiert sur Tautre; mais il ne dit point d'où dépend cette prédominance. --^ Geoffroy Saint-Hilaire fait dépendre la sexualité de la direction qu'affectent, en se développant, les deux branches de Tartère spermatique.

De toutes ces opinions, de toutes ces expériences, celles de Spallanzani et de Liébig sont les seules qui nous aient placé sur la vraie route pour arriver au bat que nous nous étions proposé d'atteindre.

SECTION II

TuéORlE NOUVELLE DES CAUSES QUI DÉTERMINENT LA SEXUALITÉ

DANS l'espèce humaine.

La Ihéorie nouvelle, que nous allons exposer est le résultat non-seulement de recherches anatomicophysiologiques, mais d'expériences pratiques, renouvelées pendant longtemps, et presque toujours couronnées de succès. Nous n'eussions cependant osé lui donner la publicité, à cause du dédain moqueur qui accueille ordinairement ces sortes de communications; si nous Tavons fait, c'est pour céder aux prières réitérées de plusieurs de nos amis qui en ont eux-mêmes éprouvé les bons effets.

Toujours admirable dans ses œuvres, la nature ne produit rien au hasard ; le mot hasard n'est que l'aveu formel de notre ignorance des causes dont nous voyons les effets. Lorsque» à force de patience et d'études, Thomme parvient à surprendre la nature dans une de ses opérations, il reste saisi d'admiration devant la simplicité du moyen et l'immensité du résultat.

Tout effet reconnaît une cause; rien ne saurait altérer ce principe. Le sexe de l'embryon est un effet, et cet effet doit avoir une cause; mais, cette cause s'étant jusqu'ici soustraite aux investigations du physiologiste, on a bâti divers systèmes plus ou moins

éloignés de la vérité. Nous venons, h notre tour, porter des matériaux pour la construction d'un nouveau système.

Notre théorie de la procréation des sexes k volonté est bas^ sur les principes suivants :

1* L'ovaire droit et l'ovaire gauche contiennent des œufs absolument identiques;

2^ Les deux testicules droit et gauche sécrètent une liqueur dont les qualités sont absolument les mêmes;

3° Les œufs contenus dans les deux ovaires sont asexueh, c'est-à-dire sans sexe;

4* Les zoospermes ou animalcules contenus dans la liqueur spermatique sont également asexuels;

5^ La fécondation de Tœuf s'opère par le contact de Tanimalcule spermatique; sans ce contact, la fécondation est impossible;

6^ La détermination du sexe a lieu au moment même de la fécondation; elle dépend exclusivement des qualités de l'œuf et du sperme. Ces qualités se traduisent par les diverses proportions d'azote contenues dans les matières dont les œufs et le sperme sont formés. — Le sperme est-il k un degré supérieur d'aso^a^ion, le produit sera mâle; — le sperme est-il k un degré inférieur d'azotalion, le produit sera

femelle.

Et qu'on n'aille pas croire que cette théorie soit chimérique ; elle repose sur des faits qui se vérifient tous les jours. Observez les sujets fatigués parles excès vénériens, et ceux dont les organes digestifs et

d'assimilation fonctionnent mal : ils engendrent plos de Tilles que de garçons. Observez les sujets mariés trop jeunes, chez qui le fluide spermatique n'a pas encore acquis toutes ses qualités : ils engendrent presque toujours des filles. Les mariages où les conjoints sont très-âgés donnent généralement des filles. Maintenant, observez les sujets placés dans des conditions opposées, c'est presque toujours des garçons qu'ils procréent. — Chez les animaux, les mêmes faits se passent. Débilitez leurs oi^anes par une nourriture insuffisante et de mauvaise qualité, ils produiront des femelles. — Accouplez un vieux mâle avec une très-jeune femelle, la portée sera femelle; très-probablement parce que le fluide spermatique ne contient pas les proportions d'azote nécessaires a la fécondation mâle.

Si vous voulez avoir la raison de ces faits, analysez chimiquement les spermes des deux catégories, et vous trouverez des différences notables dans les proponions d'azote qu'ils contiennent. D'où nous avons conclu que la fécondation mâle était due k un sperme plus azoté, et la fécondation femelle à un sperme moins azoté. Du reste, les personnes qui possèdent quelques notions de chimie savent que dans les composés où l'azote entre, en diverses proportions, il forme des corps ayant des propriétés tout k fait différentes.

Mais, objectera-t-on, s'il en était ainsi, les hommes qui prendraient une nourriture très-azotée ne procréeraient que des garçons, tandis que ceux qui fe-

it usage d'aliments fo)\ peu azotés seraient con«

nés à n'avoir que des filles l

ette objection n'est que spécieuse, d'abord parce

la vie animale ne saurait s'entretenir ^ans ali-

ots azotés; Tazote faisant partie de notre constitu-

n physique, il faut que nous puisions Tazote

elque part, et c'est dans les subslaçices alimentaires

16 nous le puisons. Ensuite, V6][)jéction tombe

ëlle-mérae, si Ton tient compte dés mille circon-

lances qui peuvent influer sur les fonctions diges-

ives, assimilatrices, et altérer la liqueur spermalique.

Jn exemple suffira pour le prouver.

Un homme bien portant et très-vigoureux, qui aurait pu procréer aujourd'hui un garçon, n'engendrera, quinze jours après, qu'une fille, parce que, pendant ce laps de temps son sperme aura été altéré soit par des excès, soit par un dérangement plus ou moins appréciable des fonctions animales. — L'homme faible, au contraire, qui, par une alimentation tonique et azotée, aura réconforté sa constitution, engendrera un garçon.

A ces considérations s'en rattachent d'autres non moins importantes. L'âge et la conduite exercent une influence très-marquée sur les qualités de l'œuf et delà semence, et partant sur la sexualité de la progéniture. Il est d'observation constante que les mariages de dix-huit à vingt-quatre ans pour l'homme, de quinze à vingt ans pour la femme, produisent plus de filles que de garçons. D'après les statistiques faites à ce sujet, la proportion serait de 100 filles pour

37 garçons. — De vingt et un à trente ans pour les femmes, et de yingt;cinq à quarante pour les hompfieSy la procréation mâle dépasse celle des femelles. — Âpvès ces âges, les naissances femelles prennent \e dessus, et reviennent k leur premier niveau. —De plus, Hofacker et Salder ont vérifié sur les registres de rélat civil de Tubingue et de Londres, que, dans un nombre ISehniné de mariages où la femme était plus âgée-^que Thomme, le nombre des filles devenait supérieur k celui des garçons; le contraire avait lieu quand l'homme était plus âgé que la femme.

Girou de Buzareingue, dans son Traité pratique sur la génération, a démontré, par une série de faits» que la détermination du sexe dépendait du plus ou moins de vigueur comparative des individus accouplés. Le savant Cuvier a confirmé ces faits. Ainsi, veut-on obtenir des femelles, il faut accoupler des mâles jeunes k des femelles dans la vigueur de l'âge et nourrir celles-ci plus abondamment que ceux-lk. Veut-on obtenir des mâles, il faut accoupler des femelles jeunes k des mâles dans la vigueur de l'âge, et donner une plus forte nourriture k ceux-ci qu'k cel« les-lk. Les éleveurs de bestiaux anglais et français obtiennent, par cette méthode, le sexe qu'ils désirent. — Pour la procréation humaine, les résultats sont les mêmes. On peut obtenir des enfants mâles en soumettant Thomme et la femme k un régime qoe nous indiquerons tout k l'heure.

Les hommes de science qui se sont occupés de la

question des procréations mâle et femelle, ont observé que les époux détériorés par la mauvaise conduite, osés par les excès, de même que les époux avancés en âge, engendrent aussi plus de lilles que de garçons. — Les naissances mâles sont moins nombreuses dans les capitales que dans les petites villes de province et les campagnes, par la raison que le libertinage et les excès de tous genres sont communs dans les premières et presque inconnus aux secondes.

Mais la nature, qui établit partout d'harmonieuses compensations, a voulu que, s'il y avait des mariages qui donnassent plus de tilles que de garçons, il s'en trouvât d'autres qui produisissent plus de garçons que de filles. En effet, si Ton opère sur des contrées, sur des nations entières, on ne rencontre qu'une fort minime différence entre les naissances mâles et femelles. Les travaux statistiques faits en Europe ont donné la proportion de 100 garçons pour 104 filles. En Asie, la proportion serait de 106 filles pour 96 garçons.

D'après tout ce qui précède, on. peut conclure que la détermination du sexe, la bonne ou mauvaise conformation du fœtus, dépendent des qualités de Tœuf et de la liqueur fécondante, et que ces qualités sont subordonnées à ralimenlâtion , à la constitution des père et mère, à Tàge, k la conduite, aux influences physiques et morales, etc.; car il est incontestable qne Thomme et la femme d'une santé robuste, d'une conduite régulière, d'un moral calme, ouvert, exempts de toute passion triste ou violente, procréeront des en-

fants mieux constitués que l'homme et la femme qui se trouvent dans des conditions opposées. — A cette question se rattache Fart de procréer des enfants sains, beaux et vigoureux, que nous traiterons dans le chapitre suivant.

La théorie de la détermination sexuelle une fois établie, les moyens d'obtenir le résultat désiré se présentent d'eux-mêmes comme une conséquence lo* gique.

Nous avons vu plus haut que les expériences de Duméril et de Liébig avaient fourni ta preuve que, selon les qualités de la nourriture, on obtenait des miles et des femelles; les expériences de Spallanzani avaient aussi démontré que la détermination sexuelle dépendait de la qualité et de la quantité de la liqueur fécondante. Or les moyens que nous proposons s'accordent avec ces expériences et se trouvent dans le régime alimentaire et l'hygiène.

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