‹ Hygiène et physiologie du mariageChapitre 29 sur 69 · OU ART DE PROCRÉER DE BEAUX ENFANTS · texte numérisé non relu

OU ART DE PROCRÉER DE BEAUX ENFANTS

AUX temps où la force et la beauté physique étaient divinisées, on ne négligeait aucun des moyens que Tart et Texpérience fournissaient pour obtenir ces qualités de la forme humaine. L'histoire nous apprend que Tart callipédique était cultivé non-seulement par les médecins, mais aussi par les femmes, et que, conjointement avec l'art d'embellir, il faisait une des principales occupations du gynécée. Or il est à présumer que les anciens grecs, si intelligents, avaient découvert, à force de persévérance, un des moyens qu'employait la nature pour sculpter l'être humain sur le modèle des Alcibiade et des Laïs.

L'art callipédique, ainsi que les autres arts, se perdit, alors que le colosse du paganisme, ébranlé dans ses bases, s'écroula pour faire place k un nouvel ordre de choses. Mais, hélas! avant qu'unecivilisation nouvelle vint remplacer l'ancienne, que de siècles se passèrent dans l'abime de l'ignorance que creusaient incessamment la superstition et le fanatisme! La bar-

krie qui» pendant si longtemps, couvrit TEarope de saoget de ténèbres, la barbarie qui incendia la bibliothèque d'Alexandrie, anéaptit à jamais le précieux / dépôt des connaissances humaines, antérieures à notre civilisation.

Il fallut que l'homme se remit \i l'œuvre pour réparer les pertes immenses causées par ce funeste incendie. De temps en temps, à travers les épaisses ténèbres des premiers âges de notre ère, scintillait réclair de son génie. Le progrès, retardé par une classe ambitieuse, marchait à pas lents, Tignorance peu h peu se dissipait; quelques grands hommes déchirèrent un coin du voile qui cachait la lumière^ et l'humanité fut éclairée au flambeau de la raison.

Parmi les savants des seizième et dix-septième siècles qui se distinguèrent dans les diverses branches des arts et des sciences, on cite plusieurs philosophes, naturalistes, médecins et physiciens qui s'occupèrent deTart callipédique. Fernel, médecin du roi Henri II, étudia les moyens de procurer la fécondité. — Jean Ruarte écrivit sur Vart de faire des enfants d'esprit; et Clmide QuiUet sur Part de faire de beaux enfants. Ces écrits, où l'astrologie joue un grand rôle, doivent être considérés comme l'informe ébauche d'un art k son début. Vers la fin du dix- septième siècle Proco/7e- Couteaux^ célèbre médecin, écrivit un livre sur l'art de faire des garçons.

Au dix-huitième siècle, André Millot composa un ouvrage, dans le genre de celui de Procope, avec ce litre : Art de procréer les sexes à volonté. Cet juvrage

fut la avec avidité, mais on Be tarda pas 3| reconna^ Ire les erreurs dont il est rempli, -r- Robert^ praticien distingué, profitant des travaux de ses devaneiers, publia un volume sur la Mégalanthrop&génésie ou ^ d'engendrer de grands hommes. On trouve dans cet ouvrage d'excellentes idées sur la conduite que doivent tenir les père et mère avant de se livrer ^ l'acte de la génération, et sur la conduite de la mère peudanl sa grossesse. Les profondes ténèbres qui enveloppaient encore le mécanisme de la fécondation ne permirent pas à ce médecin d'aller plus loin.

Au commencement de notre siècle, le savant Vire] traita aussi cette question, avec un talent remarquar ble, sans cependant pouvoir la résoudre. Les grands physiologistes de notre époque, dont les immenses travaux ont jeté une si vive lumière sur l'organisation et le mécanisme des fonctions de la machine humaine, se sont à peine occupés de Tart callipédique. Mais les laborieuses recherches de plusieurs savants médecins sur l'hérédité des maladies et sur les diverses transmissions des parents & 1^ progéniture ont rapproché le but qu'on désirait atteindre. Enfin les expériences et découvertes faites, par d'éminents naturalistes eomtemporains sur Yovagie et Yembryogénie, sans avoir complètement levé le voile épais qui nous cache le mystérieux travail de la procréation, ont néanmoins constaté un assez grand nombre de faits qui permettent d'établir des règles k la hauteur de la science. En adjoignant aux découvertes de nos maîtres le fruit de nos travaux ot de nos observations, nous entrerons à no-

tire tour dans le domaine callipédique, et nous nous eflbrceroDs d'en établir la théorie.

La belle prociréâlion, iau physique et au moral, nécessite une foule de conditions et de circonstances, dont nous n'indiquerons ici que les principales. Les nties se rencontrent dans Tâge, le tempérament, la bonne constitution des procréateurs , dans l'état de sablé et les dispositions où ils se trouvent au moment oii ils procréent. Les autres se trouvent dans la po« ûUon sodale, le genre de vie, de conduite, Talimentalion, les lieux qu'on habile, la saison, le mélange des tempéraments, le croisement dindividus appartenant il diflTérents pays, à diverses contrées, etc.» ete^

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