LES PROCRÉATEURS
L'homme et la femme devront se préparer quinze jours d'avance a la procréation, en s*abstenant des plaisirs vénériens. Ce temps est nécessaire h Thomme pour que la liqueur prolifique ait acquis son plus haut degré d'élaboration ; à la femme, pour que son système génital soit parfaitement disposé à recevoir et à retenir.
Ils useront modérément l'un et l'autre des choses de la vie, se coucheront de bonne heure et se lèveront matin. Ils éviteront les causes de passions et d'émotions violentes qui ébranlent le système nerveux et portent le désordre dans les fonctions vitales.
Ils feront usage d'une nourriture saine et abondante, mais ils régleront la quantité d*aliments sur les forces digestives de l'estomac; car les excès dans le boire et le manger retentissent sur l'organisme entier.
Ils s'abstiendront de tout travail de corps et d*e8-. prit capable de les fatiguer. La promenade, l'exercice modéré, le séjour à la campagne donnent aux poumons un air pur a respirer, et procurent d'agréables dis« tractions !
Les quinze jonrs écoulés, ils se consulteront, pour lavoir si Tun et 1 autre se trouvent dans un état parfait de santé, exempts de tout malaise, de toute indisposition ; car, si l'un des deux se trouvait légèrement indisposé, il faudrait attendre que l'équilibre fût rétabli.
Enfin le moment et le Heu le plus propices k une belle procréation sont, d'après nous, le matin, au lever du jour, et dans le lit, lorsque Toi^anisalion a puisé l'énergie dans un sommeil réparateur. C'est alors que riiomme doit embrasser tendrement sa femme et celle-ci lui rendre amoureusement ses caresses alin d'augmenter la joie et les forces affectives de son mari; c'est alors que les deux époux, réunis par une délicieuse étreinte, doivent déployer et confondre tout ce que leurs cœurs récèlent d'attachement, de bonheur et d'amour.
Lh ne se bornent point les règles callipédiques, et, si aux préceptes que nous venons de tracer on n'en joignait d'autres non moins essentiels, le succès resterait incomplet : tels sont, par exemple, la conduite physique et morale de la femme durant sa grossesse; »* la conduite physique et morale du mari à l'égard de 8a femme ; — l'allaitement du nouveau-né ; les soins hygiéniques dont il doit être entouré pendant la première enfance; plus tard, son alimentation, son éducation corporelle, les exemples qu'il aura devant les yeux, etc., etc., toutes conditions indispensables i!e callipédie.
CoMDinTE DE LA FE^iBiE ENCEINTE. — Pendant toute sa
gestation la femme doit mener une oondnite des plas régulières. La tranquillité du cœur et de l'esprit Ini est indispensable. Les émotions violentes, quelle qu'en soit la nature, joie, douleur, crainte, frayeur, etc., sont nuisibles au développement du fruit qu'elle porte dans son sein; tandis que la sérénité morale, ODe douce quiétude, lui sont'au contraire favorables. — Elle s'éloignera donc de toutes les causes qui pom^ raient troubler cette tranquillilé pliysique et morale; et si, par hasard, elle venait à être troublée, la raison et les conseils de ses amis devront ramener aussilAt le calme dans ses sens agiles. — Elle fuira ce qui est triste pour rechercher ce qui est gai. Ses yeux devront toujours se porter sur des objets agréables, propres à développer en elle de douces impressions. Si quelque mouvement de tristesse venait l'oppresser, elle amènerait toujours sa pensée dans le cercle des idées riantes, des heureux souvenirs. -^ S'il lui arrive des contrariétés, des agacements nerveux, elle sera assez sage pour appeler la raison a son secours et les chasser. — Elle devra se préserver de toutes les cû^ constances extérieures qui peuvent altérer sa santé. Si, indépendamment de toutes ces précautions, elle tombait malade, il serait de rigueur de consulter surle-champ un homme de l'art, afin d'y porter un prompt remède.
La femme enceinte ne saurait trop se pénétrer de de cette vérité : Tout ce qui l'affecte, en bien ou eo mal, soit au physique, soit au moral, retentit inéviCablemdht sur le fœtus. Et. comme nous le prouverons
10 chapitre Eériditi, les qualités, les défauts corporels, les ÎDStiDcts, les sentiments, les aptitudes intellectuelles et les diverses nuances de caractère des eofanis, dépendent en grande partie de Tétat physique et moral dans lequel s'est trouvée la mère pendant la durée de la grossesse. Nous ne saurions trop engager les femmes qui nous liront a bien graver ce passage dans leur mémoire; elles doivent en comprendre toute l'importance.
Lorsque la femme est artiste ou connaît un art, elle doit le cultiver, comme amusement, comme distraction, et jamais jusqu'à la fatigue. Un exercice modéré, l'air pur, les promenades k la campagne, etc., lui seront très-utiles. Enfin elle usera avec modération des plaisirs qui ne pourront lui être nuisibles et se mettra continuellement en garde contre les excès.
Méherto pour l'homme. — Chez la plupart des nations de rantiqniié, la femme enceinte passait pour sacrée. La loi portait des peines très-sévères contre le mari qui maltraitait sa femme du jour où elle était fécondée. Au temps de leurs républiques , les Grecs et les Romains avaient décrété le respect dû aux femmes enceintes : quiconque se trouvait devant elles dans les rues ou sur les places publiques devait les saluer et leur céder le pas. Socrate et Ànaxagore, précepteur de Périclès, se rangèrent contre le mur, dans une rue étroite d'Athènes.pour laisser le passage libre ^ une femme du peuple en état de grossesse. Le consul Mummius, vainqueur de Corinihe, se ren- ^t sur la place publique, fil ranger ses licteurs et
baisser les faisceaux devant une femme enceinte qui traversait la place. Ce consul voulut montrer par \ï tout le respect qu'on devait k la femme qui porte dans son sein un citoyen futur.
Aujourd'hui nous avons d'autres mœurs , et ce respect n'existe plus que dans la classe bien élevée. Grand nombre de pauvres femmes d'artisans et do peuple sont violentées et souvent maltraitées de leurs maris. Dans la classe moyenne, il n'y a guère que l'homme dénaturé, brutal, qui ose maltraiter la mère de son enfant, et, il faut le dire, les cas sont rares.
Cette digression» quoique hors de notre sujet, aura son but d'utilité si, étant lue d'un mari brutal, elle peut le faire rougir de son odieuse conduite.
Conduite du iii9rl envers «a femme e»
ceinte. — Yous, hommes dignes, du nom de père, vous qui placez votre bonheur dans celui de votre femme , dans la santé et la bonne constitiition de vos enfants, retenez bien et pratiquez les préceptes soi* vants :
Entourez la femme enceinte de tous les soins, de tous les égards qu'elle mérite. Ayez pour elle mille prévenances, mille aimables attentions. Quand vous lui parlez, ayez toujours le visage riant, le regard affectueux et des paroles de tendresse sur les lèvres. Soyez avec elle à\ne humeur toujours égale. Évitez tout ce qui pourrait la contrarier ; soyez, en un mot, l'esclave de ses volontés et même de ses caprices, lorsque toutefois ils ne peuvent être nuisibles à la mère et h son fruit. Dans le cas où la satisfaction de
ses désirs serait incompatible avec votre position et dangereux pour la santé, raisonnez-la doucement, démontrezrlui , sans blesser son amour-propre, qu'elle doit cbasser de semblables désirs qui seraient fanestes k la mère, à l'enfant et par suite au mari qui aime sa femme. Dissipez ces sortes de désirs en faisant naître d'autres désirs plus en harmonie avec sa position. Faites appel k son amour maternel ! A ce nom sacré, qui fait tressaillir la femme, vous obtiendrez facilement ce qu'on vou^ aurait refusé de toute autre manière.
Si, comme il arrive assez fréquemment, votre femme éprouve des agacements nerveux, des moments d'ennui, de tristesse, respectez ces états passagers et ne Timportunez pas de vos questions, de vos inquiétudes ; laissez-la seule si elle l'exige, et attendez que son indisposition se soit dissipée, pour lui prodiguer de nouveau votre sollicitude.
Procurez-lui sans cesse d'agréables distractions pour entretenir dans son moral une joie douce et constante. Enfin déployez toutes les ressources de votre esprit pour lui plaire, et toutes celles de votre amour pour la mettre a l'unisson de votre cœur. Alors, soyez-en sûr, vous serez écouté de votre femme; vous pourrez la diriger, sans opposition, sans obstacle, vers l'heureux but que vous désirez atteindre; et les enfants qui naîtront ne laisseront rien à désirer sous le rapport physique et moral.
Ce n'est point encore assez des préceptes que nous venons de tracer, il faut encore leur en adjoindre
d*aiures> non moins essentiels k la calHpédie : tels sont, par exemple, la conduite hygiénique de la femme pendant sa grossesse, rallaitement du nouveau-né; les soins éclairés dont il doit être Tobjet, son aliroeofation, et, plus tard, les exercices gymnastiques qui feront parlie de son éducation corporelle, sont des conditions indispensables h sa belle venue et au développement de ses organes. Ces importantes questions seront traitées au chapitre consacré ^ la grossesse et à raccoucbement.
Qu'on en soit bien persuadé, c'est en perfectioBnant Tétre physique qu'un arrive k perfectionner l'être moral ; et, si l'homme considérait le mariage comme un engagement sérieux envers la société, comme une énorme responsabilité envers les enfants qu'il doit procréer ; si, au lieu de ne voir que des voluptés sensuelles dans la fonction génératrice, il regardait cette fonction comme la plus importante relativement à ses résultats, il laisserait de côté les conditions d'argent, pour prendre une femme dont les qualités physiques et morales lui assureraient de beaux enfants.
Enfin il se livrerait modérément aux plaisirs de l'amour et ne s'énerverait pas au milieu de leurs abus, car il en serait empêché par cette réflexion : Tob*9urs les enfants payent par la faiblesse et les vices de leur constitution, par leurs maladies et les amertumes de leur chétive existence, les excès de leurs parents.
SECTION III LES eufants de l*amour somt-ils plus favorisés