CHAPITRE XVII
DE L^UÉBÉDITÉ.
L'hérédité, au point de vue physiologique» est la ransmission de tout ce qui tient au physique et au uoral des êtres qui engendrent aux êtres engendrés.
On lui reconnaît deux modes :
1** L'hérédité permanmte ou invariable^ et Thérédite variable.
La première, reposaat sar une loi constante, se traduit par la reproduction de Tespècé, de la race, do genre, etc. : Thomme procrée rhooime; le cbeval, le chien, et tous les êtres, soit du règne animal, smt du règne végétal, reproduisent des êtres semblable» à eux.
La seconde se manifeste dans la transmission des qualités morales et physiques bonnes ou mauvaises; mais, sujette k de nombreuses irrégularités, cette faculté transmissive peut augmenter ou diminuer, offrir des intermittences, se restreindre et même disparaître k la longue. Ainsi, les perfections et imperfections, les dégradations, les monstruosités, h triste cohorte des maladies, etc., etc., peuvent se transmettre comme aussi ne pas se transmettre; n'étant point soumis a des lois connues, ce mode d'hérédité est sujet k des variations sans nombre.
L'auteur d'un très-remarquable et savant ouvrage sur l'hérédité, le docteur P. Lucas, reconnaît que les représentations du type individuel se trouvent :
1" Dans les père et mère : — hérédité directe;
2** Dans les collatéraux : — hérédité indirecte;
S"" Dans les ascendants des père et mère : — hérédité en retour,
it Dans les conjoints antérieurs : — hérédiU d'influence.
A* L*iiérédicé directe est admise sans coittest^.
18 enfants tiennent tantôt do père et tantôt de la 1ère.
B. Ii*lftérédltë Indirecte se constate chez les eiiuits qui, n'ayant aucun des traits et du caractère des ère et mère, offrent une ressemblance frappanle vec d'autres parents contemporains.
C. Ii'liérédité en retour existe lorsque les enintB ne ressemblent pas aux auteurs de leurs jours, lais sont le portrait de leurs grands parents. Ce saut ePhérédité, d'une génération a l'autre, et quelquefois
une distance de trois ou quatre générations, se emarque particulièrement chez les métis de nègres tde blancs. Le nom d'atavisme a été donné à cette me d'hérédité.
D. Hérédité d*infiaence. Ici le phénomène est 68 plus remarquables : l'enfant ne ressemble ni k la 1ère ni au père; mais il ressemble k l'homme qui a a avec la mère un contact antérieur a la fécondaion. Ainsi une femme mariée en secondes noces, rois ans après la mort de son premier mari, engendre es enfants qui ont tous les traits du mari défunt, et e ressemblent en rien k celui qui les a procréés. ^tte curieuse hérédité n'est point si rare qu'on le roit, surtout chez les animaux.
Home rapporte qu'un âne moucheté d'Afrique fut ccoupié k une jument anglaise : un mulet tacheté laquit de cet accouplement. La même jument fut, i|us t9rdi fécondée par trois étalons arabes, dans
Tespace de trois ans, et tous lés pôulàitis qu'elle mit bas portèrent les taches de Tâne d'Afrique.
Le docteur Harvey, professeur au collège d*Âbe^ deen, a fait un travail fort remarquable sur Tinfluence du premier mâle qui couvre une femelle pucelle, influence qui transmet sa race pendant deux et tr<Hi générations, quoique la même femelle soit couverte ultérieurement par d'autres mâles. -*- Plusieurs physiologistes ont observé que le même, feit se passait assez fréquemment dans l'espèce humaine; ils citent un bon nombre de femmes veuves et remariées qii ont fait des enfants ayant une ressemblance plus oi moins parfaite avec le premier mari.
L'hérédité est donc . un fait authentique, nne loi dans la série des êtres vivants ; la fécondation en eat la meilleure preuve, attendu que la fécondation n'est autre chose que la transmission de la matière organisée ou spermatique à Tovule de la femelle. Nous distinguerons, chez Thomme, l'hérédité physique et l'hérédité morale.
SECTION I
HÉRÉDITÉ PHTSlflIJE
Les transmissions héréditaires les plus générales et les moins variables sont : le type physique oo conformation extérieure, les traits du visage, la taille, les formes, la couleur, etc. , etc. , etc. , d*où résulledt les
lessemblaoces de nation, de famille, de père et de mëre« Viennent enaoile, par Yoie d'hérédité, la structure des oi^anes» — le développement des divers sys- >ème8 de l'économie, — les modes de reproduction, — les anomalies, — les caractères généraux de Tor ganisme, désignés sous les noms de tempéramenti constitution, idiosyncrasie, qui portent avec eux cer« taines conditions relatives à la durée plus ou moins longue de l'existence. — Les sujets issus d'une famille dont les ascendants sont parvenus k un âge avancé, réunissent des chances de longévité. Les sujets dont les aïeux n'ont joui que d'une santé débile et d'nne vie plus ou moins courte se trouvent au floilien de chances opposées. La mort les moissonnera de bonne heure ; et, s'il en est parmi eux qui parviennent k se soustraire a cette loi fatale, c'est & twce de précautions hygiéniques et de soins dont ils ne doivent jamais s'écarter.
La bonne ou mauvaise constitution des parents est, de toutes les choses, celle qui se transmet le plus directement à la progéniture ; des milliers de faits le prouvent tous les jours. Les éleveurs de chevaux savent fort bien que deux rosses ne peuvent procréer un bon cheval. 11 en est strictement de même pour Thomme : deux époux débiles ou d'âges disproportionnés n'engendreront jamais de robustes enfants. C'est sur cette vérité que devrait toujours s'appuyer le choix dans le mariage. Si l'espèce humaine s'abâtardit dans les grands centres de civilisation, la pre-^ mière faute en est k l'homme ; si, dans les capitales,
on rencontre tant d*étres chétifs, malingres, étiolés, contrefaits, ce n'est pas seulement aux excès oii se n plonge la jeunesse qu'il faut attribuer cette dégradai- i tion physique, c'est aussi à la faible constitution des père et mère, k Tiotempérance et à la disproportion des ûges dans l'union. — Les Lacëdémoniens condamoè" rent a Tamende leur roi Ârchidamas pour avoir épousé une femme petite et délicate, disant qu'elle ne pourrait donner qu'un roitelet aux mâles Spartiates.
Beauté physique. — Dans l'ancienne Grèce, la beauté du visage et des formes se perpétuait dans certaines familles. — Alcibiade, le plus beau des Grecs de son époque, descendait d'aïeux remarquables par leur beauté. — Laïs de Connthe était, d'après Aristophane de Bizance (1), fille d*un nommé Charmidès, qu'on citait à Sycione comme le fils d'Aphrodite. — La charmante Stratonige était fille de Démétrius Polioixète, dont Athènes admirait la beauté, etc. Et chez nous, le conventionnel Barbaroux, surnommé l'Apollon moderne, avait reçu le jour d'une mère qu'on citait comme une des plus belles femmes de France. — Il existait en Crète une ancienne loi qui ordonnait de choisir, chaque an* née, les plus beaux garçons et les plus jolies filles, et de les obliger au mariage, afin de perpétuer le type de leur beauté.
(1) Voyez rinlércssanl yolume intitulé Laîs de Corinthe,éa même auteur , où se trouvent relatés les fails les plus curieux relatifs aux courtisanes de Tancienne Grèce. Un vol., 3 fr. C)iez Dentu, libraire, Palnis-Royali & ParU.
Bessembumce du tisage. — La régularité ou Tirrégularilé des traits, leurs charmes, leur laideur, sont héréditaires» c'est connu de tout le monde. Les personnes qui ont entendu le célèbre chanteur Nourrit doivent se rappeler la pièce des Deux Salem. Nourrit paraissait en scène avec son tils, et leur ressemblance était si frappante, que les spectateurs étonnés ne pouvaient distinguer Tun de l'autre.
A Rome» il existait des familles qui avaient mérité, |mr la longueur du nez et la grosseur des lèvres, les samomsde tiasones, labeones, buccones.
Les nez aquilins ont été pendant des siècles et sont encore héréditaires dans la familles des Bourbons et dans celle des Borromée de Milan.
Les fronts has, les mentons de galoche, les petits yeux, les grandes bouches, se perpétuent dans les familles. — Les Guises se ressemblaient par la bouche et les oreilles. — Les Montmorency se reconnaissaient il leurs fronts larges.
Cou, BUSTE, MEMBRES. — La formc, la grosseur et la longueur de ces régions du corps se transmettent avec la plus grande facilité. Dans telle famille c'est une grosse tête que les parents transmettent a leur progéniture; dans telle autre c'est une petite tête. Dans celle-ci c'est un long buste et des jambes cour, les; dans celle-lk les mains et les pieds sont énormes, et dans cette autre leur petitesse est remarquable. Il en est ainsi de toutes les parties de la charpente lm« maioe : leurs formes et leurs dimensions sont béré« ditaires,
nërédité <ie la taille. — Cette sorle d'hérédité
est des pins communes. Les conjoints de petite et les conjoints de haute taille engendrent des êtres semblables a eux. Le père de Frédéric le Grand avail formé, sur ce principe, un régiment de géants. Ce foi rte permettait le mariage de ses gardes qu'avec ta femmes d'une taille semblable. — Il y a quelques an* nées, un journal ailglais relatait un fait qui prouve pertinemment l'hérédité de la taille ; « Un homme de six pieds six pouces, pesant 462 livres anglaises, comparaissait devant le tribunal pour un engagement frauduleux. Les questions qu'on lui adressa flrent connaître que son père avait six pieds trois pouces cl sa mère six pieds. Ses frères et sœurs, au nombre de quatre, ajoutés les uns aux autres, auraient produit un être gigantesque de vingt-cinq pieds huit pouces et demi. »
Plusieurs célèbres éleveurs, parmi lesquels on distingue Backwell, Princeps, Fowler et le docteur Dannecy, sont parvenus, par des moyens fort simples, ï arrêter, k développer la croissance de tel ou tel or^ gane chez les animaux; à doubler, quadrupler tel tissu au détriment d'un autre, et les individus prove* nant de ces métamorphoses procréent des êtres semblables h eux.
Li*oi)êaiitc,iapoiysarcic, sont malheureusement un héritage trop certain pour les enfants d'une famille où règne celte maladie, qui dégrade la forme humaine. Sans doute, l'oisiveté, une nourriture abondante et le manque d'exercice peuvent développer l'obésité chez
des sujets non prédisposés ;tDais, en général, c'est dans rbérédité qu'on en trouve la cause.
Hérédité de couleur. — Les couleurs» dans toutes les espèces vivantes, se reproduisent aussi fidèlement que les formes. Elles se transmettent, dans ehaque race, avec la même constance, et deviennent béréditaires dans les familles. Les horticulteurs, les ornithologistes et les agronomes savent tirer parti du mélange des diverses familles, appartenant au même {enre, pour obtenir les couleurs les plus variées. Le Qoélange des races de couleur et de race blanche a lonné naissance, dans l'espèce humaine, a toutes les rariétés que nous connaissons aujourd'hui. Ainsi, le daDC et le noir produisent le mulâtre, le blanc et le DQlfifre procréent le tercerm, le blanc et le terceron icgendrent le quarteron; ce dernier, uni au blanc, lonne naissaiiee au quinteron, et ainsi de suite, jus- |ii'à ce que, de dégradation en dégradation, la coueur du métis arrive a so»: type originel.
Il peut arriver aussi que le mélange de couleur du jlanc et du nègre ait lieu chez plusieurs enfants et l'ail pas lieu chez plusieurs autres. Par exemple : un lègre de Berlin, marié a une femme blanche, eut i'elle sept lilles mulâtresses et quatre (ils blancs. — Une giletière de Paris eut trois enfants d'un nègre pur ^Dg : le premier enfant fut un négrillon ; le second, m mulâtre, et le troisième était aussi blanc que sa mère. (Voyez l'ouvrage de M. P. Lucas.)
Si de l'hérédité do la couleur, type de l'espèce,
nous passons à Thérédtlé des teintes de la peau dans la race blanche, nous voyons ces teintes se transmettre dans les familles avec plus ou moins d'exactitude. Ainsi deux blonds engendrent ordinairement des blonds; deux bruns procréent des bruns; le mélange du blond et du brun donnent une nuance intermédiaire, le châtain, etc., etc.
Hérédité de tempéraments. — La loi d'hérédité régit également les liquides et les solides qoi composent le corps humain. La prédominance des systèmes organiques, de laquelle naissent les tempéraments sanguin, bilieux, nerveux et lymphatique, suit la voie héréditaire, mais éprouve toutefois certaines variations. Le croisement d'un tempérament avec l'autre produit une idiosyncrasie ou modification de tempérament, généralement avantageuse. C'est pourquoi les mariages contractés par des sujets de tempéraments différents donnent de plus beanx fruits.
Hérédité des mede» de reproduetion* — Cette
hérédité se manifeste par une aptitude plus ou moins grande kla procréation.
Fécondité. — Dans certaines familles, la fécondité est héréditaire. Lepelletier cite, dans son Traité de Physiologie, une dame du Mans qui donna le jour k vingt*trois enfants. — Une paysanne eut vingt-huit enfants de deux maris. Le fils et le petit-fils du grand Condé avaient eu dix neuf enfants. — Les quatre pre
niiers Guises comptaient ensemble quarante neuf enfanls. — Louis de Harlay était père de dix-huit enfants. — Élie de Jaucourt en avait engendré vingt-trois, — ('siander donne l'observation d'une villageoise qui accoucha dix fois en quinze ans; ses parturitions, toujours multiples, produisirent vingt-huit enfants. Sa dernière couche fut de trois filles, qui vécurent toutes les trois, se marièrent et produisirent : la première trente-six enfants, la seconde trente et un, et la troisième vingt-sept.
Dans son Traité de Physiologie, Burdach parle d'une femme qui procréa vingt-quatre garçons et six filles ; les six filles eurent de différents maris soixante-seize enfants, dont soixante mâles. — Girou cite une dame qui ent vingt-quatre enfants; cinq de ses filles ont produit quarante-six enfants. Évidemment cette fécondité était héréditaire.
Par un effet tout contraire, la stérilité frappe certaines familles, qui s'éteignent faute de descendants. Voyez, au chapitre Stérilité, les moyens les plus rationnels pour combattre cette disgrâce génitale.
Hérédité de la maerolile, ou vie de longue durée. — Cette hérédité n'est contestée de personne; des milliers de faits ont prouvé de tout temps que la macrobie était un privilège dans certaines familles.
A Pravia, dans les Âsturies, mourut, en 1844, un riche laboureur, à l'âge de cent dix-neuf ans
A Tplosa, le 6 février 1846, mourut une femme âgée de cent cinquante ans.
Dans la famille de Jean U6vvir, en Hongrie, le pore véculcent soixante-douze ans; la femme, cent soixanlc* quatre; Tainé des fils avait cent quinze ans a la mort du père, et le cadet complétait un siècle.
En Pologne, un paysan des terres de Grojeck mourut à cent cinquante-sept ans^ son père eii avait véca cent cinquante.
Dans les environs de Berghem, en Norvège, Jean Surrington eut un enfant à l'âge de cent^cinquanle et un ans; il s éteignit, dans la plénitude de ses facultés, neuf ans plus tard.
Thomas Parr vit monter sur le trône dix rois m reines d'Angleterre; il mourut h cent soixante-linit ans, laissant un fils âgé de cent vingt-sept ans.
On ferait une longue liste des centenaires qui ont poussé la vie au delh des limites ordinaires; ces citations suffisent, et nous terminerons par Tanecdote suivante, devenue populaire :
Le 51 juillet 1554, le cardinal d'Armagnac, passant à pied dans une rue de Paris, aperçut un vieillard de quatre-vingt et un ans qui pleurait devant sa maison. Le cardinal lui demanda quel était le sujet de ses larmes? — C'est, répondit-il en lui montrant un autre vieillard, mon père qui m'a battu. — L'éminence alla s'enquérir auprès du |)ère, âgé de cent cinq ans, de ce qu'avait pu faire son fils, et reçut cette ré« ponse :
— C'est parce qu'il a manqué de respect h son grand-père. Ce dernier entrait dans sa cent tremième ^nnée*
Oérédlté des vices de conformation et iiONSTnuo&iTÉs.
^malheureusement pour l'espèce humaine, celle Borte d'bérédilé n'est que trop réelle. Sans élre aussi constante que les autres que nous avons décrites, les transmissions vicieuses ne s'observent encore que trop fréquemment. Néanmoins il est très-rare qu'elles atteignent tous les enfants d'une même famille : le plus souvent la transmission n*a lieu que sur un ou quelques enfants» les autres en sont exempts.
Les vices de conformation, les anomalies d'organisation, les difformités, les mutilations et les monstruosités peuvent se transmettre comme ne pas se transmettre; les exemples de parents sexdigitaires procréant des enfants semblables à eux ne sont pas rares. Pline rapporte que Gains Horatius transmit h ses filles seulement sa polydaclyiie.
Maupertuis a vériQé que Jacob Ruhe tenait ses six doigts de sa mère ; que Victoire Barré avait hérité de son père de Tectrodactylie dont elle était affligée, et qu'elle transmit son infirmité à ses fils seulement.
Le physiologiste Burdach énumère une foule de faits semblables.
Van Derbach cite une famille espagnole dont quarante membres étaient dotés de doigts surnuméraires. — Le docteur Marc a connu une famille dans la* quelle, depuis trois générations, les hernies ombilicales se léguaient aux enfants mâles. ~ Mauriceau cite un père boiteux qui transmit sa claudication à (rois de ses iilles et a un fils. — Girou de Uuzareingue cite une foule d'observations de parents contrefaits,
bossus, boiteux, déviés, qui ont transmis leurs infirmités à plusieurs de leurs enfants. Cet auteur fait observer que bien souvent les transmissions des difformités sautent une génération, c'est-^*dire ont liei de Taïeul au pelit-flls. — Les becs de lièvre se transmettent avec la plus grande facilité. — La cécité, Il surdité, Vanosmie ou manque d'odorat, les cacomuthies ou vices de prononciation, etc., poursuivent opiniâtrement certaines familles et ne les abandonnent qu'après une longue suite de générations. — Les mutilations accidentelles éprouvées par les parents se transmettent moins facilement; cependant il existe d'assez nombreux exemples de ces transmissions.^ Boerhaave et Blumenbach ont laissé plusieurs observations à cet égard ; ce dernier parle d'un ouvrier qui s'abattit le doigt indicateur d'un coup de hache et engendra deux enfants présentante même mutilation. Sa femme étant morte, l'ouvrier se remaria, et eut encore deux filles et un garçon k qui le même doigt manquait. — Tulpius a vu une jeune femme qui, s'amusant à donner le sein à un enfant de cinq ans, eat le mamelon soudainement emporté par un resserrement convulsif de mâchoires. Les filles dont cette femme accoucha dans la suite eurent toutes un sein dépourvu de mamelon ; seulement, aux unes, c'était le sein droit, aux autres, le sein gauche qui présentait ce défaut. — Dans une famille où la claudication était héréditaire, un membre qui a échappé à cette difformité se maria ; il eut deux garçons bien conformés et une fille boiteuse. L'un de ces garçons s'étant, ^ son
toar, marié, engendra une fille très-boiteuse et un fils qui rétait beaucoup moins.
Certains vices, certaines disgrâces des oi^anes sensoriaux se transmettent. Ainsi Vanosmie on perte de l'odorat, la myopie, Tanesthésie de l'œil, la surdité, h cécité, sont quelquefois héréditaires.
Les agacements nerveux, les aversions, les antipathies, se transmettent aussi. Jacques d*Ang1eterre frissonnait et défaillait à la vue d'une épée nue, parce que Marie Stuart, sa mère, étant grosse de lui, avait vu des seigneurs écossais tuer son secrétaire avec des armes semblables, et qu'elle-même avait reçu plusieurs légères blessures.
Qui n*a lu on entendu raconter Tbistoire de ce jeune homme dont la mère avait une telle aversion pour les lavements, depuis qu'on lui en avait administré un presque bouillant, qu'elle tombait en syncope k la vue de la plus petite seringue? Son fils, à qui elle avait légué celte invincible aversion, étant tombé malade, entra dans un hôpital où ce remède lui fut prescrit ; malgré ses refus, ses cris et tous ses efforts pour le repousser, on le lui administra de force : quelques minutes après, le malheureux avait cessé de vivre.
Si l'intempérance, l'ivrognerie, la haine, la colère, la jalousie et toutes les mauvaises passions se transmettent , il faut le dire bien haut, les bienfaits de réducation sont aussi susceptibles de transmission ; mais c'est l'éducation phrénologique qui opérerait des prodiges, si elle pouvait être imposée par l'autorité
el entrer d^ns dos mœurs. Ce genre d'éducalion, cent fois plus que Téducation superstitieuse donnée ao jeune àge> modérerait la surexcitation cérébrale, réprimerait les passions, calmerait les instincts fougueux, détruirait les penchants aux crimes et rendrait à la société tant d'individus perdus pour eileetqai portent le désordre dans son sein.
SECTION II
UÉRÉDIli DES APTITUDES INSTINCTIVES ET INTELLECTUELLES.
La loi des transmissions héréditaires ne s'appliqse pas seulement à l'organisation physique, elle s'étend aussi aux facultés instinctives et morales de Tindividu. Les chasseurs intelligents et observateurs ont reconnu la vérité, de ce proverbe : Bon chien chasse de race, pour exprimer que les bonnes qualités du jenne chien dépendent presque toujours des qualités de son père ou de sa mère. Il en est de même chez riiomme.
L'hérédité intellectuelle nous semble une conséquence logique de Thérédité physique. En eiïet, silos traits du visage, les qualités et défauts corporels, le tempérament, la conformation cérébrale, se transmet* tent, les dispositions et facultés morales devront aussi eie transmettre, puisqu'elles sont, en grande partial
le résultat de TorgaDisation physique. II est certain, et nous l'avons démontré, que tout ce qui tient aui qualités et vices corporels, comme la force, la santé, ie courage, etc., la faiblesse, les imperfections physiques, les maladies, tout suit la loi des transmissions^ héréditaires : les forts engendrent des forts, les faibles engendrent des faibles , les individus chétifs et ma^ lÎDgres procréent des êtres semblables à eux.
L'identité physique implique l'identité morale, ;'est-à-dire que telle forme du corps indique telle ]ualité du caractère, et que les enfants o'éfléchiront î'autant plus exactement les qualités de leurs père et nère, que leur ressemblance corporelle, avec eux, lera plus frappante. L'éducation, les milieux dans les- |aels on vit, font varier cette règle; mais il y a eu pri- Ditivement des penchants et des goûts semblables.
L'hérédité de Tintelligence, de la force ou de la aiblesse du moral n'est pas plus contestable que les Qtres. 11 est désormais reconnu que les parents loués d'une bonne organisation cérébrale, d'un esirit naturel et cultivé par Téducation, engendrent géléralement des enfants intelligents, capables ; tandis |ae les parents plongés dans une grossière ignorance lonnent le jour k des êtres le plus souvent stupides. — On compte beaucoup de familles qui, de génératon en génération, ont fourni des sujets de grande apacité, de haute intelligence ; comme, dans d'autres amilles, l'esprit borné, l'abrutissement, l'idiotisme, 'imbécillité, se transmettent de mère en fils et de père 10 fille.
— La famille de Miltiade donna des héros ; celle de Périclès» de profonds politiques.
L'art oratoire était si naturel chez les Hortensios, chez les Gurion et chez les Lélius, qu'il se transmetlait non-seulement aux enfants mâles, mais enoon aux filles.
— La famille de Pépin fut très-féconde en grands hommes, depuis Pépin Landen, Pépin d'Héristai, Charles-Martel, Pépin le Bref, jusqu'il Charlemagne, qui fut la plus haute et la dernière expression du génie de la famille.
Lisez l'histoire, et voyez si les crimes et la débauche ne se transmettaient pas dans les familles des Jean XII» des Benoît IX, des Sixte IV et des Borgia? — Et chez les Visconti, ces despotes de Milan, voyez si la férocité ne se transmet pas avec cette ardente soif de tortures k vous glacer de terreur. Un Lucchino qui fait dévora des hommes par ses chiens. — Un Barnabas, son n^ veu, qui invente des tortures atroces pour récréer sei yeux. — Un Galéas, frère du précédent, qui raffine sur la cruauté de Barnabas et montre ses goûts abominables dans la torture de quarante jours dont il fut l'inventeur. Plusieurs ouvrages, entre autres les jlnttquités dltalie^ donnent la description de cette tor ture. Les cheveux se dressent, un frisson général, une horripilation nerveuse vous saisissent à cette description, et le lecteur, vouant à l'exécration des monstres semblables, demande justice à Dieu contre tant de scélératesse et d'abominations. — Chez les Médicis, c'est |a soif du pouvoir qui se transmettait. -^r Cbes
les Stuarts, c'était l'entétemeDt, le bigolisme et l'orgueil. — Chez les VaI(Hs, c'était une exagération de tontes les passions.
Tonte la lignée des Guise fut pétrie d'esprit et de politesse» mais d'orgueil : brave, téméraire à Texcès, elle semblait vivre pour les armes et les factions. Depuis François de Guise jusqu'à celui qui se mit à la tête du peuple napolitain, tous furent d'une hardiesse d'esprit, d'un courage au-dessus du commun des hommes.
La famille des Gondé se Gt aussi remarquer par les facultés de l'intelligence, la grande aptitude a Tar militaire et par la bravoure. Mais, à côté de ces dons, on aperçoit des vices odieux du cœur et de Tâme, des vices qui se transmettaient de même que les bonnes qualités» comme pour ternir la gloire de cette grande famille.
Les Pitt,lesBrentano, les Mirabeau, etc., sont autant de types de l'hérédité des plus éminentes qualités, entourées de défauts, de vices ou de travers.
La famille des Gassini produisit des mathématiciens. — Celle de Bernouilli des astronomes. — Les familles des Jussieu, des Geoffroy Saini-Hilaire voient, de nos jours, se perpétuer, dans leur sein, de savants naturalistes, etc., etc.
Ce n'est généralement que lorsque les parents s'aflâiblissent peu k peu ou qu'ils détournent l'esprit de leurs enfants de sa direction naturelle, que l'hérédité se délaye et s'éteint.
On objectera, sans doute, qu'il y a une foule d'ex-
eeptioDS h cette loi^ et qu'un graud noiribre de ptifenis intelligents ont procréé des êtres d'un esprit au-dessous du médiocre. Cela arrive, c'est vrai, mais rooios fréquemment qu'on pourrait le croire. Ensuite ceue niédiocrité, ce peu de développement de l'esprit, peot dépendre d'une multitude de circonstances et d'influences accidentelles tout k fait indépendantes de l'organisation première. Qu'un enfant bien conformé cérébralement, par exemple, et qui donnait les pioi belles espérances» soit assailli par des maladies, se livre à des plaisirs solitaires réagissant sur le cer veau, son intelligence s'en ressentira nécessairement et s'arrêtera dans sa marche, avortera peut-être; mais, alors, est-ce la faute de l'hérédité? Non, évidemment non.
On objectera encore que les hommes les plus remarquables des temps anciens et modernes, les Socrale, Platon, Âristote, Buffon, Wath, Cuvier, etc., d'ont point transmis une parcelle de leur vaste intelligence k leur progéniture. — Distinguons : il ne s'agit pas, chez ces grands hommes, des facultés Intellectuelles seulement ; ils avaient reçu de la nature qoeV que chose de plus, le génie! et le génie n'est poîrit transmissible : il apparaît, de loin en loin, au milien des sociétés comme ces globes de feu errants dans l'espace. La naissance d'un génie semble exiger un eflbrl de la nature, et la nature ensuite, comme si elle était fatiguée, se repose plus ou moins longtemps avant de renouveler un pareil effort.
Un des plus étranges nhénomènes de Thérédité
Citoelni derifltèrmitteiice.On sait que rintermittencê ttt iine sospensioD pins ou moins longue de mouve* MeDts organiques de notre éct)nomie, soit en état de Mitë ou de maladie : ainsi le repos est la suspension fc l'action; le sommeil est Tinterroption de la veille : Tétat de calme entre deux accès de fièvre tierce ou de néfralgie périodique sont des intermittences. De ■éme rhérédité a ses interruptions, ses intermit* lences; elle saute une génération pour atteindre l'Aii- Ire r quelquefois elle sommeille pendant plusieurs générations et se réveille tout k coup, pour se montrer dans toute sa force, comme si elle n'avait éprouvé aucune interruption.
Haid c'est parmi les végétaux que l'intermittence de riiérédité se manifeste le plus fréquemment. Les bo« tanistes, étonnés de sa fréquence, ont donné k celle M le nom à'atavisme ou hérédité des ancêtres , loi iu retour.
SECTION III
NodB allons essayer ici de donner au lecteur TexlAicatidb physiologique de la mystérieuse influence ^o'eiterce le père sur les procréations femelles et de PififlueUce qu'exerce la mère sur les procréations m&les, tant au moral qu'an physique.
Le père et la mère sont représentés dans leur progénitUfe ioM des rapports diiïérents. Ainsi le père transmet k ses filles les formes de la tétC; de la char- Itote pectorale et des membres supérieurs ; tandis
que la conformation du bassin, de l'abdomeD et des extrémités inférieures Jeur est transmise par la mère. Pour les fils c'est le 'contraire ; ils tiennent de la mère par la conformation de la tête et des extrémités supérieures ; ils ressemblent au père par le torse el les extrémités inférieures; d'où il résulte que les gvçons procréés par des femmes intelligentes seront intelligents ; que les filles procréées par des pères capables hériteront de leurs capacités.
Les enfants jumeaux du sexe masculin ressemblent k la mère ; les jumeaux du sexe féminin ressemblent au père; lorsque les jumeaux sont de sexes différents, Tun ressemble au père et l'autre à la mère.
La progéniture provenant d'un vieux père et d'one jeune mère, tout en héritant de la débilité du père, ressemble beaucoup à la mère, et vice versa.
Yicq d'Âzir, Linné, Sinclair, Girou de Buzareingue, Burdach et Mûller pensent que la mère influe davantage sur la plasticité de Tembryon et le père sur la vitalité.
Il résulte des nombreuses observations recueillies par les naturalistes, physiologistes et médecins, qu'en général la mère transmet ses qualités morales îi ses fils et le père transmet les siennes à ses filles. Les interversions de cette hérédité ne seraient que des exceptions. C'est ce que nous allons démontrer par une série de faits historiques.
La plupart des femmes, célèbres par leur intelligence, dont l'histoire nous a conservé les nomS| réfléchissaient le génie de leurs pères.
Les trois fillesde Pythagore,Mya, Arignote etDamo
forent trèfr-remarqnables par leur esprit philosophique; mais ce fat à Damo, jugée la plus intelligente, que Pythagore confia ses ouvrages ; ce sont Lysis et Diogène-Laërce qui nous l'apprennent.
Cléobule, un des sept sages de la Grèce, légua à sa fille Cléobulie ses vertus et ses talents.
L'élégant Âristippe, disciple de Socrateet chef delà secte cyrénaîque, engendra Ârété, la plus célèbre des femmes de son temps par l'étendue de son savoir.
Le divin Platon descendait de Selon par les femmes.
Tbémisto, l'amie d'Épicure, vantée par Cicéron, était fille de Zoïle de Lampsaque,
Argie, Théognide, Ârtémise et Pantaclée, intelligences d'élite, dont la vie a été écrite par Pilon, devaient le jour au philosophe dialecticien Diodore Crooos.
Hyro, qui se distingua dans le genre lyrique, était fille d'Homère le jeune.
Pamphila, que Diogène-Laërce et Aulu-Gelle citent comme très-érudite, avait pour père le savant gram- !nairiea Stotéride.
Antipater, gouverneur de la Macédoine, l'un des grands politiques de son temps, consultait sa fille Phila dans les circonstances difficiles.
Lélia, fille de l'orateur Lélius, hérita de son père du don de la parole.
Hortensius transmit également a sa fille Hortense «on éloauence et sa brillante élocution. On sait que
celte fepime coonigeuse plaida et gagna la eaose du dames romaines devant les TaroucbeiS triumvirs.
La mèr0 des Graccbus était fille de Scipion*
Porcie, dont le courage et le suicide sont oniqoei dans rhistoire, devait le jour aCaton,
Dans Livie on reconnaît Tibère, et dans Agrippine rmrâme Néron.
La fiH0 de Caligula était aussi cruelle qpe soi) père. Marc-Âurèle hérita des vertus de «a mère, et Con* mode des vices de la sienne.
Héliogabâle fut le digne fils de Sœmie, sa mère.
Glodipn tenait son esprit belliqueux de sa mère.
Clotaire II était emporté comme sa mère.
Cbarlemagne fermait les yeux sur les désordres de ses filles, parce qu'ils Iqi rappelaient les siens.
La fille acariâtre de Louis le Hutin donna le joorii Charles le Mauvais.
Louis XI hérita de sa mère du goût pour les pèlerinages, les vœux et autres dévotions singulières.
Le fameux Jean-sans-Peur fut impérieux et fier comme Marguerite de Brabant, sa mère.
Charles le Téméraire ressemblait à sa mère par son caractère méfiant et soupçonneux, qui contrastait avec la franche loyauté de Philippe le Bon, son père.
Gengis-Khan avait pour mère une femme belliqueuse.
Tamerlaq descendait de Gengis-Khan par les fieicmes.
Alphonse JX, roi de Castille, célèbre par son lèle pour la religiori, avait une mère dévote.
Élëooore, ràoe de Navarre, fut aussi ambitieuse ue Jean II, son père.
Catherine de Médicis fut aussi arliflcieuse, aussi issimulée que son père, et, de plus, superstitieuse I cruelle : on sait qu'elle prépara la Saint-Barihéemy . Catherine eut deux fils dignes d'elle : Charles IX, lui arquebusa les protestants, et Henri lil, qui fit aslassiner les Guise. Sa fille, Marguerite de Valois, rappelait son père par ses mœurs galantes.
Dans Jeanne d'Albret on reconnaît le brave et oyal Henri IV. — Henriette de France ressenoblait I Henri le Grand par sa franchise et sa bonté.
Louis mil et son frère Gaston furent en tout sem* )lables k leur mère, Marie de Médicis.
Anne d'Autriche transmit k son fils, Louis XIV, son uxe et sa fierlé, de même qu elle transmit a l'inforune, connu dans Thistoire sous le nom de Masque le fer, son goût pour le beau linge.
Le régent avait l'originalité d'esprit de sa mère, et 1 transmit k sa fille, la duchesse de Berri, ses mœurs lissolues.
Don Pèdre le Cruel hérita du naturel implacable de a mère.
Henri VIII, qui fit mourir sur Téchafaud deux de ses épouses, eut deux fils d'un caractère débonnaire et deux filles aussi cruelles que lui.
Arété, Hypatie, madame de Staël et George Sand »nt eu toutes les quatre des philosophes pour pères.
Michel Nostradamus, homme vraiment extraordinaire pour son temps, et par sa science et par sa pro-
fonde sagacité, se vantait de descendre d'one tribi juive qui avait le don de prédire.
Les faits d'hérédité fourmillent dans la poésie, Il musique, la sculpture et la peinture.
Le poète Eschyle comptait huit poètes et qaatn musiciens parmi ses ancêtres.
La mère de Bernardo Tasso avait le don des vers; Torquato» son petit-fils, en eut le génie.
BuiTon citait souvent la riche imagination de sa mère.
Les poètes Burns, Jonson, les deux Chénier, Gœthe, Walter Scott, Byron et notre grand poêle Lamartine ont dû le jour à des femmes remarquables par leur esprit et le coloris du langage.
La fille de Molière rappelait, par son esprit, eeloi de notre premier comique.
La plupart des grands sculpteurs de Tancieiuie Grèce descendaient d'une famille de sculpteurs ; il en était de même pour les grands peintres.
Vanloo était le frère, le petit-fils et Tarrière-p^tfils de peintres. — La mère de Yan Dyck possédait on talent remarquable pour peindre les fleurs. — La famille des Yernet fournit depuis longtemps des peintres distingués.
Beethoven avait pour aïeule maternelle une excellente musicienne. — La mère de Mozart donna les premières leçons k son fils. La sœur de ce célèbn compositeur participait au talent de son frère, -r Di essaim de compositeurs est sorti de la famille de Jean< Sébastien Bach.
La pttreté» retendue et le timbre de la voix se transmettent. Il existe des familles de chanteurs eonme des familles de musiciens. L'on a observé que les père» doués d'une belle voix la transmettaient plus fréquemment aux filles qu'aux garçons. Le contraire a lieu pour la mère : ce sont les ûls et rarement les filles qui héritent.
Les enfants nés de parents bavards sont généralement bavards. Le docteur Lucas cite l'exemple d'une fille de service dont la loquacité arrivait jusqu'à la manie. Elle parlait aux personnes à ne pas leur donner le temps de respirer; elle parlait aux bêtes, die parlait aux meubles, aux murs, et, quand elle ne savait plus à qui s'adresser, elle parlait tout haut k elle-même. C'était une insupportable maladie. Il fallut la congédier, a Ce n'est pas ma iaute, dit-elle k son maître, cela me vient de mon père. »
Ces exemples, qu'il serait facile de multiplier, prouvent positivement l'influence immédiate du père sur la fille et de la mère sur le fils. Dans le cas où cette influence fait défaut, on ne doit point la nier pour cela; cari si l'on remonte aux ascendants, on la retrouvera dans l'aïeul, le bisaïeul ou trisaïeul.
Après cela, il est de fort nombreuses exceptions k cette règle générale.
Beaucoup d'hommes illustres dans les sciences etles arts n'ont point d'aïeux remarquables ; il suffit qu'ils descendent de parents sages, tempérants, sains de corps et d'esprit, et dont le cercle intellectuel marche en s'élargissant de génération en génération.
Beaucoup de grands bomme^ comnata^mt fit &• Dissent la gloire de leur famille, h^s homvm la plus capables peuvent engendrer dp9 êtres ioeptei; mais on nq trouve pas d'exemple d^ parents tout ï fait inepte^ qui aient procréé des haannes d« biQie capacité.
SECTION IV
HÉRÉDITÉ afdflllVDB