TRANSMISSION DES DIVERSES MAUDIES
La question de l'hérédité des maladies n'est ploi en litige: c'est un fait admis. L'hérédité morbide comprend quatre modes: le transpoiH de la maladie; — la prédisposition ou aptitude ; — le germe on Tétit latent» — et le développement complet ou signe caractéristique.
Parmi les nombreuses maladies dont le funeste héritage s'attache à la progéniture, sont les maladies contagieuses, les diathèses scrofuleuses, dartreuses» vénériennes, cancéreuses, etc., les vices d'organisation, les affections des voies urinaires, la phthisie, Tapopiexie, etc., etc. Les névroses, en général Jes névropathies de tous genres, les désordres de Tinlelligence, Tidiotisme, Taliénation mentale, se transmettent, hélas 1 plus fréquemment que les bonnes qualités. Cette transmission des désordres cérébraux i également lieu du père a la fille et de la mèrç aa gam
ÇM. M. Gjrflp, d908 son Traité de la généiation, cite plusieurs faits concluants à cet égard. Lorsque, dans une famille, le' père ou le graud'père est aliéné, il y a beaucoup à craindre pour les filles. Si c'est la mère que frappe l'aliénation, il est très-probable qu'elle se reproduira dans les ûls ou un des fils.
Pauvre nature humaine ! ce n'élait pas assez des disgrâces physiques et des infirmités qui t'accablent» il fallait encore que tu fusses sujette aux dégradations morales, k la folie!... il fallait? pour mettre le comble ï tes misères, que cette terrible maladie devint héréditaire...
L'hérédité des instincts criminels n'est malheureusement que trop certaine. Le vol, le suicide, Tat^sassinatet tous les crimes suivent la loi fatale des transmissions. Il est un livre immense où les scènes du crime sont rapportées avec détails, où Ton peut suivre l'effrayante généalogie des voleurs et des assassins : ce livre, c'est l'histoire. A chaque page, Thistoire nous montre, hélas I les descendants des hommes criminels participer aux aiïreux penchants de leurs pères. Lisez J'histpire des Atrides, des Héraclides, des Éacides, etc., toujours Tassassinat... Lisez l'histoire des rois d'Egypte et d'Assyrie, depuis Ninus jusqu'à la fia ifis Séleucides, toujours l'assassinat... Lisez l'histoire des rois de Perse, des kalifes, des sultans : toujours l'assassinat qui se perpétue dans les familles avec une horrible continuité. Lisez, enfin, la Gazette des Tribunaux, lorsqu'elle déroule à ses abonnés les fils d'un irame épouvantable : vous remarquerez que, si les
juges ont poussé leurs investigations josqa'anx » cendants de l'accusé, ils ont découvert un père, on aïeul ou un bisaïeul criminel. L'hérédité du crime, aussi palpable que les autres transmissions, a fait dire à l'historien Hammer : « Dans la même génération, rinfanticide suit de près le parricide, et le poignard da petit-fils venge, sur le père, l'assassinat de raïenl. i Tout cela n'est-il pas épouvantable à révéler?... Hait que faire ? telle est la loi d'hérédité. Sans être de ceni qui voient dans le fils d'un père criminel un crimi* nel en herbe, nous engageons pourtant nos lecteurs à se défier des personnes qui comptent, dans leor famille, des individus qui ont forfait a la nature etk l'honneur. C'est une mesure de précaution qui peut avoir son utilité.
Observée dès son point de départ, l'hérédité morbide a ses prédilections, ses irrégularités de marche et ses limites : on la voit rarement affecter tous les individus d'une même famille, surtout si celle-ci est nombreuse. La route qu'elle parcourt n'est pas toojours directe : tantôt elle suit une ligne non interrompue; tantôt elle saute une génération pour tomber sur la suivante; d'autres fois elle quitte un sexe pour s'attaquer à l'autre, et quelquefois la souche mère pour la branche collatérale. Exemples: un père et une mère, nés de parents phthisiques, jouissent d'une parfaite santé, tandis que leurs enfants sont consumés, les uns après les autres, par la phlhisie, ce terrible fléau qui moissonne tant de jeunes existences! — Un père épileptique transmet son mal èi sa fille, tandis
lue celle-ci le donne à son fils. — Dans quelques tamilles, la goutte et les rhumatismes s'éteignent fonr renaître chez des neveux éloignés.— Dans quelques antres, l'hérédité cesse pour ne plus reparaître. Cette marche mystérieuse des transmissions héréditaires est restée, jusqu'ici, inexplicable et cachée aux jeot des hommes de l'art.
L'hérédité est certaine lorsque Tenfant apporte eir Baissant le germe de la maladie ; l'hérédité est beaucoop moins grave lorsqu'elle n'est qu'àVétat de prédisposition. Dans un cas comme dans l'autre, c'est à l'hjgiène médicale de détruire le germe ou la prédisposition. C'est donc au médecin éclairé qu'il faut SToir recours, car lui seul est apte à combattre et à Icirasser l'ennemi.
SECTION V
DES HOTENS A OPPOSER A l'hERÉDITE MORBIDE.
n existe deux traitements pour combattre l'héréité : l'un antérieur ou prophylactique, applicable aux ancés avant le mariage; Vautre postérieur ou curatiff )plicable aux enfants procréés.
TRAITEUENT PROPHYLACTIQUE.
Interdiction du mariage aux individus atteinte 'une maladie héréditaire grave, lorsqu'elle est incu-
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a*t>(r son MiSté. ' f ' «"tv. — Sont Ah tl
Obserrêtfd^mifr' .aes affectées de mdilé, l«i<e a $es pràUeclK À&' d'hallBciiulioiiB, d'dèet $es Umîies: qb \t À^i/hê^ df pasâons hriMiihKvklKd''^ Bf Vlils ÎBdmdiH, en gardant m tK>ottw««se. U n^fel^ ^i^es eoostàmtioiiDds. ot fwirs directe : t»^^^ <■<> crime que b lot demil ime: luidl «(^K^raplure soleaneUe da coDtTat ^ la HhHflj^^^^ ^i« Doos regardons comnie v **"^<Kr ^J^^BM dn lois plus morales qoe le 1H>Hr ta ^tj^^EÛDaiK le code des Hindous et de «•* MiHk^^^^i Mtkie : « Si an pèie doone e ^^^^^••çét de (juelqDe déraut capiia '^ '***^^^^P t'ét'^^'^r. cdaMâ a le droit i ^'^^'^ V^^^^M^du ui«<biiii t)oi l'a trempé. » |4lt* j^^^|p>*>* rtiniou d« s^tts doot b c(H
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rable, parce qu'ils la transmettront infailliblement k leur progéniture.— Par une étrange anomalie, la loi, qui admet des vices rédhibiloires pour les auimaoxi garde le silence sur les mêmes vices dans le contrait de mariage ; de telle sorte que Tespèce brute est plos avantagée, sous ce rapport, que l'espèce humaine. Le plus souvent, et Ton pourrait dire toujours, les ramilles qui désirent marier leurs enfants, ont bien soin de cacher les arfrepses maladies dont ils m\ atteints : une fille scrofuleuse^ leucorrhéique, névropathe, hystérique, est mariée à un jeune homme qui la croit saine. — Un jeune homme épileptique, dartreux, impuissant, syphilitique, est uni ^ une fille qoi se garderait de Tépouser si elle avait connaîssapce de la maladie secrète de son futur. — Sont dan» U même catégorie les personnes affectées de surdité, de presque cécité, d'extases, d'hallucinations, d'alié* nation mentale comqiiençant^, de passions furieuses, etc. Marier de tels individus, en gardant un profond secret sur leurs vices constitutionnels, est une infâme tromperie, un crime que la loi devrait punir et justicier par la rupture solennelle du contrat.
Plusieurs peuples, que nous regardons comme a^ riérés, ont cependant des lois plus morales que les nôtres sur ce point. Dans le code des Hindous et des Chinois, on lit cet article : « Si un père donne en mariage sa fille affligée de quelque défaut capital, sans en prévenir Tépousenr, celui-ci a le droit de faire annuler l'acte du méchant qui l'a trompé. »
Interdire également Tunion des sujets dont la coo*
ttDgainitë est trop rapprochée, parce que ces unions donnent toujours des fruits défectueux; et, de* plus, dles redoublent toutes les infirmités existant déjà dans les familles qui ont une même souche. L'histoire nous montre, en effet, les aristocraties, réduites ii se recruter dans leur propre sein, se dégrader peu k peu, tomber dans l'imbécillité, et disparaître. Les observations invariables des plus célèbres physiologistes M âevewrs : Mulier, Sinclair, Piron, Geoffroi, Hartmann, Backwel, Princeps, Sbright, etc. , nous prou* vent que les accouplements consanguins réussissent mal, et que, si Ton persiste k les continuer, espèce, nce, vigueur, santé, fécondité, tout se dégrade et •'éteint.
Choisir les sujets à marier^ — c'est-à-dire ne conjoindre, autant que possible, que ceux qui sont exempts de graves maladies héréditaires. Si la pauvre constitution d'un sujet, si son état de santé débile n'est pas incompatible avec le mariage, on doit, et c'est une nécessité, un devoir, on doit lui chercher Talliance d'une constitution contraire k la sienne, afin que la richesse de Tune combatte la pauvreté de l'autre. En un mot, c'est un croisement semblable à celui que nous pratiquons avec tant de sollicitude pour nos races d'animaux domestiques.
Choisir les âges^ — parce que les mariages précoces, de même que les mariages tardifs ne donnent que des fruits faibles et peu viables.
Choisir le lieuj — pour se livrer k l'acte de la pro* création. Cette recommandation n'est pas aussi in-
différente qu'on serait disposé k le croire ; la plupart des physiologistes et des éleveurs la regardent, aa contraire, comme exerçant une grande influence sar la fécondation, et par conséquent sur la constitution future des enfants. Le docteur Prosper Lucas, daoa son traité ex professa sur Thérédité, fait ressortir vivement cette circonstance. Ainsi, par exemple, le& époux qui craignent de transmettre à leurs enfant» les scrofules, la phthisie, la débilité organique» iai^ constitution archi-lymphalique, etc., doivent quitte^ les lieux bas, humides, privés d'air et de lumière .^ pour une localité plus salubre. Il suffit quelquefoi d'une simple mutation de rue, de quartier, de ville ^ pour soustraire les enfants k naître k l'hérédité mop^ bide. Une recommandation non moins essentielle « c'est de ne pas se livrer, immédiatement après avoir changé de localité, k Tacle de reproduction; il faut laisser k l'action pernicieuse du séjour antérieur \e temps de s'épuiser. Les deux époux devront donc attendre huit k dix jours avant de se rapprocher sexuellement.