TRAITEMENT CURATIF APPLICABLB AUX ENFANTS
l^ Prévenir le développement du mal héréditaire, s'il n'est pas encore éclos. Dans ce but, il faut soustraire l'enfant k toutes les conditions qui ont dé* gradé la constitution des père et mère, telles que habitation insalubre, mauvaise alimentation, habitudes vicieuses, etc., etc.
S* Combattre par tous les moyens médicaux et hygiéniques le vice héréditaire aussitôt qu'il fait iuvaim. On doit baser Téoergie du traitement sur Taudenneté du vice dans la famille, sur la gravité, la forme, le tempérament du sujet, Tétat de ses forces; ^ . enfin, sur toutes les circonstances qui peuvent éclairef ! ^ diagnostic. Un point essentiel que le médecin ne doit jamais perdre de vue, c'est de ne se souvenir de l'hérédité que pour appliquer avec plus de méthode, plus de constance et d'ensemhle tous les moyens Qu'il juge les meilleurs pour obtenir un résultat ^mplet.
Telles sont les indications générales fournies par ' expérience ; arrivons maintenant aux indications spéciales.
Béglme* — Habitudes. — Awioclatlon matrimoniale. — Parmi les moyens en usage pour {prévenir et combattre Thérédilé morbide, le premier consiste à placer le sujet au milieu d'un concours de drconstances tout k fait opposées h celles qui peuvent développer le germe qu'il porte et qui, en même temps, soient propres h modifier les organes prédisposés. Ainsi le sujet menacé de scrofules doit quitter les pays froids et humides pour aller vivre dans les pays chauds et secs; il se nourrira de viandes rôties, de légumes aromatiques, usera de boissons toniques, se livrera aux exercices du corps, h la gymnastique, etc., etc.
Le second moyen, presque toujours couronné de
suecés, est Tassociaiion iDî|tripionia)e. Tout te moiide sait» el Texpérience le prouve, qu'on pçut perfeclion- [ ner ou dégrader les races d'animaux domestiques par le choix des sujets qu'on fait accoupler ; il en est absolument de même pour Thomme. li'union de deox êtres débiles, dont l'un est porteur d'un vice hjSréditaire, ne peut que donner des frqits cbétifs et misérables. Un tempérament robuste uni \ une constitih tion faible supplée en quelque sorte k la vigueur manquant k celle-ci, et les fruits que fournit cette ifpion ^e trouvent dans des conditions satisfaisaotei k la première génération; k la seconde généralioD, si l'association matrimoniale a été faite selon I^ règles indiquées, la progéniture est supefb^.
Ainsi l'alliance d'un tempérament lymphatique ao dernier degré k un tempérament sec ou bilioso-sanguin est très-propre k modifier, k détruire le principe scrofuleux que le premier apporte.
lie» contraire* «e gnérlmeiil pur le« m«truire». — C'est 0n appliquant cet axiome aux alliances matrimoniales qu'on trouvera le seul remède efficace k opposer aux vices et aux maladies héréditaires qui font de si grands ravages au sein des filmilles.
Donnez k cette jeune fille leucorrhéique, et k cette autre fille prédisposée k la phthisie, des maris sains, vigoureux, doués d'une riche organisation sanguine; mariez ce jeune homme faible, délicat, me^ nacé de quelques aflections nerveuses, k une (ortc
Bllt, 4'i)fi temiMtpwept sanguin» pleine de sëve et de ^n|<i : 9lor3 vpii9 ppuyez espérer Textinction de Thélédilé morbide, et, de plus, une progéniture saine, robuste, qui ^ perfectionnera de génération en géné-
i niioD.
x Aprè9 un mûr examen de ce qui vient d'être dit, 01) aura acquis Tiptime conviction que les familles ^JDjgéef de maladies héréditaires doivent, plus que lieiautr^, é)Qf|[ir le cercle de leurs alliances, et même filfir cbercber au loin, dans d'autres climats, s'il est jM^ble, de^ épouv k leurs lilles et des femmes k
f km fii«.
Ptoreas ae contliattre riiérédllté morbide IfluBLédlatement aprte la nalmance. — Lorsque Tenfant e$t né, et qu'il apporte le funeste héritage que lui ont légué ses parents, il faut commencer par ii*eoquérir si c'est du père ou de la mère que provient le vice. Si c'est de la mère, on doit de suite et «ans hésitation donner une bonne nourrice au noutetu-Qé, parce que le lait de sa mère recèle des principes morbides, dont l'action, quoique obscure, n'en est pas moins réelle. Â l'enfant débile prédisposé au radiitîsqie, il faut choisir une nourrice parmi ces belles brunes, ni grasses ni maigres, mais bien emmasclées et déployant une grande activité phy- 9iqne. Le médecin sera appelé a régler le régime de l'enfant après le sevrage, et plus tard l'éducation physique.
nan9 {e cadre de l'éducation physique appliquée
au enfants atteints de vices héréditaires, scrofideu, racbitiques, déviés, contrefaits, etc., la gymnastique médicale tient le premier raqg ; c'est un moyen doDt les résultats sont prodigieux, et que les parents éclairés ne doivent jamais négliger. La gymnastique médicale et le repos sagement combinés redressent presque toujours les vices d'organisation : d'abord en fortifiant les tissus et les organes qui ont une tendance h se débiliter, k s'atrophier; ensuite en modérant l'action et la nutrition des organes prédisposés k un excès de vitalité. Mais ces moyens, pour être couronnés d'un plein succès, doivent être dirigés par on médecin orthopédiste et gymnasiarque, ou du moins par un physiologiste qui se soit spécialement occupé de cette branche de l'art (1).
L'un des praticiens les plus habiles, pour le redressement des difformités humaines, est aujourd'hui le docteur Jules Guérin, directeur d'un établissement orthopédique près de Paris. Une commission nommée en 1848 par le gouvernement, dans cet établissement, a déclaré que M. le docteur Jules Guérin avait bien mérité de la science et de rhumanité. Cet
(1) Dans Touvrage intitulé Hygiène et perfectionnement de la beauté humaine, ouvrage des plus intéressants, se trouve on chapitre entièrement consacré à la gymnastique, résumant tout ce que Ton a écrit et ce qu'on peut écrire sur cet art. La lecture de ce chapitre, remarquable par les aperçus nouveaux et la netteté des détails, instruira le lecteur de tout ce qui cou* cerne les exercices gymnastiqucs dans la variété de leur application et les beaux résultats qu'on peut en tirer.
(NoU de l'éditeur.)
iKHnmage, renda par un corps savant h TorthopélUte distingué» dispense de tout éloge.
Les maladies héréditaires ne s'annoncent pas indiRiremment k des époques indéterminées : semblable aux semences des végétaux attendant, pour ger* iner, la saison qui leur est assignée par les lois naturdles, de même le germe morbide héréditaire, tdoa sa nature, attend pour se développer les âges qoi loi sont favorables. Ainsi le rachitisme se manifeste dans Tenfance, les afTeciions du cœur et de la poitrine pendant la jeunesse; le rhumatisme, la goutte, les calculs vésicaux, les métrites ou inflammalioDS de matrice, les hémorroïdes, Thypocondrie, les manies, etc., dans Tâge mûr; enfin, le squirre, 'apoplexie, dans la première vieillesse. Vers rapproche de ces âges, les individus prédisposés doi- Teot être scrupuleusement observés et soumis h on traitement prophylactique si l'imminence l'indiquait.
Parmi les affections constitutionnelles qui se transmettent k la progéniture, il n'en est peut-être pas de plus commune que l'infection vénérienne, et cela parce qu'il existe fort peu d'hommes qui, pendant leur vie de garçon, n'aient reçu quelque blessure dans les combats de Gylhère ; en d'autres termes, qui n'aient contracté, avec des maîtresses ou des courtisanes, ce mal qui s'inocule avec une si effrayante rapidité.
En général, lorsque l'infection a lieu sous forme bénignei un léger traitement semble suffire, et Ton
ne 8'occdpe gtièrede sei^suiiei^. Les jeunes genâ iM réfléchissent pas, ou plutôt ignorent que Cette tf Treuse maladie, loin de se guérir comme les autres, s'attache opiniâtrement k la constitution, et, lôH même qu'aucun symptôme extérieur n'en fhit pressentir l'existence, efle couve sourdement dans lei organes pour se développer, plus tard, avec ooe redoutable intensité. Bien longtemps apfès la flltmière infection, elle se manifeste sous forme de rUiimatisme, de goutte, de douleurs vagues, ostéoco|ie!l, de taches cutanées, deboutoiis ichoreux, de rhagadet, pustules, ulcères, etc., etc., sans qu'on sohgeàeh attribuer la cause k l'infection d'autrefois. Tous les remèdes que l'on fait, toutes les drogues que Toii prend, sont inutiles, parce qu'il faut détruire fa cause ail lieu d'attaquer le symptôme, et parce qa'i' n'y a qu'une seule méthode efficace pour guérir I in fection.
Les enfants engendrés par des parents atteints di syphilis offrent toujours des signes plus ou moin obscurs, plus on moins apparents, de ce funeste faéfi tage. Tantôt l'action du virtis est lente, impercepti ble, chez ces innocentes créatures; tantôt elle marctl avec une vitesse enrayante, et contre laquelle les el forts de l'art échouent le plus souvent. De là, cetl multitude d'clrcs chétifs, noués, contrefaits, afflige de maladies dégoûtantes, et traînant une exîsteUG qui finit par leur devenir a charge. — S'il eiSt Mil opinion avérée, c'est, sans contredit, celle qui signal l'hérédité syphilitique comme le mal qui attaque I
htft profondébièiit les ëodrces de la vie, et qui défile le pins l'oi^nisatlon hucûaine dans sa sanlé et ai beauté ; oo ne saurait donc trop se hâter de le comttttte; afltt de prérenif ses affreux ravages.
U syphilis ftat autrefois un fléau terrible pour l'hu- Btoité, et quoique aujourd'hui la médecine et l'hy-pke en aient considérablement restreint le cercle, de n'est encore inalhedreusement que trop com- BMite. — Depuis près de cinq cents ans, un grand Dombre de spéciflques ont été préconisés contre ce lâitt, et aucnn n'a mérité ce titre ; on a même ob* iehé qne ces prétendus spéciflques étaient pires que emal. Que d'accidents, que d'altérations organiques, Il pourrait dire (|ue d'empoisonnements n*a pas oc- Kiôunés le mercure !
De savants tiiédecins et d'habiles praticiens, après roir étudié la maladie vénérienne sous toutes ses >rmes et sous tous ses aspects, après avoir mûreent examiné et comparé les divers traitements diri- \s contre elle, itônt restés d'un accord unanime sur efficacité d'un seul traitement, celui qu'on a nommé éthode dépuratm. En cflet, non-seulement la méidde en qnesition expulserait de Téconomie ce dan- ;reui ennemi, mais elle débarrasserait encore les ^nes de tout agent morbitique. Nous croyons donc, fec ces médecins, et cette croyance est autorisée ir une longue expérience, que les remèdes les plus VèàceS k opposer au virus syphilitique sont \esdépu itevrs du sùng. Mais tous les dépuratifs du monde itéraient inefficaces, &'il$ n'étaient soutenus par un
régime hygiénique propre k régénérer la consmutkm de rindividu : or, c'est au médecin à ordonner et à diriger ce régime.
Nous ajouterons qu*il serait k désirer, comme aele de prudence, de sagesse et de moralité» que tous les individus qui ont été atteints du mal syphilitique» même sous la forme la plus légère, se missent k Tssage d'un dépurateur quelques mois avant de contrae- 1er mariage. Ils se débarrasseraient, par ce moyeD» du poison qui corrompt leur sang : ils s'éviteraieot les poignants regrets, les tristes amertumes de donner le jour k des enfants qui porteront, hélas! les hideux stigmates de rinfection de leurs parents.
Maintenant que l'hérédité de santé et de maladie a été discutée et démontrée, nous allons passer ï d'autres questions non moins importantes.