VÉNÉRIENS. — LIBERTINAGE
SECTION I
MlllMit. Tcenx de continence. — De tOuS
temps et chez tous les peuples, le mariage a été entouré de respect et d'hommages; le célibat, au con-
taire> fut loujoars en butte au mépris. Et, si Ton rencontre» dans Thistoire de quelques nations, le cé- Kbat en honneur, il faut attribuer cette aberration de Pesprit humain au mysticisme, véritable névrose du terveaa qui se propage de même que toutes les maladies contagieuses (1). Le mariage, c'est l'amour qui Ajonne et fait naître la vie; c'est l'expansion de tontes les facultés affectives de l'être; le célibat, deèi l'égoîsme, c'e6t la mort et le néant. Tous les lé- • gislateurs, philosophes et moralistes se sont élevés eoDtre le célibat.
Saint Paphnuce ne craignait pas d'avancer au concile de Nicée que coucher avec sa femme était chasteté et œuvre méritoire devant Dieu.
L'immortel J. J. Rousseau pensait que le célibat offensait la nature et faussait sa destination.
Voltaire disait que le vœu de célibat était le comble de l'hypocrisie.
Luther jeta aux apologistes du célibat ces écrasantes paroles : «Il n'est pas en mon pouvoir de n'être point homme ; il n'est pas aussi en ma puissance de vivre perpétuellement sans femme; car cela m'est aussi nécessaire que de manger, de boire et de satisfaire ftux autres besoins du corps. L'homme doit rester tel que Dieu a voulu qu'il soit ; user de la liberté qu'il nous a donnée pour aller contre sa volonté, c'est blas* phème ou folie. »
(1) Lisez à ce sujet Vîntéressant ouvrage des Mystères du magnéksme^ où se trouvent consignées îes plus curieuses observatioiu sur lea épidémies morales a^* a»*.^«w44 le moyen âge.
Consultons les travaux des plus habiles ] Biologistes et médecins sur cette matière: ils i apprendront que non-seulement le cervelet c moelle épinière président à l'organe vénérien, que le cerveau y participe, et que c'est pour cela la continence absolue développe l'hystérie, le pisme, la folie erotique ou fureur génitale, etc., et, bientôt après, Taliénation mentale et.... lai
Âristote avait observé qu'une continence longtemps gardée engendrait d'afireuses maladie
Eusébie, femme de l'empereur Constance, m( victime de sa chasteté.
Le prince Casimir, fils du roi de Pologne, épi le même sort.
Jadis, un grand nombre d'hommes et de fem doués d'un tempérament amoureux, qui embrass la vie monastique, par suite de déceptions ou < natisme, mouraient consumés par le feu géi Et, de nos jours encore, combien d'individus des sexes sont atteints, dans les couvents, de cette i tion qui dévore! combien meurent victimes < continence impossible à leur tempérament!
Tous les médecins s'accordent à reconnaître q continence réelle, chez les sujets des deux s douésd'un tempérament nerveux-génital, est un i minement k la folie. — Cabanis disait que les or( de la génération étaient souvent le siège de l'ai lion.— Esquirol a observé que la lubricité se rei trait presque toujours chez les fous sortant couvents, ^^heuret assure également que le noi
des fous et des folles erotiques, fournis parles couvents, devrait effrayer et faire réfléchir les individus avant de prononcer leurs vœux. Le docteur Mathieu neonte, dans ses Études cliniques sur la femme, qu'il a été souvent appelé à donner des soins à des flUet atteintes de nymphomanie, k la suite d'exaltation religieuse. Ce médecin pense, avec raison, qu'une fille chez laquelle la matrice jouit d'une grande activité, devientfacilement At/st^ngu^, et, si cette activité se tronve violemment comprimée, cette fille devient ^phomane. — Heequet rapporte que beaucoup de convalsionnaires, hommes et femmes, lui ont avoué avoir éprouvé de vives jouissances corporelles pendant leurs convulsions. 11 fait, en outre, observer que, dans ces scènes scandaleuses où les individus mâles, nommés secouristes^ venaient assister les convulsion^ noires femelles, on ne voyait que des hommes jeunes, ardents, et que l'efficacité de leurs secours dépendait de leur vigueur. Une convulsionnaire, ajoute-t-il, sous le prétexte de se mettre en croix, se dépouilla de loas ses vêtements, et s'offrit toute nue k un ecclé* aiastique. N'est-ce point Ik un accès de fureur utérine ? Les nymphomanes de la Salpétrière n'en font pas davantage. Les ascétiques des deux sexes avaient des hallucinations erotiques plus ou moins longues, et ces hallucinations provoquaient ordinairement la sensation vénérienne; aussi Bossuet appelait-il ces scènes des extravagances amoureuses.
C'est surtout chez la femme, douée d'une ardente imagination , que la continence et l'ascétisme pro-
Toqaent Texaltation cérébrale et Torgasme génital Observez, dans Tantiquitë , les pythies, les sibylles, les bacchantes, etc., n'oiïrent-elles pas un désordre simultané du cerveau et du système génital? Et, k oDe époque plus rapprochée de nous, les Marie Agréda, les Gadière, les Bourignon, les Marie Âlacoque, la mère Ballon, et tant d'autres pauvres folles ofTraieDt également, dans leur effervescence ascétique, tous les symptômes d'un accès d'hystérie, et leur amonr s'exhalait en paroles mi-pieuses, mi-érotiques.
Un bien sot aveuglement fit désigner, pendant ploi de six cents ans, sous le nom burlesque de minutiont la saignée périodique k laquelle les religieux et religieuses étaient forcés de se soumettre. Malade ou bien portant, aucun des cloîtres n'était à Tabri do coup de lancette; il fallait tirer du sang pour amortir l'aiguillon de la chair. Croirait-on que ces saignées périodiques se pratiquaient encore, en 1788, dans les couvents des deux sexes ? De plus on administrait, comme auxiliaires, des sirops de nymphéa, d'agnus castus, de pourpier, de laitue ; on faisait des lotions réfrigérantes, on appliquait aux novices des lames de plomb sur la poitrine et les lombes, et on les assujettissait à un régime débilitant. Mais tous ces moyens étaient une bien faible ressource contre Tor* gasme vénérien qu'éprouvaient les sujets d'un tempérament amoureux; et ces mesures, contre nature» ne servaient qu'a troubler les fonctions digcstives et k développer le germe d'une affection erotique.
Les médecins qui se sont voues au traitement deê
aliénés rencontrent assez fréquemment des femmes fûbles d'intelligence et dominées par de fausses idées religieases, chez lesquelles la continence outrée a détdoppé la passion utérine. Parmi ces femmes, ordinairement de mœurs sévères» il en est qui, pendant r Faccès nymphomanique, tiennent des propos lascifs ' etse liyrent h des actions dont l'obscénité jure avec r leors habitudes antérieures et leur conduite irrépro- ^ chable.
:. De ik, ces médecins ont conclu que, pour certaines
V personnes à idées étroites et au moral faible, Tédu-
p catioQ religieuse outrée est une des causes de la ma-
r ladie erotique. Celte vérité, confirmée par Texpé-
rience, a donné lieu au proverbe : Le couvent et le
cooressionnal sont le berceau de l'hystérie et de la
ojmphomanie.
Complétons cette question par les sages paroles du docteur Lachaise : « Nous n'en saurions plus douter, b destruction des cloîtres et des couvents a été 'on des bienfaits de notre régénération politique, ^'histoire noiera un jour, comme empreinte du sceau de la vraie philosophie, cette grande époque qui ferma ces catacomj^es de Thumanité. Le bruit des luarteaux a remplacé les chants lugubres et les géinissements sacrés : sur ce sol où languissaient quelques noialheureux séquestrés volontairement de la société, cent ouvriers ont trouvé du travail et de Taisance. La France a des couvents de moins, mais elle a des ateliers de plus; si la religion a perdu une maison, une manufacture importante est venue ac-
croître la prospérité nationale et le bien-être indhiduel. Lequel vaut le mieux de l'ancien ordre le choses ou du nouveau? Regrette donc qui bien faire croira, le temps passé ; souhaite qui voudra le retov de quelques institutions évidemment contraires M bonheur de l'homme, et que notre époque se flattait d'avoir détruites pour toujours. »
SECTION II
Sarexcltatlon géBllale. — Bxcèa wénérieai.
— iiibertinase. — Il existe, dans l'un et Tautre sexe, des (ompéraments caractérisés par une fanesie activité génitale ; nous disons funeste, parce que kl malheureux affliges de ce tempérament sont cootinueliement en proie aux plus violents désirs sexaeb et ne semblent vivre que pour assouvir leur passion brutale.
Chaque siècle, chaque peuple, offre des traits de vigueur génitale plus ou moins prodigieux. Depui&le fameux travail d'Hercule, qui féconda, en une nuit, cinquante jeunes filles,et celuide l'empereur Proclus, qui, en quinze jours, rendit le nréme service k cent vierges sarmales, Thistoire cite une foule de héros en amour, dont les exploits, grossis par la tradition, nous sont arrivés comme des fables auxquelles on se refuse de croire. Cependant, on ne saurait nier qu'il existe des hommes et des femmes qui vivent continuellement sous rinfluence des organes génitaux. Les individus de cette nature se rencontrent ordinaire-
lent parmi les sujets pauvres d'intelligence et les ffiots.
Gàlien cite un esclave africain, espèce de brute mpropre k tout service, hormis celui des femmes ; sa rigueur sexuelle extraordinaire le fit acheter fort cher par une Messaline de Tépoque.
Phases rapporte Thistoire d'un prince maure qui, en trois jours, donnait satisfaction à quarante femmes dont était composé son sérail.
Une femme s'étant jetée aux pieds d'un roi d'Âragmi, pour implorer son secours contre les ardeurs de son mari, le prince manda celui-ci et apprit de a bouche qu'il caressait régulièrement dix fois sa femme chaque nuit. Le roi lui défendit, sous peine le la vie, de la caresser désormais plus de six fois.
Un montagnard des Pyrénées-Orientales épousa successivement onze femmes dans rintervalle de IQÎDze ans. Ses embrassements étaient si multipliés !t si fougueux, que toutes ses femmes moururent ateintesde désordres graves dans les parties vulvo-utéines. L'autorité s'opposa à ce qu'il contractât un louzième mariage.
Les faits de cette nature et leurs analogues sont ort rares et tout k fait exceptionnels. L'excessive etivité des organes génitaux, dont nous venons de larler , dépend d'une hypertrophie ou exagération nurîlive et nerveuse de ces organes, qui conduit ordilairement à une fin funeste. Alors, ce n'est plus la acuité génésique dans sa vigueur, c'est une hideuse naladie nommée satyriasis.
On rencontre quelquefois des jeunes hommes qol se font une sotte gloire de leur inlrépidilé dans h Hce amoureuse ; ils ont fourni huit et douze carrières, ils sont prêts à le prouver. . . Ces dires sont tout simplement des fanfaronnades et rien de plus ; si ctt vanlards avaient la moindre idée de la structure di testicule et de la sécrétion du sperme, ils n'oseraient pas dire une semblable absurdité. — Le lecteur n'i qu*'a jeter de nouveau un coup d'oeil sur le chapitre de cet ouvrage où se trouve la description du testicule et de ses fonctons : il verra que la sécrétion do sperme exige un temps fort long» puisqu'il faut qM cette liqueur traverse des canaux d'une longueur de S60 mètres avant d'arriver aux vésicules séminalei qui sont leur réservoir : or, il est physiquement impossible que l'homme puisse consommer huit, dix et douze embrassemeuts dans l'espace de quelques heures, ou alors ce sont des çmbrassements sans perte de liqueur séminale. L'homme le plus vigoureux, le plus favorisé génitalement, ne saurait fou^ nir plus de cinq à six éjaculations en quelques heures, et encore les dernières éjaculations ne sont qu'un fluide séreux, une sécrétion prostatique accompagnée d'ardeur et de cuisson. L'individu qui répéterait ces excès finirait par rendre du sang ao lieu de sperme.
L'homme le plus enclin aux plaisirs sexuels se trouve réduit, après quelques copulations, à une sorte d'impuissance momentanée- l'organe énervé ne peut satisfaire ses désirs ; il est forcé d'attendre que la na-
lie ^ii réparé les perles des fluides nerveux et sëmid> afin de pouvoir de nouveau se livrer à Tacle véf^ien. Les individus de ce tempérament perdent de (QQne heure leurs facultés viriles, et vont grossir le nombre des libertins impuissants. C'est probablepant k cette décadence génitale que ces vers de ^«rny font allusioa : ^
Du tronc qui nourrit sa fraîcheur La branche une fois détachée Ne reprendra plus sa vigueur, £t Ton arrose en vain la fleur Quand U racine est desséchée,
Ghei la femme, les choses se passent diiïéremaient : la déperdition étant infiniment moindre, puisqu'elle ne possède point de sperme, et Tacte pouvant s'effectuer sans érection, elles sont aptes à exercer le ooit k toute heure, k tout moment. Elles peuvent résister plus ou moins longtemps aux fatigues des voluptés sexuelles, et beaucoup même n'éprouvent d'autre incommodité de leurs excès qu'une lassitude» une ardeur et un gonflement des parties frnssées.
L'histoire ancienne, surtout l'histoire romaine, fiMimit de nombreux exemples des ardeurs vénérien^ net et des fougueux transports de plusieurs femmes de liaute et de basse condition.
Dans l'ancienne Grèce, Phryné, Éléphantis, Mélite, Cottyto, Pbylcnis, et une foule d'autres courtisanes, forent célèbres par leurs déportements. Les dcbau-
chés des deux sexes s'avisèrent d'instituer les mjs tères de Cottylo, k Tinstar de ceux de Cérès ; et dan ces fêtes nocturnes il se passait des choses m lesquelles Tantiquité a jeté un voile. Le poète Eopo* lis, ayant dévoilé, dans sa comédie des fioptes, qod* ques-unes des orgies du culte de Gottyto, fut tué pr Âlcibîade, qui avait cru se reconnaître au nonÂn des débauchés que signalait le poète. — A Rome, a milieu des dissolutions de tous genres où se vautraient les grandes dames, rien ne put ^aler l'insitiable salacité de Messaline, qui, sous le pseudonyme de Lysisca, parcourait les lieux de prostitution, défiant tous les hommes qu'elle rencontrait ; de Messaline que Ton chassait des lupanars au point du jour, excoriée, lasse des assauts qu'elle avait souteoos, mais non rassasiée, lassata sed non satiata. Après les excès de cette bacchante impudique, on cite ceux de Gléopàtre, Faustine, Poppée, Agrippine, Nectimène, Yaléria, Julie, Césonie, Tarpéia, Sémiramis, Yestilla, Quartilla, qui ne se souvenait pas d'avoir été vierge, et tant d'autres qui acquirent, par leurs incroyables excès, une si triste célébrité 1 Plus tard, Jeanne de Naples et Lucrèce Borgia renouvelèrent les sanglantes orgies de Messaline.
Mais tirons, un épais rideau sur le tableau de ces fureurs utérines, et terminons par quelques observations modernes qui prouvent que la femme affligée d'une prédominance génitale supporte mieux que rhomme les excès vénériens.
Sous le règne de Thcodose, une femme enterra
^iogt-deux maris, morts à la suite des excès anxqoels les forçait cette bacchante insatiable.
Le colonel Pol... rapporte qu'une prostituée, rnievée par des soldats et portée au corps de garde, mit sur les dents les trente hommes qui composaient le poste, sans paraître nullement fatiguée.
Bertrand Rival cite une demoiselle de Maëstricht, belle et sage, qui, pendant notre première révolution, fut forcée de subir la luxure de vingt-huit hussards. Elle 60 fiit quitte pour une irritation vaginale et quelques écorcbures qui se guérirent en quelques jours.
Un médecin, attaché à Tun des dispensaires de Paris, m'a montré une femme de quarante ans, qui, depuis vingt-deux ans, faisait régulièrement en vingts qaatre-heures dix offrandes à l'amour.
On ne saurait contester qu*il est une immensi: quantité de femmes qui se plaignent de n'être pa^i satisfaites par leurs maris, tandis qu'on rencontre fort peu de ces derniers qui aient à se plaindre de leurs femmes sur ce point.
Il résulte de ces faits que la femme résiste plus longtemps que l'homme aux combats amoureux, et que c'est toujours sottise et imprudence k celui-ci d# voaloîr prouver physiquement le contraire.
SECTION III
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tes BAVAGES qu'exerce SUR L'iJGONOMIE L*ABUS D0 COlf