ET DE U MASTURBATION
L'abus des plaisirs sexuels dégrade, en peu de temps, Tesprit et le corps; il semblerait que, de M les excès, aucun ne soit aussi douloureusement poil que Texcès vénérien. D'abord l'aflaiblissement dtt oi^anes génitaux chez l'^homme, la flaccidité du menbre, les pertes séminale!^ involontaires, Tatrophie dei testicules, la paralysie de la vessie, etc., etc. Et, cha la femme, une surexcitation génitale, suivie de floeon blanches, d'autant plus ruineuses qu'elles sont abondantes. Bientôt surviennent des névropathies, des palpitations, des syncopes et des désordres utériss qui réagissent sur l'organisation entière. Les digestions se font mal et la nutrition devient insuffisante k l'entretien de la machine : tout languit. Le malheireux a la face décolorée, les yeux caves et presque éteints ; les tempes, les joues creuses, et les pommettes saillantes ; les oreilles sont desséchées, aplaties ; l'ouïe, l'odorat et le goût se perdent peu à peu. Le cerveau partage nécessairement cette débilité générale : la mémoire s'affaiblit, l'attention devient im-* , possible, le jugement et toutes les facultés intellec- ' tuelles se dégradent, s'effacent, et le sujet tombe dans a mélancolie, l'hystérie, l'hébétude, l'idiotisme. Une
horrible maigreur dessèche son corps qui se voûte et dont il peut à peine soutenir la charpente. Enfin la consomption générale termine la vie du malheureux qqi n'a pu se soustraire aux excès de la passion génitale.
G'esl particulièrement chez les sujets qui se livrent aiec acharnement à la masturbation que les symptô- Bes de consomption offrent un effrayant caractère. les victimes de l'ardeur génitale sont hideuses k voir, elles inspirent le dégoût et la pitié ; et, si une violente secousse physique ou morale ne vient arrêter leur IwDteux manège, c'en est fait de leur inutile existence : chaque jour elles font un pas de plus vers la tombe et s'éteignent dans un complet marasme.
Kous engageons instamment les victimes du liber* tinage de bien graver dans leur mémoire les lois de h nature relatives à la reproduction des espèces rivantes. — Dans le règne végétal, aussitôt après la ttcondalion, les organes mâles se fanent, les organes femelles disparaissent pour faire place au fruit, et la fleur, qui servait de lit nuptial, se détruit (1).— Dans le règne animal, il existe une foule de familles, parmi les insectes, qui meurent aussitôt après Taccouplement : le moment de l'union sexuelle est le terme de leur existence. — Chez les animaux, Tacte du coït est suivi d'une perte de forces qui se traduit par une sorte de langueur et d'aflaissement vital : leurs couleurs se ternissent, leur voix s'altère, la mue com-
(1) Voyez l'intéressant ouvrage, Les parfums et les fleun, ix5fr.
menée, et leur chair, participant h cette d^radatioi, perd une partie de ses qualités, devient moins sacenlente et moins nutritive. Tous les êtres subissent donc cette loi physiologique : Uacte qui perpétue tch pèce tue V individu; ou, en d'autres termes : Chaque fois que l'individu procrée ou consomme l'acte de h procréation, il donne une portion de sa vie pour alhmer une vie nouvelle ; et, s'il ne laisse pas le tempt à la nature de réparer les {>ertes qu'il vient de faire, la vitalité endommagée décroit en raison des nouvelles pertes qu'il a l'imprudence de faire. Bientôt il tombe dans une complète débilité, et la vie l'abandonne h son tour. — Ces vérités méritent qu'on s'y arrête.
La conclusion de ce chapitre est celle-ci : La continence outrée, de même que l'incontinence, l'abus incessant des plaisirs sexuels, sont deux extrêmes également réprouvés de la nature et de la morale. La continence perpétuelle, si elle est possible, devient b source d'une foule de maladies affreuses et de cruelles vésanics. Les excès vénériens sont la ruine du corj^ et de l'esprit. Bien ne détériore aussi profondément le physique et le moral que l'abus du coït. Et si, dans les grandes villes, on rencontre tant d'êtres chétifs, étiolés, traînant languissamment les débris d'un corps usé, c'est le libertinage qu'il faut en accuser. C est encore au libertinage, à la débauche, qu'il faut attribuer ces hideuses maladies qui attaquent les sources de la vie, se perpétuent dans les familles, s'attachent aux générations et dégradent l'espèce.
ie jeune homme qui, confiant dans sa vigueur^
abuse des plaisirs Ténéricns, s'énerve bientôt et se prépare les r^rets d*une vieillesse prématurée. L'impuissance, la flasque débilité et quelquefois la paralysie de l'organe génital arrivent comme conséquence de ces abus.
La jeune fille ou la jeune femme qui, s'aiïrancbisssnt de la chasteté et de la pudeur naturelles à son sexe, se livre à des déportemenls ou à des manœuvres solitaires, perd, en peu de temps, sa fraîcheur, sa saoté, et devient un objet de mépris ou de pitié. C'est il PéducatioD physique et morale, c'est aux voyages, au distractions vives, aux fortes occupations qu'il 6nt avoir recours pour détourner Tactivité vitale, concentrée sur les organes génitaux, et lui donner une antre direction.
Si les individus, encore sur le bord du gouffre dévorant du libertinage, prévoyaient l'affreux avenir qu'ils se préparent, s'ils parcouraient les salles d'hôpitaux où languissent et s'éteignent, à demi pourries, les hideuses victimes du vice et de la débauche, oh I sans doute, ils s'arrêteraient sur le penchant de fabime en frissonnant d'horreur.
On a, en outre, observé que le libertinage anéantissait et pervertissait les qualités morales de l'individu, qu'il développait la ruse, l'hypocrisie, la lâcheté, et pcrtait à la cruauté. Tibère, Néron, Caligula, Domitien, Héliogabale, Borgia, etc. , etc. , et tant d'autres monstres k face humaine, qui se plaisaient a faire couler des flots de sang au sortir de leurs sales débauches, en sont d'horribles exemples.
Enfin les philosophes ont signalé, avec raison» b libertinage comme la source impUre de tous les viceS) et son extension dans les classes populaires coroM un symptôme de la dégradation des hommes et h signe précurseur de la chute des empires.