‹ Hygiène et physiologie du mariageChapitre 48 sur 69 · DE STÉRILITÉ · texte numérisé non relu

DE STÉRILITÉ

oe rage.— La durée de la faculté procréatrice, cbez la femme, est, en général, Oxée par le flux mens* tniel. Avant l'apparition des règles, la femme ne possède pas encore cette faculté, et, après leur disparition, elle la perd pour toujours, sauf les cas d'exception. C'est ordinairement parmi les femmes mariées k un âge trop tendre ou trop avancé que la stérilité se rencontre ; cette circonstance prouverait que l'âge le plus favorable au but du mariage est de vingt à trente aas.

les femmes mariées trop jeunes, c'esl-ade temps après la puberté, restent stériles pei premières années du mariage, et ce n'est tard, lorsque leur système utérin a acquis développement, qu'elles deviennent mères. I femmes qui se marient de trente-cinq b quan beaucoup restent stériles malgré la vigueur époux. Gela tient sans doute an trop long r défaut d'exercice des organes de la générati il résulte que la matrice ne possède plus la vii cessaire h la fécondation. Cette stérilité se assez facilement par les boissons ferruginei lotions toniques et stimulantes dirigées sur 1 vulvo-ulérin ; par des douches sulfureuses lombes, les cuisses et le pubis; les rubéfiant nimenls aphrodisiaques appliqués sur ces parties. On conseille surtout à la femme st frigidité ou par atonie de la matrice de se me régime confortant et de se livrer h l'acte gé pendant les quatre jours qui précèdent le flu truel ; la matrice, k cette époque, est le si^ excitation très-favorable h la fécondation. F femmes stériles ont dû le bonheur d'être l'emploi de ce moyen.

De* tempérament». — La physiologie périence ont désormais établi que, pour les I le tempérament lymphatico-sanguin est le pi "^e k la conception et b la procréation ; les

a tempérament froid, humide ou arcbi

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eitrêmes est naturellement le plus apte h la prociâh tion. Ainsi, une taille moyenne, une belle carnation, Tœil clair, une physionomie enjouée, un cœur ou?ert aux douces affections, des mœurs pures, et surtool peu de désirs sensuels, sont les signes d'une fécondité remarquable.

Cette règle souffre cependant quelques exceptions. On voit tous les jours des femmes pâles, chétives, malingres, jouir du privilège de la fécondité, tandis que d'autres femmes douées de la plus belle consli- .J tution, en apparence, sont privées de la douceor d'être mères, mais ce sont des exceptions.

Outre les causes de stérilité que nous venons de signaler, il est, entre les deux sexes, des rapports encore très-peu connus qui font que tel homme et telle femme, très-aptes individuellement à la génération, ne peuvent cependant procréer ensemble. Cela dépend peut-être d'un antagonisme génital, s'opposant h la faculté fécondante, ou d*une antipathie de tempérament, de caractère, d'où résultent l'indifférence et la froideur qu'apportent certains époux dans les caresses conjugales.

Le moyen de remédier h cet état de choses est de rétablir la consonnance qui doit exister entre les organes génitaux de l'un et de l'autre sexe, c'est-kdire que celui des deux époux qui s'abandonne à de fougueux embrassements doit employer toute ^éne^ gie de sa volonté pour les modérer ; celui qui met,aa contraire, trop de froideur dans ses caresses, doft iS'exciter l'imaginalioa , et fake usa^e de quelques

iphrodisiaques pour exécuter plus convenablement Facte vénérien. De celte manière, l'harmonieuse con« iDonance des organes peut se rétablir, et la fécondafon avoir lieu.

Lorsqu'il n'existe aucune difformité, aucune lé^ rioD organique du système génital, et que, néanmoins, fiDdividu reste stérile, le pronostic d'une stérilité perpétuelle est très difficile à établir ; car il est des cas où Tâge, le changement de vie, de lieu, le régime hygiénique et diverses circonstances peu con- QDes, opèrent une révolution dans Téconomie, et, de stériles qu'ils étaient, l'homme et la iemme se trou- Vent tout a coup aptes à engendrer. On cite beaucoup d'exemples d'individus des deux sexes qui, après être restés dix, quinze et vingt ans stériles, ont pu avoir des enfants.

Le mariage de Henri II et de la duchesse d'Urbain resta stérile pendant dix ans; sur le point de divorcer, le roi, d'après le conseil de ses amis, fit venir à la cour Jean Fernel, médecin en renom. « Ferezvous bien des enfants h ma femme? lui demanda le roi, en riant. — Sire, c'est a vous de les faire, répondit Fernel, et h moi d'y apporter ce qui est de Tari de la médecine. »

Fernel sut rendre féconde une union qui Jusquelà était restée stérile, et les royaux époux eurent successivement dix enfants. La reine, en reconnaissance d'un si grand service, donnait dix mille écus à son médecin à la naissance de chaque enfant.

On sait aussi qu'Anne d'Autriche accoucha de Louis XrV après quinze ans de slérililé.

Le professeur Baudelocque racontait souvent )i set amis qu'un haut personnage, marié depuis dix ans, n'avait pu avoir d'enfant ni de sa femme, ni de ses maîtresses. Forcé de quitter la France pour remplir une mission diplomatique, il séjourna deux ans dan une cour étrangère; dix mois après son reloorsa femme lui donna un fils. -— ; Mais quatre ans s'écoih lèrent sans qu1l pût devenir père une seconde fois. — Une nouvelle mission lui est conGée, et il doit escore au changement de climat la faculté de féconder sa femme. Enfin, ce personnage, d'après les conseils du professeur Baudelocque, prit le parti de faire na voyage tous les ans, afin de recouvrer la faculté génératrice qu'il perdait sous le climat de Paris; ce moyea Iqi réussit complètement : il devint père de onze enfants, cinq garçons et six filles.

On lit dans le Dictionnaire des sciences médicah qu'une femme, mariée depuis dix-sept ans à un homn»; très-bien constitué, n'avait pu concevoir. A la suite d'une violente maladie qui la mit k deux doigts delà tombe, elle trouva la fécondité et devint mère de placeurs enfants.

Un assez grand nombre de faits prouveraient que, dans certaines unions, il existe des rapports antipathiques entre l'homme et la femme, qui s'opposent ^ la fécondation. Ainsi, l'on a vu des mariages rester stériles, quoique les deux époux fussent bien confo^ mes génitalement; séparés par le divorce, alors qiM

Ile sage loi était en vigueur, rhomme a obtenu » enfants d'une autre femme, et l'épouse divorcée I a eu également d'un autre mari.

Après avoir exposé et discuté dans les sept cbai^res qui précèdent les causes de la stérilité et les kojens rationnels propres k les combattre, nous arrifns k cette conclusion : le traitement purement mékalne peut rien, absolument rien contre la stérilité. OQies les drogues données en pareille occurrence e peuvent qu'éloigner le but qu'on se propose d'at- Mndre. Si la stérilité est incurable, tout devient initie et même nuisible; si elle est curable, c'est k la hirurgie, lorsqu'il y a obstacle ou vice de conforlation, k reconstituer les organes dans leurs forme et irection normales; c'est ensuite k l'hygiène, prise ans toute son extension, qu'il appartient de tirer les rganes de leur engourdissement, de les tonifier, dac* follre ou de modérer leur vitalité; c est k l'hygiène t rénover, de reconsliltier l'être humain, par le réime, l'alimentation, les exercices gymnastiques, les ains, etc., etc., et par tous les moyens dont elle eut disposer. Telle est la croyance des médecins hyiénistes et physiologistes.

Mous terminerons par la relation d'un usage, des lus étranges et fort peu moral, relativement aux delandes en divorce, pour cause d'impuissance ou de lérilité. Cet usage, qui subsista pendant plusieurs iècles, Qt trembler bien des maris et donna la liberté bien des femmes; aujourdlmi les impuissants n'ont

plus rien a redouter de la loi et dorment tranquilles. Autre temps, autres mœurs !

Nos ancêlres, beaucoup plus sévères, on poorrail dire plus raisonnables que nous ne le sommes, relativement au but du mariage, ordonnaient le divoree toutes les fois que ce but ne pouvait être atteint, c'est* k-dire lorsque Fun des conjoints était frappé d'impuissance ou de stérilité absolue ; car, a ces époques, on se mariait pour avoir de nombreux enfants. Malheureusement les moyens employés pour constater rinaptitude à la procréation n'étaient pas exempts de manœuvres brutales et peu décentes. L'épreuve génitale qu'on exigeait des deux époux, en cette circonstance, se nommait congrès; elle se faisait tantôt en présence de plusieurs matrones, tantôt derrière un rideau ; mais un conseil de médecins, de juges, el praticiens, en cour d'église, réunis dans la pièce aile* nant à celle ou se faisait l'épreuve, était de rigueur. On conçoit qu'une telle épreuve devait bien souvent effaroucher la pudeur des unes et enrayer les forces \iriles des autres; alors il arrivait que, soit honte oa crainte, les individus les plus aptes à la copulation se trouvaient tout à coup frappés d'impuissance. Ce scandale dura longtemps, et c'était presque toujours l'homme qui restait en affront, attendu que la femme est toujours apte à Tunion, à moins d'occlusion ou d'imperforation. Aussi, était-ce, presque toujours, la femme qui demandait le congrès, afin de quitter un mari qu'elle ne pouvait plus souffrir et de convoler

^ de nouvelles noces,

Le document suivant, auquel nous conservons sa laîveté on peu cynique, donnera au lecteur une idée daire et précise de cette ridicule épreuve du congrès.

« ... Après que les parties, demandant divorce, >nt prêté serment de bien vouloir accomplir Tœuvre le chair ; après aussi que les experts ont juré qu'ils feront fidèle rapport de ce qui se passera au congrès, les uns et les autres se retirent dans une chambre, |X>ar ce préparée, où l'homme et la femme sont derechef visités; l'homme, pour savoir s'il n'a ni maladies, ni difformités ; la femme, pour examiner Tétai de sa partie sexuelle, et par ce moyen connaître h iifférence de son ouverture et la dilatation avant et iprès le congrès, et si l'intromission y aura été faite )u non. Ensuite les parties de Thomme sont lavées I l'eau tiède et la femme est mise dans un demi-bain )b elle reste quelque temps. Cela fait, l'homme et la emme se couchent en plein jour, dans un lit préparé x>ur l'épreuve , et c'est k l'homme k se mettre en levoir de prouver sa puissance. Il advient souvent ilors qu'il s'élève des altercations entre les époux; 'homme se plaint que la femme s'oppose a l'intronission, la femme le nie en disant que Thomme ne )eut y arriver. Enfin, ayant été tous les deux quelque emps au lit, comme une ou deux heures, les experts irrîvent, et, ouvrant les rideaux, s'informent de ce |ui s'est passé, et visitent derechef la femme pour avoir si elle est plus dilatée que lorsqu'elle s'est mise m lit, et si l'intromission a été pratiquée, ce qui ne se fait pas sans lunettes, k gens qui s'en servent à

cause de leur grand âge, ni sans recherches sales ei odieuses. Et font le procès-verbal de ce qui s'ot passé au congrès, en une chambre k part, avec ks procureurs et praticiens en cour d'église, attendanl (afin de cet acte (1). »

Notre grand satirique ridiculisa et sapa cet usafi en ces termes :

Jamais biche en rut n*a, pour fait d'impuissance, Traîné du fond des bois un cerf à Taudience; Et jamais juge, entre eux ordonnant le congrès, De ce burlesque mot n*a sali ses arrêts.

Le congrès commença en France au quinzièiBe siècle et dura près de trois cents ans. Pendant oe long espace de temps, plusieurs hommes éclairés attaquèrent vainement sa validité. Ce ne fut qu'en 1671, à la suite d'une affaire scandaleuse, que le parlement fit défense à tous juges, même officieux, d'ordonner répreuve du congrès.

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