CHAPITRE XXXII
SECTION I 6B0SSESSE AVANCÉE. — - AVORTEIIENT. — ▲GGOUGIIEMEKT.
 mesure que la femme avance dans sa grossesse, elle devient plus impressionnable et doit être l'objet des plus grands soins, des plus grands égards de la part de son mari et des personnes qui Tentourent. Les moindres contrariétés sont vivement ressenties par elles; un rien l'émeut et Tattriste; le physique réagit fortement sur le moral, et réciproquement; sa santé semble suivre les oscillations de joie et de tris-
tesse. — On doit admirer ces sages d'Orient dont nous parle Thistoire, qui s'appliquaient ii entourer leurs femmes enceintes d'innocents plaisirs et de douces distractions; qui jouaient avec elles, exécutaient leurs volontés, se pliaient k leurs caprices, dam le but de leur procurer la joie du cœur et la sérénité de Tâme. Excellente et sublime leçon de sagesse, de devoir et d'amour conjugal que devraient suivre les hommes de notre époque, je veux désigner ces hommes qui se montrent aussi indifférents k donner le jour k une chétive progéniture, qu'ils sont empressés de perfectionner la race de leurs chiens ou de leurs chevaux.
Du cinquième au neuvième mois de la grossesse, nous avons vu que la femme exige une nourritore abondante ou substantielle, pour subvenir k la grande consommation des sucs nutritifs que fait le fœtns. Il est des femmes qui ont toujours faim et qui ressentent ce besoin jusqu'au lit même; ces femmes-lï devront choisir de bons aliments et multiplier leurs repas, afin de ne point surcharger leur estomac par un repas trop copieux, qui occasionnerait une digestion lourde ou difficile.
Nous parlerons ici d'un phénomène qu'ofTrenl certaines femmes dans le cours de leur grossesse. — Les unes maigrissent peu k peu, deviennent faibles, chétives; et, le terme arrivé, donnent le jour k des enfants gros et robustes. — Les autres, au contraire, prennent de l'embonpoint, et, quoique fortes et pleines de «anté, «cçouçhent d'un enfant petit el
délicat, quelquefois non viable. Ce phénomène» qui d'abord pourrait étonner, s'explique ainsi :
Dans le premier cas, la femme maigrit et semble dépérir, parce que Tenfant qu'elle porte est dou^ d*ane grande force absorbante, c'est-à-dire qu'il Aé» tourne k son profit une telle quantité de sucs nutri* tifs, que la mère en est presque exténuée ; aussi cet enfant acquiert un développement énorme. On a vu de ces femmes, chétives en apparence, accoucher d'un enfant qui pesait de dix-huit à vingt livres.
Dans le deuxième cas, la femme engraisse au détriment de son fruit; soit à cause de sa trop grande puissance d'assimilation, soit parce que le fœtus ne possède pas une force absorbante assez élevée pour 8*emparer de la quantité suffisante de sucs nutritifs que la mère retient k son profit.
Cet état de choses tendrait a prouver que les femmes qui maigrissent pendant la seconde époque de la grossesse (à Texclusion de toute maladie, bien entendu), se trouvent dans les chances d'avoir des enfants gros et vigoureux ; les femmes qui prennent de l'embonpoint sont dans les chances contraires.
Plus le terme de la grossesse approche, plus la femme doit redouter les accidents et se montrer sage, réservée dans sa conduite. Non-seulement les moindres chocs extérieurs, les chutes, les plus petits excès dans le boire et dans le manger, les variations brusques de la température, etc., nuiraient au tetus; mais il est un autre ordre de causes morales qui ne sont pas moins dangereuses : les émotions
trop vives de joie ou de tristesse, les saisissements Ji Tespoir réalisé ou déçu, les craintes, les frayeun subites, etc., mais surtout la colère, la haine... csr la colère amène une exaspération des mouvemeou du cœur qui se communique sympathiquement i tous les organes ; le sang se porte à la tête, les pal* salions se multiplient ou se suspendent, les sécrétions augmentent ou diminuent, les muscles se contractent y le squelette tremble , Forganisme entier tressaille et frémit! il y a imminence de congestioi ou de rupture de quelques vaisseaux. Devant cette esquisse de la colère, on ne saurait douter que kl femmes emportées ne soient sujettes à une foole d'acx;idents dont les plus graves sont les hémom* gies utérines , Tavortement ; et , pour comble de malheur, la femme qui a fait une fausse couche le trouve dans la triste chance d'en faire d'autres sobeéquentes.
Nous jetterons ici quelques lignes sur ravortemefll et ses causes.
SECTION II
DE li'ATOKTElffEliV
OU PARTURITION AVAMT LE TERME NATOtlBL.
L'avortement est, comme on le sait, Texpolsioa du fœtus avant le terme fixé par la nature, c'est-^ dire avant qu'il ait dépassé révolution qui doit le rendre viable. Ainsi aue les jeunes fruits frappéi
de mort, stir la branche, tombent k la moindre semisse, de même le fœtus se sépare de la matrice lorsqu'il a cessé de vivre.
Les causes de Tavortement sont très-nombreuses ; on les distingue en causes morales et causes pby- ^ues.
Canses morales. — Sans dérouler la longue liste des causes morales, nous dirons que toutes les vives ânotions de Tàme, de joie ou de tristesse ; les accès de jalousie, de colère; les frayeurs subites, Icsgranée» surprises, les chagrins profonds ; les tristesses concentrées, la mélancolie, enfin toutes les passions qui dévorent la vie, tous les poids qui Pétouflent, peuvent provoquer Tavortement. Cela paraîtra trèsnaturel, si l'on réfléchit que la matrice est, chez la femme enceinte, Torgane qui domine toute Téconoflûe, celui qui rayonne sur tous les autres organes.
csaoses pbyMlqae*. — Nous nous bornerons k indiquer les principales. Age. — Les femmes féconds très-jeunes ou dans un âge avancé sont prédisposées à Tavortement. Chez les premières, la matrice ii'a pas encore atteint tout son développement; chez les secondes, elle a perdu de sa vitalité et de son ^ticité.
tempérament. — Les tempéraments portés h l*exces nuisent à la gestation. — Le sanguin est sujet MX congestions ; — le nerveux à une sensibilité ou-
trée, à rhystérie;— le bilieux , aux affections morales, à la mélancolie; — le lymphatique, k la flaccidité» ii h débilité.
i^« irêtement» trop serrés, les corsets (1) busqués, ce caprice insalubre de la mode, comme le disait Taccoucheur Gardien, sont le plus souvent la cause d'une grossesse laborieuse qui se termine, bêlas I par une fausse couche, ou, si l'enfant naitk terme, il est chétif, malingre et contrefait.
li'ailmentadoB, ou trop abondante ou ii santé et de mauvaise qualité, nuit également k b grossesse. On a vu des avortements par suite d'indigestion comme par suite d'abstinence.
liB Tie trop sédentaire ou trop aetlT^
l'existence efféminée du boudoir, l'abus des soirées, des bals, des théâtres, influent d'une manière fîcheose sur le développement du fœtus.
i:i*al»as des plaisirs irénériens est très-dange-
i^ux pour l'enfant, surtout dans les premiers mois et pendant le huitième et neuvième mois de la grossesse; l'irritation qu'ils font naître sur les organes génitaux de la femme, peut occasionner des perles ei
(i) Les femmes, au lieu de lire des romans, devraient, dans leur intérêt, prendre lecture de l'intéressant ouvrage intitulé: Hygiène de la 'poitrine et de la tailky où se trouve Tliistoire do corset et de ses mcouNémeiils, ^^m les moyens d'y remédier.
létruire les adhérences qui unissent le fœtus à la ma- Lrtce. Le spasme de la voluplé peut causer des contractions utérines qui arrêtent le développement du Hoetus et le rendent contrefait. Les médecins accouebeurs pensent que la fréquence du coït, pendant la grossesse, et particulièrement chez les femmes lasciveSy est une cause imminente d'avortement.
li*iiéré€llté, l*iiabltacle. — On a remarqué que les filles dont les mères ou grand'mères avaient a?orté plusieurs fois étaient prédisposées aux fausses couches : et il est rare que les femmes qui ont commencé le mariage par un avortement n'en ait point plusieurs autres subséquents ; la matrice parait conserver une tendance k répéter ce qu'elle a déjk fait.
Maladie» Interne* on générales. — Toutes
les maladies graves, qui attaquent la constitution jusque dans ses fondements, doivent faire craindre une parturition avant terme.
Mniaciie« locales. — Toutes les afTections de la loatrice, inflammations, hémorragies, névroses, altérations de son col; les flueurs blanches abondantes, les tumeurs, les meurtrissures, etc., sont autant de causes qui peuvent faire craindre un accouchement prématuré.
L'ingestion d'une boisson glacée, d'une glace, l'immersion des pieds dans Teau froide lorsqu'on est en moiteur; l'exposition des bras et de la poiirme h un
EDiio, nous signalons comme autant de eaus ortives, les vices de conformation du bassio, le pressions des vêtements, Tirritation du gros in la constipation opiniâtre et les efTorts réitéré! aller h la selle, les coups, les chutes, les esi violents ou le repos absolu, la danse, le chant, talion, la course, les fatigues excessives, les de voiture, les cris, les étemuments, les pan tîons, et généralement tout ce qui peut imprirr secousse k Téconomie. Parmi les causes d*avort< on doit encore ajouter la vie trop sédentaire, c< par exemple, la position assise devant un bure cofBptoir, une table, pendant la plus grande de fo journée. L'air confiné ou peu renouvelé < parlements dans la saison d'hiver; Tair ép:
veillées, à la campagne, sont aussi une cause ( tement, par la raison que l'oxygénation du sa incomplète. Les paysannes qui vont et viv ^randaif éprouvent beaucoup moins d'acciden
enlourera de tous les soins hygiéniques, de toutes s précautions propres h lui assurer une grossesse [empte d'accidents et un accouchement heureux.