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MAIGREUR

La maigreur consiste, non-seulemeot dans i'atroplîie du tissu adipeux, mais encore dans la diminution de voiume de tous les systèmes d'organes qui composent l'être vivant. Nous avons dit qu'elle était causée par un défaut d'équilibre entre les réparations et les pertes; or, toutes les fois que la somme des déperditions dépasse de beaucoup celle des réparations le corps maigrit, et la maigreur augmente en raison de la durée de cet état vicieux.

Il ne sera point question ici de cette déplorable maigreur causée et entretenue par des altérations organiques, telles que la tuberculisation générale, la phthisie, dont l'action lente, mais incessante, mine le corps et le réduit à l'état de squelette, avant de le précipiter dans la tombe.

Ces graves affections sont du ressort de la haute médecine qui, presque toujours, n'est point consultée à temps pour en arrêter les progrès mortels.

La maigreur, dont nous allons nous occuper, toujours compatible avec la santé, n'est, le plus ordinairement, entretenue que par la rapidité, l'énergie des mouvements de décomposition et la faiblesse de ceuxd'assimiliation, soit à cause de l'excessive irritabilité du tempérament, soit à cause de l'état moral de l'individu. Ainsi, les tempéraments nerveux, mélancoliques, les passions tristes, les vives contentions d'esprit, les veilles, les fatigues prolongées, les chaleurs excessives, les jeûnes, l'abstinence volontaire ou forcée, l'insuffisance de nourriture ou sa mauvaise qualité, l'abus des excitants, l'excès des plaisirs, etc..

sont autant de causes de maigreur qui peuvent être avantageusement combattus par les moyens hygiéniques. Ces causes étant détruites, la nutrition reprend son cours physiologique, et le système graisseux reçoit, comme les autres systèmes, sa portion de sucs nourriciers.

La maigreur est, pour la beauté, un ennemi encore plus redoutable que l'embonpoint, car si l'une grossit les formes, exagère, empâte les contours, l'autre les aplatit, les dessèche, et les réduit aux lignes anguleuses, qui caractérisent la laideur.

Dans aucun pays du monde, la femme maigre, montrant les saillies de sa charpente osseuse, n'éveilla le désir, n'inspira l'amour ; tandis qu'en Orient les femmes, matelassées de graisse, passent pour belles et sont trèsrecherchées. Nous mêmes, peuple civilisé, nous pardonnons plus facilement une exubérance de formes que le défaut opposé.

Tpaiteifiiesit. — Dans la maigreur qui ne dépend point d'une lésion organique, la première indication est de faire cesser la cause qui l'entretient et de soumettre le sujet à un

régime qui augmente les réparations et diminue les pertes.

Qu'une personne, par exemple, habituée à se nourrir de viandes noires, de haut goût, de mets fortement épicés, usant de boissons excitantes, vins secs, thé, café, etc., dépensant beaucoup en activité physique et intellectuelle, en veilles, en agitation morale, que cette personne , dis-je , change sa manière d'être et de vivre, qu'elle choisisse ses aliments parmi les substances grasses, gélatineuses, féculentes ; que ses boissons soient prises parmi les liquides chargés de principes nutritifs, comme la bière, le cidre, les vins doux; qu'elle accorde peu de temps à la veille et beaucoup au sommeil; qu'elle soit dans une parfaite quiétude d'esprit, en un mot, qu'elle donne beaucoup à la vie animale et fort peu à la vie intellectuelle ; sous l'influence de ce régime, continué pendant plusieurs semaines, il faut, nécessairement, qu'elle engraisse.

Les aliments les plus favorables à l'embonpoint, c'est-à-dire, ceux qui portent directement au tissu graisseux, leurs sucs nutritifs,

sont : — toutes les espèces de graisses, les viandes grasses et blanches, les gelées et les consommés de viandes, l'huile, le beurre, le lait, les fromages frais, les pâles féculentes et les légumes préparés avec beaucoup de graisse.

Les boûsons qui contribuent le plus à engraisser, sont le cidre et les vins doux, la bière, l'hydromel, î'hypocras, etc. On cite une foule de garçons brasseurs qui, entrés fort maigres dans une brasserie, y ont acquis un embonpoint remarquable; plusieurs même, d'un tempérament lymphatico-sanguin, sont , arrivés à l'état d'obésité, par le seul usage de la bière nouvelle. Les vins doux, les raisins et les figues produisent des effets à peu près semblables.

Un point très-important, c'est la variété dans l'alimentation, c'est-à-dire qu'il faut manger de plusieurs mets dans le même repas et, autant que possible, en choisir chaque jour de nouveaux, de façon que ceux qui sont mangés aujourd'hui ne reparaissent que trois ou quatre jours après. Une preuve que les organes de la digestion s'accommodent parfaitement de cette variété, c'est qu'un estomac

qui est (îevenu paresseux à digérer toujours les mêmes aliments, retrouve ses premières forces pour digérer des mets nouveaux.

Les repas ne doivent jamais être trop copieux ; il est préférable de manger trois fois par jour avec modération, que de manger deux fois trop copieusement. Une trop grande quantité d'aliments fatigue l'estomac; le travail de la digestion se fait péniblement et celui de la chymification reste imparfait, d'où il résulte une moindre quantité de cbyle.

Le régime de l'engraissement demande aussi quelques bains entiers d'eau tiède, des frictions sur la surface de la peau, avec une flanelle sèche ou imbibée d'un liquide excitant, tel que le vin aromatique; enfin, un léger purgatif, pris chaque semaine, pour débarrasser le canal digestif des saburres qui pourraient s'y être formées.

Nous venons de dire que les Orientaux préféraient les femmes grasses , énormément grasses, à toutes les autres. La beauté, pour eux, ne réside point dans la pureté des lignes, dans l'élégance des contours, dans la graveuse souplesse des mouvements ; ce sont des

masses de chair qu'il leur faut, ce sont des formes larges, rebondies, des poitrines énormes qu'ils rechercbeiît.

Nous fermeroDS ce chapitre par l'expositioD des moyens dont se servent les femmes de ces climats, pour obtenir cet énorme embonpoint, qui les rend si précieuses aux yeux des polygames d'Asie.

Les femmes des sérails et des harems, créatures indolentes, mènent généralement une vie douce et tranquille, lorsqu'elles savent se conformer aux règles de la maison, — leurs occupations se bornent à boire et à manger; à composer leur toilette, selon les goûts du maître, à prendre des bains et à s'endormir mollement sur de moelleux tapis. Elles se nourrissent de viandes blanches et de gelées de jeunes animaux, de riz, de fécules de sagou, de salep, de pilau aux raisins de Corinthe; elles boivent de l'hydromel, et font régulièrement, après le repas, une longue sieste. Exemptes de toute passion, de toute émotion pénible, elles passent, nonchalamment, leurs journées, au milieu des parfums et des tleurs.

Les bains fréquents et le massage, les onc-

lious huileuses, au sortir du bain, pour s'opposer aux pertes par la transpiration ; l'iiabitude de prendre des aliments et surtout des boissons nutritives dans le bain, tels que dalles, pistaches, olives, lait d'amandes douces et de noix de cocos ; l'usage de l'hydromel et du kalva, espèce d'électuaire, où il entre des amandes de ricin, qui excite l'appétit, active la digestion et purge doucement; eniîn beaucoup d'autres moyens, dont les détails deviendraient fastidieux, font, en peu de temps, acquérir à ces femmes, ce luxe de formes et cet embonpoint excessif qui leur vaut le titre envié de favorite (1).

(1) Pour les détails du hain des femmes d^un harem^ voyez notre Hygiène des Baigneurs, ouvrage où se trouve la description de toutes les variétés de bains usités chez les divers peuples de la terre. Prix : 2 fr., chez Moquet. libraire, rue de la Harpe, 90, à Paris.

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