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DE LA PÏÏYSIOGNOMONIE ET DE SES BASES

Dans nos divers ouvrages traitant de la beauté physique : Hygiène des Cheveux: — Hygiène du Visage et de la Peau ; — Hygiène des Pieds et des Mains, de la Poitrine et de la Taille; Hygiène de la Voix {sous presse), nous avons exposé les signes pliysiognomoniques fournis par chaque région, chaque partie et chaque trait du corps ; nous terminerons cet ouvrage par des aperçus qui donneront, au lecteur, une idée nette de la physiognomonie et le mettront à même d'en faire une application facile.

La iiliysiognonionie est l'art de connaître riiomme intérieur par l'homme extérieur, c'est-à-dire d'arriver à une juste appréciation de ses facultés, de ses sentiments et passions, par les signes, les qualités, les mouvements de son visage et des autres parties de son corps ; par son langage, ses gestes, son regard et toutes ses actions.

Depuis Aristote et Pline jusqu'aux immortels travaux de Lavater; et depuis ce dernier jusqu'à nos jours, l'immense série d'observations et d'applications physiognomoniques, faites par une foule de savants, ne laissent aucun doute sur la réalité de cet art. Mais, pour que le lecteur puisse en acquérir la conviction, nous lui découvrirons les bases solides sur lesquelles l'art physiognomonique est assis.

Il est désormais avéré que les idées, sentiments, passions et déterminations ne peuvent avoir lieu sans être accompagnés de mouvements dans les fluides et solides de l'individu, d'où il résulte que rien ne peut se passer à l'intérieur sans qu'il y ait réflexion, plus ou moins sensible à l'extérieur. Nos facultés

actives ont, à l'intérieur, des foyers où elles se développent , et à l'extérieur, d'autres foyers correspondant aux premiers. Ces seconds foyers, tels que les yeux, la bouche, le front, etc., sont autant de miroirs où les impressions morales viennent se réfléchir.

Pour bien étudier les signes physiognomoniques d'une passion, il faut choisir des sujets chez lesquels ces signes se montrent très apparents, par la raison que les mouvements extérieurs étant proportionnels aux mouvements intérieurs, l'énergie des premiers doit se trouver en rapport avec l'énergie des seconds.

Une fois que ces signes seront parfaitement connus, si l'on rencontre des sujets qui les offrent, il deviendra facile d'inférer qu'ils possèdent à tel degré, telle heureuse faculté, telle bonne qualité, ou qu'ils sont enclins à tel ou tel vice, selon l'énergie des signes. La succession et la réciprocité des mouvements vitaux, la sympathie ou retentissement d'un organe à l'autre, ne permettent pas de méconnaître ses relations intimes, qui existent entre le physique et le moral.

Pendant la première jeunesse, les organes et les tissus étant doués de souplesse et d'une grande élasticité, les signes passionnels résultants des contractions musculaires, s'effacent au^^itôt que le stimulant cesse d'agir ; mais à un âge plus avancé, ces contractions, étant souvent renouvelées, les traits tirés par elies reviennent plus difficilement sur eux-mêmes; une légère empreinte commence à se montrer. Bientôt les rides se forment et, en peu de temps, des sillons indélébiles se creusent sur la peau du visage. Alors, c'est en vain que Fégoïste et l'avare cherchent à faire croire à leurs libéralités, à leur dévouement ; que l'être vicieux parle de ses vertus ; le poltron de son courage, l'orgueilleux de sa modestie; l'histoire de leur vie est ineffacablement écrite sur leur face, le physionomiste y lit toutes les hontes, les turpitudes, toutes les basses passions qui les ont dévorés et dégradés.

Les oppositions et comparaisons de forme, d'expression, d'allure, de mouvements de certains animaux avec la physionomie et les actions de l'homme, fournissent des indica-

tioDS très précieuses que Camper a parfaitement démontrées. Ainsi, il est rare que les hommes, dont la physionomie a quelque rapport avec celle du Tigre, du Lion, du Bouc, du Singe, du Mouton, etc., n'offrent pas des penchants qui se rapprochent des instincts de ces animaux. Etudiez cet individu h la figure de chat, vous le trouverez hypocrite et perfide; cet autre, à la figure de renard, sera fin, rusé, trompeur. — Le cri retentissant de l'àne ressemble assez à ces grands éclats de voix de certains orateurs, dont la seule éloquence réside dans la force de leurs poumons. Les mouvements du dindon, faisant la roue, peuvent aussi être comparés aux mouvements circulaires de ces fats insipides qui mendient, sur les boulevards ou dans les soirées, une sotte admiration et quelques applaudissements pitoyables.

Ainsi donc, d'après les démonstrations qui précèdent, la valeur réelle des signes physiognomoniques, ne saurait être révoquée en doute ; mais il ne serait ni sage ni rationnel de croire à leur infaillibilité, et de juger, en dernier ressort, des qualités bonnes ou mau-

vaises des individus, de leur accorder ou de leur retirer sa confiance sur l'autorité de quelques signes. Sans doute, la physiognomonie apprend à connaître, assez vite, les personnes qu'on fréquente, sans être obligé d'attendre Texpérience ; elle découvre ou fait pressentir leurs qualités bonnes ou mauvaises, leurs penchants au bien ou au mal. Néanmoins, on ne doit jamais asseoir son jugement sur un seul signe, car plusieurs signes sont nécessaires pour tirer une conclusion, et encore ne conclura-t-on pas de ces signes aux intentions dernières, mais seulement aux penchants et inclinations qui dérivent de l'organisation générale.

Telle est la réserve qu'on doit mettre dans l'induction physiognomonique pour éviter les regrets inséparables de l'erreur.

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