‹ Hygiène généraleChapitre 4 sur 27 · DE LA BEAUTE SELON LES SEXES · texte numérisé non relu

DE LA BEAUTE SELON LES SEXES

La beauté physique ne saurait être la même pour l'un et l'autre sexe : les caractères qui la constituent chez l'homme, doivent être différents de ceux qui la déterminent chez la femme.

Uhomme présente une charpente osseuse solidement construite, un système musculaire fortement accusé ; il a dé robustes épaules, une poitrine large et carrée, le ventre applali, les hanches étroites, les bras et les jambes bien musclés et leurs extrémités tendineuses.

Les traits de son visage sont empreints d'une mâle énergie; son regard est fier, sa voix pleine et sonore, sa démarche assurée, en un mot, l'ensemble de son organisation annonce la force et la vigueur.

La femme offre une constitution plus délicate ; sa charpente osseuse est moins forte, moins élevée, son système musculaire moins développé que celui de i'iiomme : son tempérament est plus humide et son organisation pîus impressionnable. La douceur de sa voix, la chasteté de son regard, l'aménité de son sourire annoncent un être timide et tendre, aimant et dévoué. Sa peau satinée recouvre d'attrayantes formes; sa poitrine recèle de précieux trésors; sa tailie est ravissante ! La femme a les flancs larges, les hanches évasées, le ventre arrondi, les bras et les jambes délicieusement tournés ; lout est contours suaves, lignes ondoyantes; tout est gracieux et charmant, tout séduit dans sa personne.

C'est surtout dans Forganisation féminine qne la nature déploya un luxe de charmes, une profusion d'attraits. Suivez de l'œil les lignes qu'offre le beau corps d'une vierge de

vingt ans ; ces lignes vous les verrez naître, onduler et se perdre insensiblement, de manière à ménager la délicatesse des contours et l'élégance des formes. La ligne qui descend du cou s'arrondit aux épaules afin d'adoucir l'emmanchure des bras; elle glisse sur les côtés de la poitrine, se resserre à la taille et s'élargit au bassin pour laisser un champ libre à la reproduction de Tespèce ; de là elle descend aux genoux et, après s^être renflée aux mollets, elle s'amincit au bas de la jambe, se recourbe encore aux talons et va se perdre à l'extrémité des orteils. Partout la ligne ondule délicieusement sur ce beau corps ; partout elle glisse sur des surfaces veloutées, multiplie ses molles inflexions, s'égare et disparaît eu de volupteux interstices. Si, pour examiner les traits plus en détail, vous remontez à la tête, vous admirez d'abord cette longue ef magnifique chevelure qui, à elle seule, vaut les plus riches ornements. Vous apercevez dans les yeux un volupteux mélange de désirs, d'amour et de langueur, et sur cette bouche, qu'embellit le sourire, vous devinez une promesse de bonheur ; car, ainsi que la

lîeur, sur le rameau, promet un fruit, de même le sourire sur la bouche promet un plaisir ; et le plaisir, comme l'a dit un savant , est à la matière vivante ce que la gravitation est à la matière inerte. Quand vous arrivez à la région pectorale, où s'arrondissent deux charmants hémisphères, délicieux banquet dressé d'avance pour un convive à naître, votre œil en caresse involontairement les suaves contours et vous éprouvez l'irrésistible pouvoir de leurs charmes. Et puis, le poli, la blancheur de sa peau, la douceur de sa main dont le contact vous fait tressaillir ; la souplesse de sa taille, la grâce de ses attitudes, la légèreté de sa démarche, la délicatesse de ses pieds qui semblent n'être faits que pour fouler des tapis ou des fleurs, tout annonce dans la femme im être essentiellement fait pour plaire et charmer, pour aimer et être aimé. La beauté de l'homme, fût-elle absolue, elle serait encore inférieure à celle de la femme qui semble être sortie des mains de la nature comme une œuvre d'amour ; enfin toutes les richesses de la forme et des couleurs, toutes les poésies de l'organisation lui ont été prodiguées pour

qu'elle fut la plus belle des créatures vivantes.

Le sexe fort, qui doit protéger, a été taillé à Tangle ou au carré, et le sexe faible à la courbe, parce que cette dernière conformation était propre à cbarmer les sens et à faire naître les désirs. Dans ces deux organisations différentes, le but de la nature est facile à reconnaître ; il était nécessaire que la beauté gracieuse d'un sexe inspirât de l'amour à l'autre pour l'attirer et le fixer ; car, l'indifférence eût été la mort, le néant !

Placé devant les deux tableaux que nous venons d'esquisser à grands traits, le lecteur s'apercevra facilement que l'homme aux formes arrondies, molles délicates, et la femme aux saillies osseuses et musculaires, à la taille épaisse, au bassin étroit, au visage ombragé de poils, seront, l'un et l'autre, des êtres bibrides, également éloignés du beau fondamental.

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