DESCRIPTION
DES RÉGIONS Eî PROPORTIONS DU CORPS HUMAIN.
Les développements que nous avons donnés à la question générale de la beauté ne sont que les prolégomènes de la question de détail qui devrait enbrasser, avec l'anatomie superficielle du corps entier, une foule de considérations relatives à la direction, au volume, proportions, rapports, symétrie, attitudes, expression, etc., etc., question que nous ne pouvons traiter à fond dans le cadre étroit de cet ouvrage. Nous nous bornerons donc à ime description rapide et sommaire de chaque
région , de chaque organe extérieur , de chaque trait, selon les règles de l'art, en renvoyant, toutefois, les lecteurs plus spéciaux, à l'excellent traité d\4natomie des Formes du professeur Gerdy.
D'après les proportions offertes par les plus beaux modèles et adoptées par l'art, le corps de l'homme doit avoir huit têtes ou faces de hauteur, et celui de la femme sept seulement.
La 1^^ Du sommet de la tête au menton.
La 2°ïe ])q menton aux mamelons.
La 3"^^ Du mamelon au nombril.
La 4™^ Du nombril à la bifurcation du tronc.
La 5™^ De cette bifurcation au milieu de la cuisse.
La 6°*^ Du milieu de la cuisse au genou.
La 1^^ Du genou au milieu de la jambe.
La 8™6 Du milieu de la jambe à la plante des pieds.
La tête se divise en quatre 'parties :
La P^ Commence au sommet de la tête et se termine à la naissance des cheveux.
La 2"*? Descend jusqu'à la naissance du nez.
La S^^ Comprend le nez entier, du sommet à la base.
Lr 4™6 Part de la base du nez et arrive à l'extrémité du menton.
L'œil doit avoir un module de longueur. (Le module est la moitié d^une des 4 divisions de la tête.) De la paupière supérieure au sourcil, un demi-module. L'espace compris entre les deux yeux , c'est-à-dire la distance d'un point lacrymal à l'autre sera de la longueur d'un œil.
Le nez aura deux modules de longueur et un de largeur; la narine un demi-module dans sa longueur et 1/3 dans sa largeur.
La bouche, d'une commissure à Tautre, aura un demi-module et sera fendue à un demi-module de la base du nez.
L'oreiile sera placée dans la même division qu'occupe le nez et aura la même longueur.
Les pieds et les mains présenteront une tête de longueur également divisée en quatre parties égales.
Dans un corps bien proportionné, les mesures suivantes indiquées se trouvent être d'une justesse remarquable.
— oo —
Cinq fois le diaraètre de la poitrine, d'une aisselle à l'autre, équivalent à la hauteur du corps.
Dix fois la longueur de la main donnent également la taille de l'individu.
La distance qui existe de l'extrémité du doigt médius droit à l'extrémité du médius gauche, les bras étant étendus en croix, fournit exactement la hauteur du corps.
Le centre de la figure humaine se trouve à la symphise du pubis. De ce point, le corps se divise en deux parties égales, comprises dans deux cercles égaux. Le centre du cercle supérieur est placé au point correspondant à la base du cœur; le centre du cercle inférieur se trouve à la jointure du genou.
La même symétrie existe pour les bras étendus : Une pointe du compas étant placée sur le plis du bras droit et l'autre portée ii l'extrémité du doigt médius , on décrira un cercle dont le diamètre atteindra le milieu de la poitrine. Si l'on fait la même opération pour le bras gauche, il en résultera deux cercles parfaitement égaux qui auront leur point de contact au sommet de la poitrine.
Tête, — La tête, cette portion la plus noble de l'être humain, qui renferme les précieux organes des facultés intellectuelles, ne jdoit être ni grosse ni petite, ni trop allongée ni trop ronde. Selon Praxitèle, Phidias, Polyclète et Lysippe, ces grands maîtres de l'art plastique, et d'après nos grands anatomistes modernes, le plus grand diamètre de la tête se mesure du front à l'occiput; le diamètre latéral, d'une tempe à l'autre, est plus petit. La hauieur du visage, mesurée du sommet du front à la base du menton, doit être égale à la distance comprise entre les deux extrémités temporales des sourcils , c'est-à-dire que, si l'on place le bout d'un fil sur l'arcade sourcilière droite, au point où se termine le sourcil, et qu'en suivant la convexité du front, on le conduise au point où finit le sourcil opposé, on devra obtenir une mesure absolument semblable à celle qui existe du sommet du front h la base du menton.
L'ovale du visage, reconnu le plus gracieux, le plus séduisant dans ses contours, est celui qui, partant du menton, va, en s'élargissani peu à peu, limiter le sommet du
front par un arc de cercle. La plus grande largeur de l'ovale est au-dessus de l'arcade soiircilière ; cette disposition ouvre la figure et lui donne quelque chose de majestueux. L'ovale de la femme doit être moins évasé en haut que celui de l'homme, et s'épanouir doucement vers le point correspondant aux commissures de la bouche, de manière à mieux détacher le menton.
La beauté du front ne consiste pas seulement dans sa forme et son étendue elle dépend aussi de sa régularité, de ses proportions et rapports avec les autres parties du Tisage. Tout le monde sait que les dimensions de la table osseuse du front donnent la mesure de nos facultés intellectuelles et que les diverses dispositions qu'affecte la peau frontale décèlent les mouvements de l'âme, le calme ou la violence des passions.
Sur un front large, élevé sont inscrits l'intelligence et le génie, lorsque les lignes, partant des sourcils, vont se perdre en courbes insensibles sur les tempes, c'est le front de Minerve. Si le front est moins élevé, moins large, mais plus empreint de douceur, de
grâces, de tendresse, c'est le front de Vénus. Les yeux, ces brillants miroirs où viennent se réfléchir toutes nos affections morales, composent le trait îe plus expressif du visage. Ils doivent être fendus sur une ligne horizontale- La limpidité de l'iris et la blancheur azurée de la cornée opaque sont deux conditions indispensables à la beauté de l'organe. Les yeux noirs ont plus de vivacité, recèlent plus de feu ; ce sont d'ardents foyers d'où jaillit la rapide étincelle qui dévore et consume. — Les yeux bleus sont plus tranquilles, ils revêlent la riante couleur des ci eux et se meuvent chargés de tendresse et de molles langueurs. — ■ Des sourcils nettement dessinés font ressortir la beauté des yeux et ajoutent à leur puissance; forts et touffus à leur naissance, ils doivent aller mourir près de la tempe en une pointe fine mais bien marquée. — Les sourcils trop épais, trop arqués sont durs ; ceux qui gardent une ligne presque droite, donnent au visage quelque chose de plus ouvert, de plus attrayant. — De longs cils implantés régulièrement au bord libre des paupières et parfaitement isolés les uns des autres, sont
indispensables aux charmes du regard. Les yeux, ainsi encadrés, possèdent un attrait irrésistible, leur muet langage est souvent plus expressif, plus éloquent que l'harmonieuse parole.
Les JoMes n'ont point d'expression par elles-mêmes, et cependant elles concourent puissamment à la beauté du visage ; leur parfaite' symétrie de rondeur et de couleur , l'harmonie des courbes qui vont se perdre dans la dépression formée par les branches de la mâchoire est indispensable au moelleux de leurs contours; des joues trop pleines ou trop rouges sont aussi désagréables que des joues trop maigres ou trop pâles ; celles qu^arrondit un juste embonpoint, et dont la peau satinée est légèrement teintée de rose, sont réputées les plus belles. La Ugne courbe qui limite la joue et s'étend de l'aîle du nez au menton, doit être délicatement dessiné afin de donner au visage la grâce et l'expression.
Le nez est la partie la plus saillante du vidage ; sa longueur doit être égale à celle du front et sa grosseur proportionnée aux traits de la face; il devra offrir une légère dépres*
sion à sa racine ; son épine, gardant la ligne droite, se renflera à la partie moyenne et partagera la face en deux parties exactement semblables ; sa cloison surplombera la gouttière de la lèvre inférieure. Les narines les mieux faites sont médiocrement ouvertes, arrondies en arrière, légèrement cintrées à leur partie moyenne et terminées en pointe mousse. Le contour intérieur des narines exige une grande correction. Enfin, dans le profil, le bas du nez n'aura qu'un tiers de sa
longueur.
La Ss©ai®ii©, ce charmant asile du sourire, ce précieux organe de la parole qui, en état de repos ou dans la variété de ses mouvements, dépeint les affections intimes et le caractère , la bouche se présente comme un des traits principaux de la face. Son ouverture doit être de grandeur médiocre ; sa forme la plus agréable est celle d'un arc détendu, si poétiquement comparé, par les anciens artistes Grecs, à l'arc de l'amour. Deux lèvres fraîches et vermeilles iront confondre leurs lignes aux deux coins ou commissures de la Jîouche; cette fusion des lignes labiales sera
d'une délicatesse extrême afin de bien dessi^ ner le gracieux enfoncement où se cache l'essaim des ris, en attendant que le plaisir leur donne l'essor. Enfin, des gencives fermes el vermilionnées, laissant sortir des dents blanches et bien rangées, sont les traits les plus remarquables d'une jolie bouche.
La houppe du s2î®Baf©5i délicatement ar^ rondie doit être recouverte d'une peau lisse, exempte de fronces ou de fossette ; car la fossette qui creuse certains mentons, est, d'après le bon goût, une imperfection.
Le e®ia, véritable pivot de la tète, doit avoir deux longueurs de nez ; sa circonférence aura deux fois la circonférence du poignet. Un cou trop gros ou trop mince est disgracieux : trop long, il isole la tête du reste du corps ; trop court, il la confond avec le sommet de la poitrine et semble apporter de la gène dans les mouvements de la tête. Un cou dégagé, mince en haut, plus large à son union avecles épaules, d'un blanc uniforme, sans empreintes tendineuses trop prononcées, réunit toutes les conditions de beauté.
Les ëisGiMies doivent être charnues, égakf^
eu hauteur, bien effacées, dégagées du cou e^ présenter deux courbes insensibles qui, partant de rarticulation de l'omoplate, vont se perdre dans la gouttière formée par l'épine dorsale. Les épaules, larges et robustes chez l'homme, sont plus étroites et plus potelées chez la femme; recouvertes d'une peau blanche, unie, et riches de lignes ondoyantes, elles sont une des parties les plus attrayantes de l'organisation féminine.
La p®itî*iiae se présente comme la région la plus large du corps ; elle est carrée chez l'homme robuste et bien fait ; les femmes l'ont plus étroite, mais plus séduisante.
Les geiai® ! organes charmants , chastes trésors sur lesquels l'œil s'attache malgré lui, les seins placés ni trop haut, ni trop bas, doivent naître d'une large base et conserver toute la pureté de la forme hémisphérique, lis seront recouverts d'une peau satinée; fermes dans leurs contours, ils devront offrir à la pression une résistance élastique; un mamelon frais, érectile et propre à remplir le but de la nature, couronnera leur sommet. La distance d'un mamelon à l'autre sera la
même que ceile qui existe d'un mamelon à la fossette de la clavicule. La gouttière intermammaire, c'est-à-dire l'espace qui sépare les deux seins, équivaudra à la largeur de l'un de ces organes; enfin, ils ressembleront à ceux de la Vénus de Médicis, type luxuriant de beauté féminine.
Il faut que les feras soient bien attachés aux épaules, égaux en longueur, musculeux et tendineux chez l'homme ; lisses et sans la moindre dépression musculaire chez la femme . Les ©oafltles seront arrondis et les lignes qui en partent ne devront éprouver aucune déviation jusqu'au poignet.
La iMsais^, chez la femme, doit naître insensiblement de l'avant-bras; elle sera allongée, blanche, potelée, armée de doigts bien articulés, effilés vers le bout, garnis d'ongles cintrés, roses et transparents. Quoique forte et tendineuse, chez Fhomme, la main doit conserver les mêmes proportions.
L'homme , taillé en Apollon , offre un toassHBt étroit, des cuisses musculeuses, fortes, bien tournées et dont la forme va en s'amincissant jusqu'au genou. La saillie de^
muscles du asawllet doit être bieri prononcée, sans cependant se terminer par une brusque dépression. Solidement attaché aux malléoles ^ le pied ni trop long ni trop court, ni trop large ni trop étroit, doit présenter du talon à la naissance des orteils une légère voussure.
La femme doit offrir un bassin large ^ ' évasé, une taille élancée, douée de souplesse dans tous ses mouvements ; une croupe richement prononcée formant avec la taille une légère cambrure ; des jambes arrondies, un genou rond et peu sensible ; des mollets suavement développés, dont les courbes délicates vont se perdre un peu au-dessous des malléoles ; le bas de la jambe fin, délié ; les pieds petits, étroits, avec des orteils bien gradués complètent les traits d'une beauté parfaite, selon l'art.
L'harmonieux mélange des couleurs mis en. seconde ligne par les artistes comprend les diverses teintes que revêtent les organes : l'incarnat des lèvres, le rose des joues et des ongles, la nuance des cheveux et de la barbe, la fraîcheur de la carnation, la blancheur et la transparence de la peau, etc., etc. La cou-
leur nous semble être le complément de la beauté matérielle, car, non-seulement elle sourit aux yeux, mais elle annonce un sang pur, une organisation riche de force et de santé. Des traits fins, délicats, encadrés dans un délicieux ovale, mais recouverts d'une peau terne et sans chaleur, inspirent un regret involontaire ; c'est dommage, pense-t-on, que les charmes d'une aussi belle figure soient cachés sous une aussi laide enveloppe.
Une fraîche couleur sert avantageusement la beauté ; on oublie les imperfections que les traits peuvent présenter pour ne penser qu'au délicieux contact d'une peau lisse et veloutée.
Nous ne parlerons pas ici de la cosmétique appliquée à l'embellissement de la peau, cette partie a été traitée d'une manière toute spéciale dans V Hygiène du Visage et de la Peau, ouvrage enrichi d'un •formulaire cosmétique auquel nous renvoyons le lecteur. Les femmes trouveront dans ce formulaire mille moyens rationnels de donner à leur peau la souplesse, le poli et la fraîcheur ainsi que les procédés les plus simples pour redresser et embellir lei traits du visage.
Une belle statue, réunissant toutes les perfections de formes, attire l'admiration, mais Fien que l'admiration ; il en est de même de l'être humain lorsqu'il manque d'expression : on dit c'est une belle statue. Mais, lorsque cette beauté matérielle s'anime par la grâce et l'expression, alors cette admiration se change en amour et l'on s'incline pour l'adorer. L'expression et la grâce, ces deux qualités essentielles de la beauté, résident dans les diverses poses, attitudes et mouvements physionomiques, et complètent ce que nous avions à dire sur la beauté parfaite. Or, l'homme et la femme, qui possèdent les qualités de formes et d'expression, méritent des hommages, parce que la beauté physique marche généralement avec la beauté morale; parce que ces deux beautés constituent la perfection et que la perfection est l'attribut de la divinité.