ORGANISATION DE L'ÊTRE HUMAIN
Constitution , Con&ple^^ion ^ Tenifiérsftnaent.
Avant de parler des applications dé l'hygiène au corps humain, il est naturel de donner une idée générale de son organisation.
Le corps humain est la machine la plus compliquée, la plus admirahle qui existe et fonctionne sur le globe terrestre. Considérée sous le point de vue matériel, cette machine réunit en elle les principaux moyens de la physique et de la chimie, il s'y fait continuellement des décompositions et des recomposi-
— estions chimiques, des opérations de mécanique, d'hydraulique, de statique, etc., et la vie, cet agent insaisissable, en fait mouvoir les innombrables ressorts.
Au point de vue psychique, Têtre humain n'est pas moins admirable, mais il fuit incessamment devant le penseur qui le poursuit, et les obscures notions que nous pouvons en avoir reposent sur des théories plus ou moins ingénieuses qui n'ont ancun degré de certitude. Il n'est point donné à l'homme de dépasser les Umites posées à son intelligence.
Cî©BistittBti©aa îa^Mi^iiae , s'entend de l'état général de l'organisme ; elle embrasse tous les éléments, tous les systèmes de l'économie vivante. Lorsque ces éléments et ces systèmes sont bien développés et en parfaite harmonie entre eux, la constitution est belle, robuste, saine; dans le cas contraire elle est frêle chétive ou vicieuse: Néanmoins, il es! bon de faire observer que, lors même que la plupart des systèmes d'organes seraient dans des conditions favorables de développement et de vitalité, s'il y avait discordance entre «ux, la constitution serait plus ou moins vi-
cieuse. Ainsi, il n'est pas rare de voir desêtres robustes, en apparence, dont la santé se dérange sous la plus petite influence morbide, tandis que des êtres d'un extérieur grêle et presque valétudinaire traversent impunément ces mêmes iuSuences.
La eassstittati^^M présente diverses modifications auxquelles les physiologistes ont donné les noms d^ organisations ^ complexion, tempérament, idiosyncrasie,
€lpgaaîigati®Bî veut dire structure des tissus, développement et dispositions des organes : elle est bonne ou mauvaise, riche ou pauvre.
CoisaplexioEi indique le résultat général de toutes les fonctions de l'économie ; elle est forte ou faible, robuste ou délicate.
Le corps humain renferme quatre grands systèmes : le sanguin, le bilieux, le nerveux et le lymphatique; la dénomination de tempérament a été donnée à la prédominance de l'un de ces systèmes sur les autres.
La prédominan^ce saBigtame, caractérisée par l'activité de la circulation rouge, par la richesse des vaisseaux capillaires artériels qui
donnent au visage une couleur vermeiile, constitue le tempérament sanguin.
La prédominance fenMeaase, manifestée paf l'énergie du système gastro-hépatique qui, sécrétant une quantité notable de bile, donne à la peau une teinte plus ou moins jaunâtre, constitue le tempérament bilieux.
La prédominance Baer^ ©use, annoncée par l'exquise délicatesse du système nerveux, par la grande sensibilité de l'individu, par son excessive impressionnabilité, constitue le tempérament nerveux.
La prédominance lyBsaplftatiiitfie, due au développement des ganglions et des vaisseaux blancs , d'où résulte une proportion considérable de lymphe et de sérosité, constitue le tempérament lymphatique.
On nomme tesaipeFaEiaesits coBtipo@és ceux qui semblent réunir deux tempéraments; ainsi le bilioso-sanguin ^ tient du tempérament bilieux et du tempérament sanguin; — le nervoso-lymphatique du tempérament nerveux et lymphatique, etc.
Enfin, on appelle idiosyncpasie la prédominance d'action d'un organe ou d'un ap-
pareil d'organes, et cette disposition particulière qui fait que chaque individu a une ma-^ nière propre de sentir et d'être influencé. Exemple : plusieurs personnes sont en même temps exposées à un courant d'air froid ; l'une éprouvera des coliques, l'autre un rhume, celle-ci une douleur rhumatismale, celle-là un mal de gorge, etc. La défaillance à la vue d'une souris, d'un reptile, d'une araignée; la répugnance invincible pour tel aliment, telle boisson, etc., tous ces différents modes de sentir et d'être affecté ont reçu le nom d'idiosyncrasie.
Les tempéraments ont donné lieu à des rapprochements ingénieux entre les âges, les saisons et les climats. Ainsi , le tempérament sanguin a été comparé à l'âge adulte, à la jeunesse, à l'amour, aux climats chauds. — Le bilieux annonce la virilité, la colère, la méditation, l'automne, les climats brûlants. — Le nerveux, une sensibilité outrée, les impressions vives, incessantes, les journées vaporeuses du printemps. — Le lymphatique est rapporté à l'enfance, aux femmes, à la crainte, aux jours et aux climats humides.
A l'idiosyncrasie méîancoîique on oppose la vieillesse, la méfiance, la tristesse, l'hiver et les climats froids. Le lecteur trouvera dans V Histoire des Métamorphoses humaines (1) une intéressante description pliysionomique des quatre principaux tempéraments,
Certaines susceptibilités sont attachées aux tempéraments; ainsi les sujets à peau brune, à cheveux noirs sont moins impressionnables aux vicissitudes atmosphériques et aux fatigues que les personnes à peau blanche et à cheveux blonds; ces dernières sont aussi plus sujettes aux scrofules, à l'obésité, etc.
L'hygiène doit tenir compte des tempéraments et des idJosyncrasies dans l'application de ses moyens, car, ce qui est utile à l'un pourrait devenir nuisible à l'autre. Ainsi, nous avons vu des lotions d'eau savonnule qui, sur une peau ordinaire, n'ont aucun inconvénient, développer une irritation assez vive sur la peau d'une femme nerveuse et très-irritable. Ce fait, entre mille autres , prouve l'importance que l'on doit attacher à la connaissance du tempérament.
fl) Histoire des Métamorphoses humaines, 1 gros vol., orné de 12grav. Prix : 3 fr 50 c.