‹ Hygiène généraleChapitre 7 sur 27 · DE L'HEREDITE · texte numérisé non relu

DE L'HEREDITE

Ou TransmissÂons béréditaires des qualités de constitvation et d'organisation bonnes ou mauvaises •

Nous avons déjà dit dans V Hygiène du Mariage (2^ édition) que l'hérédité physiologique était la transmission, par voie de génération, des qualités physiques, bonnes ou mauvaises, des êtres qui engendrent aux êtres engendrés. Il est, dés-lors, facile de concevoir quel rôle important jouent les père et mère dans cette circonstance ; aussi, la raison

et la moralité leur recommandent-ils d'avoir recours aux moyens hygiéniques et médicaux, propres à combattre et à détruire les vices, imperfections et maladies dont ils peuvent être affectés, avant de s'unir et de se livrer a l'acte de la procréation.

Quoique l'hérédité soit généralement sujette à une foule de variations et d'irrégularités, qui tantôt la rendent fort apparente et tantôt très-obscure, il arrive trop souvent encore que certains vices de constitution et de formes se transmettent avec une affligeante similitude.

Les transmissions héréditaires les moins variables sont celles du type physique ou conformation extérieure ; celle des traits, de la coulem% etc., d'où résultent les ressemblances de race, de nation, de famille. — Les peuples méridionaux sont, en général, d'un tempérament sec et bilieux ; les nations qui habitent les climats tempérés sont d'un tempérament sanguin, et chez les peuples septentrionaux le tempérament humide ou lymphatique domine. Cette distinction des tempéraments, selon le degré de latitude et le climat, se re-

marque en France parmi les habitants des villes méridionales, du centre et du nord.

La conformation qui dépend des dimensions de la charpente osseuse et du système musculaire se transmet assez régulièrement. — L'hérédité des traits physionomiques offre plus d'irrégularité; mais lorsqu'elle fait défaut, on rencontre presque toujours ce qu'on appelle des airs de famille.

A Athènes et à Corinthe la beauté du visage, l'élégance des formes, la pureté du langage se perpétuaient dans certaines familles. Alcibiade, le plus beau et le plus aimable des Grecs de son temps, descendait d'aïeux remarquablement beaux. La célèbre Laïs de Corinthe avait hérité des attraits de sa mère, (i) A Sparte, c'était la santé robifete, les traits mâles, la haute stature que les pères transmettaient à leurs enfants. A Kome, il existait des familles chez lesquelles un gros nez, de grosses lèvres étaient héréditaires, ce qui leur avait fait donner le surnom de nasones, labeanes. Chez nous, les sobriquets de bancal,

(1) Voyez les Perfecl'wns de la femme, ouvrage des plus agréables à lire.

hancroche, louche, camardy etc., sont restés à des familles dont plusieurs membres, de père en lils, ont été affligés de ces imperfections.

Les vices de conformation, les mutilations, les monstruosités se transmettent assez souvent. Les becs de lièvre, les affections cutanées, les vices de prononciation, la myopie, etc., poursuivent opiniâtrement certaines familles et ne les abandonnent qu'après une longue suite de générations. — Les mutilations accidentelles, éprouvées par les parents, se transmettent plus rarement; on cite cependant plusieurs exemples remarquables de ces sortes de transmissions. — Blumenbach a rapporté l'observation d'un ouvrier qui, s'étant abattu deux doigts de la main d'un coup de hache, donna, plus tard, le jour à deux enfants présentant la même mutilation. On cite des familles sexdigitaires , chez lesquelles presque tous les enfants naissaient avec six doigts. — Les oreilles longues et mal faites se perpétuent dans quelques familles , de même que les grandes bouches dans quelques autres.

L'hérédité des maladies n'est plus en litige; l'expérience de tous les jours prouve que le germe de certaines maladies se transmet avec une persévérance désolante pour l'humanité. Ainsi, le rachitisme, les scrofules, la phthisie, l'épilepsie, etc., etc., sont imminents pour les enfants issus de parents atteints de ces intirmités.

Il existe divers moyens de combattre les vices liéréditaires soit avant, soit après leur développement ; nous renvoyons le lecteur à notre ouvrage de VHijgiène du Mariage (2^ édition), où cette question est traitée avec tous les détails qu'elle mérite. On y verra que la beauté physique, cette grande et précieuse qualité de la forme humaine, si recherchée des anciens peuples, se transmettrait aussi facilement que les vices et les difformités, si l'association matrimoniale se faisait d'une manière plus conforme au but de la nature ; si les époux savaient bien se diriger avant la fécondation, et surtout si la femme adoptait Je plan de vie et de conduite exposé tians

V Hygiène du Mariage (1) dont nous venons de parler. La théorie de la procréation callipédique, c'est-à-dire, l'art de procréer de beaux enfants, dont traite cet ouvrage, est claire, simple, logique et d'une facilité d'exécution qui devrait la vulgariser.

Un mot sur Tliérédité intellectuelle : cette hérédité n'est pas plus contestable que les autres ; il est reconnu que les parents doués d'une bonne organisation cérébrale, d'un esprit naturel ou cultivé par l'éducation, engendrent plutôt des enfants capables que les parents ignorants et stupides. On compte beaucoup de familles qui, de génération en génération, ont fourni des sujets de grande capacité, de haute intelligence; tandis que dans d'autres familles, l'esprit borné, l'idiotisme, Timbécillité, l'abrutissement se perpétuent de père en fils.

Les moyens de remédier à l'hérédité des

(1) Hygiène du Mariage, ouvrage des plus intéressants et des plus utiles, indiquant les moyens de perpétuer les bonnes qualités dans la famille, et d'arrêter, de détruire les mauvaises. Cet ouvrage, véritable guide des époux, donne l'explication des mystères de la génération et de la procréation probable des sexes à volonté.

— novices intellectuels, se trouve dans l'éducation du cerveau. Cet organe est aussi susceptible d'éducation que les autres organes du corps ; l'exercice qu'on lui imprime modifie profondément ses fonctions. Au point de vue phrénologique, le cerveau étant composé de vingtsept organes distincts , il s'agit de favoriser, d'accroître, par des exercices appropriés, le développement de ceux de ces organes qui languissent, et de diminuer, par le repos, le volume, l'énergie de ceux dont l'accroissement se fait au détriment des premiers. Ainsi, l'agent propre au développement d'un organe est son excitant fonctionnel ; la soustraction de cet excitant en arrête le développement.

Telle est la base sur laquelle est assise l'éducation cérébrale. Quant à l'énumération des exercices cérébraux et à leurs diverses applications, elles ne sont point du ressort de notre ouvrage; c'est dans un traité spécial d'bygiène, ou dans un traité de phrénologie appliquée à l'hygiène qu'on pourra les étudier avec fruit.

Page 1