AGRÉABLES ET DÉSAGRÉABLES
Moyeias de coE*rBger les attitudes
vicieissese
Les attitudes déterminées par nos mouvements volontaires, soit pendant la station, soit pendant la locomotion, sont pour le torse et les membres ce que l'expression physionomique est au visage ; elles se trouvent si in- I timément liées aux affections de l'âme qu'elles peuvent suppléer au langage pour rendre avec i énergie ces affections. Réglées par Tart, les attitudes ajoutent à l'harmonie des formes, à la régularité des proportions et aux charmes
— sodé la beauté. Un mainlien noble, assuré, des poses gracieuses, des manières prévenantes, une présentation facile et dégagée de toute affectation constituent un ensemble d'attitudes d'un effet si puissant, dans le monde, qu'elles l'emportent souvent sur les dons les plus précieux de la nature.
L'influence des belleà attitudes ne se borne pas seulement à faire ressortir les agréments de la personne, elle porte encore son action sur les organes et favorise leur développement. Ces avantages, si précieux pour la jeunesse, doivent engager les parents à faire contracter à leurs enfants, les attitudes les plus favorables à la beauté du corps et à réprimer constamment les attitudes vicieuses. •
Tête et Cou. — La tête a une grande disposition à s'incliner en avant et sur les côtés. L'inclinaison en avant résulte généralement de l'habitude vicieuse de regarder les objets de trop près ; elle a le double inconvénient de nuire au maintien et au développement de la poitrine. Le moyen le plus généralement employé pour maintenir le cou dans sa position verticale, est un col de fort carton
tiès-élevé antérieurement. L'inclinaison latérale cède également à l'usage du demi-coi de carton , aidé de tractions cervicales fréquentes, faites du côté opposé k l'inclinaison.
La facilité avec laquelle le cou exécute des mouvements en tous sens, selon les diverses inclinaisons et positions de la tête, l'expose, plus que toutes les autres parties du corps, à l'influence des attitudes vicieuses; c'est pour ce motif que, chez les jeunes personnes, ces attitudes doivent être l'objet d'une scrupuleuse attention.
Épaules et Poitrine. — Un vice, trèscommun chez les jeunes sujets, est de porter les épaules en avant; cette attitude exerce une pernicieuse influence sur la boite osseuse de la poitrine et sur les importants organes qu'elle contient. Les mères doivent continuellement combattre cette disposition vicieuse des épaules, chez les enfants qui la présentent, et les habituer, dès le bas âge, à effacer les épaules. On parvient à rejeter les épaules en arrière et à redresser les dos voûtés, au moyen de bandages, de corsets orthopédiques et surtout d'exercices gymnastiques; on fait res-
sortir les poitrines rentrées et on les amène à un développement convenable, par différents exercices de bras qu'enseigne la gymnastique médicale. Relativement aux épaules d'inégales hauteurs, c'est encore la gymnastique bien dirigée qui les ramène au même niveau. Au chapitre gymnastique nous aurons occasion de citer plusieurs faits de guérison remarquables.
Bs*£&s. — La mauvaise habitude de laisser tomber les bras en avant, resserre la poitrine, arrondit les épaules et bientôt l'épine dorsale participe à ce vice et se voûte. Les exercices gymnastiques, propres à ramener les bras en arrière et faire ressortir la poitrine, détruisent facilement les pernicieux effets de cette mauvaise habitude.
Les déviations des genoux et des pieds, soit en dedans, soit en dehors, forcent à des attitudes aussi pénibles que désagréables à voir; traitées dès le bas-âge, ces déviations cèdent assez facilement aux différents moyens orthopédiques dirigés contre elles ; négligées, au contraire, elles deviennent incurables.
La ae^Kion permanente des genoux cons-
litue également une attitude fort disgracieuse. L'habitude de marcher les genoux fléchis occasionne nn état de contraction et de rigidité dans les muscles fléchisseurs qui, plus tard, s'oppose à l'extension facile et complète du membre. Lorsque la flexion résulte de l'épuisement des forces vitales ou d'une faible constitution, le régime fortifiant et tonique, les frictions aromatiques, les bains froids, la | gymnastique obtiennent presque toujours le succès désiré. Si la rigidité musculaire dépend | uniquement de Thabitude, on retire d'excellents effets des onctions, sur la partie, avec des graisses animales, celles des palmipèdes | surtout; à ces onctions, souvent réitérées, on joint les mouvements d'extension et de flexion, exécutés avec beaucoup de ménagement. Ce moyen est applicable à toutes les rétractions musculaires en général.
Du MaiutieBi et de la Marclie.
Un maintien agréable, des mouvements distingués, une démarche légère, assurée, nonseulement complètent la beauté, mais sont encore l'indice d'une bonne éducation ; et
quoique l'aisance du maintien, la grâce, la noblesse des manières soient un don naturel et presqu'une transmission héréditaire dans les classes de la haute société, l'art et l'étude peuvent les faire acquérir aux personnes qui en sont privées.
Le maintien et la marche sont sujets à des différences majeures dans les deux sexes ; ainsi, les dames qui désirent être gracieuses, élégantes et admirées dans leur maintien ou leur marche, devront retenir et pratiquer les préceptes suivants :
Dans l'attitude assise, les pieds se tiennent croisés, de façon à ce que le pied gauche soit appuyé sur la plante dans toute sa longueur, tandis que le pied droit, placé sur le gauche, ne touche le sol que de sa pointe et présente son talon à la hauteur de la malléole de la jambe gauche. Cette position a l'avantage de faire ressortir la courbe du cou-de-pied et de donner au pied une forme plus effilée. Il faut éviter, en se tenant ainsi, le contact du soulier avec le bas. — La femme ne doit jamais croiser les genoux ; c'est une attitude tout-à-fait masculine. — Le corps se tient droit, les
épaules sont effacées , l'avant-bras gauche s'applique horizontalement à la base delà poitrine ; la main reste ouverte et les doigts sont légèrement écartés. — Le bras gauche suit mollement la direction du corps et s'appuie sur la cuisse correspondante ; pour produire un gracieux effet, la main doit être un peu arquée; les doigts index et auriculaires seront médiocrement séparés du médius et de l'annulaire; ces deux derniers resteront accolés l'un à l'autre; le pouce doit être également séparé de l'index. Cette pose est charmante, mais il faut redouter l'immobilité automatique ; on la réserve pour les circonstances où les mains n'ont rien à tenir; dans le cas contraire, une fleur, un éventail, un écran, ou tout autre objet manié avec grâce, ajoute à Télégance du maintien.
. Les préceptes relatifs à la marche sont : de porter la pointe du pied un peu en-dehors, à de la poser la première sur le sol et de laisser tomber le talon ensuite : ces deux mouve- .^ ments doivent immédiatement se suivre pour i être imperceptibles. Les pas ne doivent ja- " niais être ni trop allongés, ni trop raccourcis.
Pendant la progression, le corps sera parfaitement d'aplomb sur le bassin. Les hanches resteront immobiles tandisque la ceinture souple et flexib'e suivra, sans affectation, les mouvements imprimés au torse. — Le ventre doit rentrer légèrement afin de faire saillir la masse fessière. — Le cou droit, sans raideur, ne doit jamais imprimer des mouvements brusques à la tête, ni celle-ci se pencher trop en avant ou trop en arrière ; on peut quelquefois, selon les occasions, incliner doucement la tête sur l'un de ses côtés, ce qui donne à la physionomie une expression de timidité, de langueur, qui a ses charmes.
Contrairement à ce qui a lieuchez l'homme, l'usage veut que les bras de la femme ne lui servent point de balancier pendant la marche. Ainsi, elle doit fixer l'un de ses bras au niveau de la ceinture, le poignet entièrement dégagé, et laisser tomber mollement l'autre bras sur le côté du corps. Néanmoins, dans la marche accélérée il est difficile qu^un mouvement de balancier ne soit pas imprimé aux deux bras. Pendant la marche lente {pr^omenade) les mains peuvent se croiser quel-
quefois en avant, mais jamais en arrière ; cette attitude est exclusive à l'homme. Il faut se garder surtout de jeter les coudes en arrière, lorsqu'ils sont fléchis, et de les serrer contre la taille, car, dans cette position, les bras ressemblent assez aux longues pattes des sauterelles en repos ; c'est ce qui a donné lieu au proverbe se tenir en sauter elle. Eufm, dans aucun cas les bras ne doivent être ni raides ni balants.
^APITRE IX
DES TICS OU HABITUDES VICIEUSES Qui iiiiiseMt à la beaiatë.
On a donné le nom de tics à certains mouyements musculaires vicieux qui , à force d'être répétés, deviennent, pour ainsi dire, naturels. Ainsi, le plissement de la peau du front, le froncement des sourcils, d'où résultent des rides plus ou moins profondes, le rapprochement des paupières, la dilatation des narines, le reniflement, le soulèvement convulsif des ailes du nez, les claquements de la mâchoire, la bouche béante, l'introduction
des doigts dans le nez pour le gratter, ou dans la bouche pour se ronger les ongles, les mouvements saccadés de la tête, des épaules, des bras et des jambes, les balancements continuels du corps , les attitudes vicieuses , contre nature, etc,, etc., sont des tics qui font presque toujours naître une prévention contre l'éducation ou l'esprit de ceux qui en sont affectés ; souvent même ils altèrent la physionomie au point de rendre les personnes à charge et même insupportables.
Moins les tics sont anciens, plus il est facile de les détruire; lorsqu'ils ne dépendent pas d'une altération organique, il suffit ordinairement d'une volonté ferme, d'une observation incessante pour s'en débarrasser ; dans le cas contraire, il faut avoir recours à l'art médico-chirurgical .
Les moyens de remédier aux rides du front et aux plis de la racine du nez, provenant du froncement des muscles sous-cutanés ont été indiqués dans VHygiène du Visage.
Le rapprochement des paupières, occasi onné par l'impression d'une trop vive lumière , disparaît toujours avec la cause qui le pro-
dîiit ; ce même vice, causé par la myopie, cède le plus souvent à l'empire de la volonté. Il en est de même pour les mouvements convulsifs des ailes du nez et de la bouche, pour la dilatation des narines par l'introduction des doigts, pour les tics de la tête, des membres et pour les divers mouvements saccadés du corps et des membres.
Lorsque la volonté ne suffit pas, on a recours à des bandages, à des moyens de compression et d'arrêt qui, appliqués selon les règles orthopédiques, ne tardent pas à obtenir le succès désiré.
Boisclae foéaaite. — Si l'ouverture médiocre et momentanée des lèvres, indique un auditeur attentif, une bouche sans cesse béante annonce un esprit pauvre et quelquefois l'idiotisme ; dans ce dernier cas le vice est incurable parce qu'il dépend d'une lésion ou d'une imperfection des fonctions intellectuelles. Mais lorsque l'ouverture permanente de la bouche dépend d'une habitude contractée sans lésion physique, ou d'une obstruction du canal nasal , on peut y remédier plus ou moins facilement. Une attention soutenue.
les admonestations incessantes des parents parviennent ordinairement à réprimer ce défaut, lorsqu'il est le résultat de l'habitude ; dans le cas où la respiration, par le nez, ne peut s'exécuter librement, soit parce que la muqueuse du canal nasal est épaissie, soit parce qu'il existe, dans son trajet ou près de ses ouvertures, une concrétion, une végétation quelconque, c'est à l'art chirurgical d'enlever ces obstacles, de nettoyer le canal et de le ramener à son état normal. On parvient ordinairement à combattre la gène de la respiration nasale, causée par l'épaississement de la membrane pituitaire qui tapisse les fosses et les cornets nasaux, par des injections faites avec un mélange de lait chaud et de suc de pariétaire ou de cresson.