Poussières. Corps étrangers
Les poussières déterminent souvent sur l’œil une forte irritation. Un grand avantage des lunettes ou des lorgnons fumés, en été, est de protéger l’œil, non seulement contre les rayons lumineux, mais contre les poussières si fréquentes, en cette saison. Îl n’est pas rare de voir les poussières produire des ophtalmies graves soit après les voyages en automobile, sans lunettes appropriées, soit après les voyages en chemin de fer, quand on laisse ouvert le carreau de la portière et que le courant d’air chasse directement sur les yeux les poussières prove-
1. Elle offre, en outre, cet autre avantage très appréciable de donner à tout le corps une bonne attitude, L'écriture penchée, universellement en usage, habitue l’enfant à se courber; il en résulte, à l’âge où le corps se développe, des déviations de la colonne vertébrale. Un médecin allemand, le docteur Schuber, a photographié deux groupes, de chacun dix filles, dans deux classes d’une même école, à Nuremberg. Les élèves du premier groupe é:rivaient penché ; celles du second groupe pratiquaient l'écriture droite depuis un an, L’examen des photographies prouve que l'attitude des enfants du second groupe est de beaucoup meilleure,
nant de la machine ou soulevées par la marche du train.
Toutes les fois que l’œil à reçu ainsi des poussières, on fera le plus tôt possible de grands lavages avec les solutions précédemment indiquées. Ces lavages atténueront beaucoup les réactions.
Dans les villes, on devrait s'attacher à prévenir, autant que possible, la production des poussières au moyen d’arrosages faits en temps utile. On sait, par exemple, combien Paris devient désagréable quand il s'écoule cinq ou six Jours sans pluies et qu’il fait un peu de vent. Les poussières qui voltigent de tous côtés irritent, non seulement les yeux, mais encore les bronches et le poumon.
Les poussières les plus volumineuses, et en particulier les petites escarbilles de charbon, s’introduisent souvent sous les paupières. Les moustiques peuvent également y pénétrer. Leur contact avec le globe détermine une irritation qui résiste aux lavages et ne cède qu'après l’ablation du corps étranger. — Plus celle-ci est rapide et plus l’on évite les risques d’inflammation. Mais quelques précautions sont nécessaires.
Un corps étranger, éclat, poussière, charbon, insecte, qui vient frapper l’œil ouvert sans s’y implanter (comme une écharde s'implante dans le doigt) s’insinue ordinairement sous la paupière supérieure si son petit volume le permet, et y séjourne en produisant une vive douleur et en provoquant l'écoulement des larmes.
Pour l’extraire, le meilleur procédé est le suivant : Pincer entre le pouce et l'index droits la peau de la paupière supérieure, la tirer en avant, de manière à décoller la paupière de la surface de l’œil ; aussitôt, avec le bout de l'index gauche, on fait remonter la paupière inférieure derrière la paupière supérieure qu’on abaisse du même coup aussi bas que possible, puis on abandonne les paupières à elles-mêmes. Le corps étranger, qui dans ce mouvement était resté adhérent à la paupière supérieure,
est balayé par les cils de la paupière inférieure qui l’entraînent au dehors.
On aura toujours, bien entendu, le soin de se laver avec grand soin les mains avant de toucher à l’œil.
L'amélioration est subite. Si ce procédé échoue trois fois de suite, on peut presque affirmer que le corps étranger est implanté et fixé à la surface de l’œil et c’est au médecin qu'il appartient alors d'en tenter l'extraction méthodique.
Cette extraction sera toujours différée le moins possible. Elle est, en général, facile pour un médecin exercé et bien outillé. Si, au contraire, on s’entête à vouloir enlever un corps étranger adhérent en se servant d’instruments mal appropriés (une alliance de mariage, par exemple) et maniés trop brutalement, on risque de provoquer une perforation. — En dehors de cet accident grave, les manœuvres trop multipliées et faites sans la légèreté de main suffisante, augmenteraient tout au moins linflammation. On devra donc les éviter avec soin.
Hygiène de l’appareil auditif. — Il importe de surveiller attentivement la faculté auditive. L’affaiblissement de cette faculté constitue une gêne pénible pour toutes les relations sociales. Les maladies de l'oreille sont fréquentes et trop souvent négligées. Cette négligence peut entraîner la surdité complète et les complications les plus graves.
L'affaiblissement de l’ouïe apparaît souvent dès l’enfance et constitue une infériorité sérieuse pour les études ; mais le plus souvent cette demi-surdité du jeune âge tient à des végétations de la gorge et du nez. Ces végétations sont facilement opérables. L'opération ne fait pas seulement disparaître la surdité; elle permet la respiration nasale, très gênée et très compromise par les végétations. Les suppurations de l'oreille ne sont jamais négligeables. Un préjugé populaire absurde les regarde parfois comme un dérivatif à respecter. En réalité, elles
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sont une des causes les plus importantes de la méningite.
Une bonne hygiène générale, la propreté et, au besoin, les lavages antiseptiques de la gorge et du nez, le soin des dents cariées et de toutes les irritations, si fréquentes dans la bouche, sont des moyens indirects, mais indispensables, d'assurer l'hygiène de l'oreille,
Les inflammations de l'oreille moyenne ont une grande tendance à récidiver. Toutes les causes d’irritation devront être évitées. On renoncera autant que possible aux professions qui exposent au surmenage auditif (téléphonistes, maîtresses de musique), à de brusques et continuels changements de température, aux poussières irritantes, aux bruits intenses. Dans ce dernier cas, un tampon d’ouate, qui diminuera notablement le choc du son, Sera une protection efficace, non seulement pour l'oreille malade, mais pour l'oreille saine qui a, elle aussi, besoin de ménagement.
Ge tampon auriculaire peut être également utile par les vents froids et humides, par les mauvaises saisons sur les plages, en cas de bains froids ou de bains de mer, de voyages en voiture découverte ou en automobile.
Mais le port constant d’un tampon d’ouate doit être déconseillé, exception faite pour les cas de perforation du tympan et de suppuration de l'oreille. En effet, l’occlusion du conduit empêche l’évaporation normale et crée une sorte d'étuve humide et chaude, très favorable à la pullulation des microbes et à l’infection. — Ces tampons doivent être, même quand leur port continuel est utile, renouvelés au moins deux fois par jour et préparés avec une extrême propreté.
Les plus grandes précautions seront prises pour nettoyer le conduit de l'oreille. Les cure-oreilles, principalement ceux en métal, sont dangereux : ils risquent de blesser les parois du conduit et la membrane du tympan. Non seulement ils enlèvent mal la cire de l'oreille, mais parfois la refoulent en dedans. Les éponges sont
fort difficiles à maintenir dans un état de propreté suffisante et risquent de se fragmenter dans le conduit. Des instillations de quelques gouttes d'huile d'amandes douces attiédie sont un des meilleurs agents pour nettoyer l'oreille, quand la sécrétion de cérumen y est abondante et gênante.
Certains médicaments (sulfate de quinine, salicylate de sodium), certains poisons (plomb, mercure, sulfure de carbone, tabac) ont sur l’oreille une action nuisible dont on doit se défier. Ils peuvent produire des bourdonnements d'oreilles, des vertiges et la surdité.
Hygiène de la voix. — L’hygiène de la voix se rattache en partie à celle du nez et de la gorge dont nous avons parlé plus haut. Le larynx a avec le pharynx et les fosses nasales les relations anatomiques les plus étroites. Les maladies des trois organes influent les unes sur les autres; leur bon fonctionnement et, en particulier, l'intégrité de la respiration nasale sont la condition principale pour la pureté et pour la force de la voix. Au point de vue de sa netteté, l'intégrité des arcades dentaires est elle-même fort importante.
Mais l'hygiène de la voix se rattache aussi à celle de l'appareil respiratoire. C’est le poumon qui fournit la quantité d’air nécessaire à produire les sons. Il joue le rôle du soufflet dans l’orgue ou du sac dans la cornemuse. Il fait vibrer les cordes vocales du larynx, comme le souffle du musicien fait vibrer l’anche des instruments à vent.
Ménager et régler cette dépense d'air est le grand art pour soutenir longtemps sans fatigue l'exercice de la parole ou du chant. L’essoufflement en effet apparaît avant la fatigue du larynx. En outre, quand le courant d’air devient irrégulier, saccadé, cette fatigue du larynx augmente beaucoup.
La nécessité d'une bonne articulation pour être bien entendu, sans forcer la voix et sans fatigue, est une con-
dition essentielle. Il faut, en outre, savoir reprendre haleine, s'arrêter en lisant aux signes de ponctuation, faire, en parlant ou en chantant, les pauses nécessaires. Il faut, en outre, parler lentement. Le débit précipité des phrases fatigue beaucoup et n’aboutit qu’à un murmure confus, que perçoit fort mal l'interlocuteur.
Ces précautions sont surtout nécessaires pour les voix graves (basses et barytons). Elles portent beaucoup moins loin et beaucoup moins distinctement ; elles aboutissent beaucoup plus vite à un bredouillement confus que la voix de ténor. Les voix de femmes contralto, mezzo-soprano, soprano ont, avec moins de force, plus de portée que les voix d'hommes. Aussi les femmes en parlant se fatiguent-elles beaucoup moins.
La parole et le chant constituent un véritable exercice de gymnastique respiratoire. Get exercice a ses avantages. On a pu soutenir en particulier que le chant, par la ventilation puissante du poumon qu'il entraîne, mettait jusqu’à un certain point à l’abri de la tuberculose. Mais, comme tous les exercices, celui-ci aboutit facilement au surmenage et à la fatigue. Cette fatigue n'est pas seulement locale, elle est générale. Ce n’est pas seulement la voix, c’est la santé même qui peut être compromise par les études de chant prolongées avec exagération.
Les exercices vocaux mal appropriés à la voix, exigeant des efforts en dehors de son registre normal, entraînent naturellement le plus de fatigue. C’est une tendance déraisonnable chez beaucoup d'élèves de vouloir aborder des morceaux hors des limites de leurs facultés vocales. Les maîtres doivent connaître et combattre cette tendance, qui fatigue beaucoup et compromet même souvent pour toujours la voix,