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Exercices divers

Si le travail musculaire offre la plus grande utilité pour le fonctionnement de tous les organes, les exercices doivent être choisis avec soin, afin de ne pas entraîner un excès de fatigue. Les dangers du surmenage physique seront étudiés plus loin, en détail; mais la limite à atteindre pour faire agir suffisamment les muscles, sans les fatiguer outre mesure, esttoujours délicate à préciser. D'une façon générale, tous les sports où interviennent l’émulation excessive, le concours plutôt que le simple exercice, exposent à des excès et à des dangers. Le joueur surexcité ne sent plus sa fatigue et ne mesure plus ses forces.

Voici un premier exemple. Il n’est pas rare d'observer des accidents assez sérieux (wonflement des jambes, phlébite, cœur forcé) après un exercice bien inoffensif, en apparence, le saut à la corde. — Exécuté avec modération, le saut à la corde est excellent. Mais, quand deux fillettes luttent à qui fera le plus vite le plus grand nombre de tours, le surmenage est à craindre. Parfois même, le match est interrompu par l'évanouissement d’une des deux concurrentes.

La danse. — La danse expose aux mêmes dangers. Elle a ses avantages ; elle développe la souplesse et l’agilité. Elle en aurait plus encore, si elle se faisait plus fréquemment, en plein air, et non dans des salles de bal poussiéreuses, où l’air est confiné. Mais la danse entraîne une grande fatigue vers les vaisseaux des membres inférieurs et vers le cœur. On observe des accidents cardiaques, des phlébites, parfois même la gangrène des jambes, chez des jeunes filles qui ont dansé saus repos et presque sans interruption, pendant toute une nuit.

D'une façon générale, les meilleurs exercices sont ceux qui se font en plein air et qui exigent plus d'agilité que

* ni

de force. Le tir à l'arc, remis récemment en honneur pour les jeunes filles, le croquet, le lawn-tennis réalisent bien ces deux conditions.

L’escrime. — L'escrime n’est encore pratiquée que très exceptionnellement par les jeunes filles. Elle peut cependant constituer une ressource précieuse pour le développement physique, surtout pendant la mauvaise saison. À bien des points de vue, c’est un exercice excellent. Il développe, en même temps que la vigueur, l’agilité et la souplesse; mais il est très fatigant. La fatigue cérébrale est au moins aussi grande que la fatigue physique. L’attention extrême et soutenue qui est nécessaire, l’à-propos, les décisions incessantes et rapides constituent un véritable travail psychique. L’escrime convient donc très mal pour reposer des études trop arides et trop prolongées. Elle est parfois fort mal à propos employée à cet effet.

Faite trop exclusivement du bras droit, l'escrime peut déterminer une hypertrophie de la moitié droite du corps. Elle doit donc être faite de temps à autre des deux côtés.

ait

Ses bons effets sur la santé et l’agilité ont été partieu- :

lièrement mis en relief par M. Legouvé. À quatre-vingtdix-huit ans, celui-ci faisait une séance d'escrime quotidienne. Il attribuait à cette pratique sa longévité et la conservation d’une souplesse et d’un entrain de jeune homme. Ïl lui attribuait même une véritable valeur d’éducation morale, l'habitude des décisions rapides, immé-

diates, mesurées.

La marche. — La marche est peut-être le plus natu-

rel et le meilleur des exercices. Son influence sur la digestion, sur le bon fonctionnement de l'intestin et de la vessie, sur le système nerveux, est très remarquable,

La marche en plein air a naturellement les effets les plus marqués. Toutes les professions comportant àc longues heures de marche en plein air (bergers, fores-

mener étre

tiers, facteurs ruraux) sont les plus salubres. Les professions obligeant au contraire à s’exposer à l'air et aux intempéries, sans marcher et dans le repos, sont beaucoup moins bien supportées.

À défaut de la marche en plein air, la marche dans un espace clos donne encore de bons résultats, La promenade de long en large dans l’appartement est, pendant la mauvaise saison, une ressource très utile pour les vieillards, pour les convalescents. Après le repas, elle rend parüculièrement service. Rien au contraire n’est nuisible à la digestion comme la sieste, le repos ou la lecture après le repas.

La marche adoptée par les peuples civilisés est la marche en extension. Cette marche est un peu artificielle. Elle atteint son type le plus exagéré dans le pas de parade des soldats allemands. Même à demi-extension, elle est beaucoup plus fatigante que la marche naturelle des peuplades sauvages, Celle-ci se fait en demi-flexion du genou. M. Marey a bien étudié la dépense de travail mécanique dans ces deux types opposés de locomotion. Il a montré avec M. Félix Regnauld la grande économie de fatigue réalisée par la marche en flexion. Celle-ci est surtout supérieure dans les trajets difficiles et longs et par les mauvais chemins.

La marche forcée, la course, sont, au contraire, souvent nuisibles, Chez des sujets insuffisamment entraînés, ces exercices sont fort dangereux pour le cœur. Même avec des sujets semblant en pleine condition, presque toutes les grandes épreuves sportives de course se soldent par un ou deux décès. Beaucoup de coureurs ont une fatigue prolongée du cœur, et parfois des lésions persistantes de cœur forcé.

La course en demi-flexion surmène moins le cœur que la course en extension. Elle est plus rapide chez les su- jets suffisamment accoutumés.

Les voyages. — Les voyages sont moins un exer-

cice qu'un élément puissant de distraction et d’enseignement.

Les anciens modes de voyages par étapes, soit à pied, soit à cheval, en faisant de longues chevauchées tranquilles et le plus souvent au pas, étaient certainement d'une hygiène supérieure aux voyages plus faciles et singulièrement plus rapides en chemin de fer. Parmi ceuxci, les voyages circulaires où chaque jour amène un changement de gîte, les voyages rapides à irès longue distance en train de plaisir, sontles moins recommandables. Beaucoup de touristes croient se reposer en passant leur nuit du samedi et celle du dimanche en chemin de fer pour aller séjourner quelques heures dans un site agréable etsain. La fatigue des deux trajets contrebalance largement l'effet bienfaisant d’un séjour par trop écourté.

L’équitation. — L'’équitation est un exercice très favorable et très utile. Les médecins du moyen âge lui altribuaient une valeur médicale très grande; ils en faisaient le remède à beaucoup de maladies, et même à la tuberculose, Sous ses exagérations, leur théorie cache une part de vérité, Faite en plein air, exigeant un léger effort de tous les muscles sans fatigue excessive, développant

| la souplesse, elle est parfaite au point de vue physique.

| Elle constitue, en outre, une distraction puissante, car le

| cheval aurait vite fait de se débarrasser du cavalier trop préoccupé, qui oublierait le sport pour songer à ses iracas ordinaires.

__ La principale objection est la dépense entraînée par ce sport, accessible seulement à quelques rares privilégiés. Mais, si l’on veut revenir aux pratiques d'autrefois,

monter des chevaux âgés et peu brillants, se contenter

|au besoin de longues chevauchées tranquilles et presque

Lau pas, ces difficultés s’atténuent beaucoup. Quand elles

peuvent être surmontées, l’équitation reste un des exercices les plus hygiéniques, les plus agréables et les plus.

séduisants,

La bicyclette. — La bicyclette, dont la vogue est si prodigieuse, constitue un sport assez fatigant. Elle expose à des courbatures, à un surmenage général parfois sérieux. Elle est surtout hygiénique comme occasion de promenade au grand air ; mais, en tant qu’exercice, elle est moins favorable que la marche.

Les bicyclettes à guidon trop éloigné, trop bas ou trop courbé vers la terre obligent à une position voûtée. Cette position est nuisible à l’ampliation du thorax. Elle peut être particulièrement défavorable aux enfants et aux adolescents.

Les bicyclettes à multiplication trop élevée donnent une grande vitesse; mais elles produisent une fatigue extrême dans les côtes et dans la marche contre le vent.

Les bicyclettes à multiplication trop faible exposent souvent à des chutes au moment du départ. De même les bicyclettes à roues libres, si elles ont cet avantage de permettre au cycliste le repos dans les descentes, donnent lieu à plus d'accidents au moindre coup de pédale portant à faux.

Voitures et automobiles. — Sans être dépourvues de valeur, les courses et ies promenades en voiture sont très inférieures à l'équitation. Cependant les longues courses en voiture découverte, à la campagne, peuvent être utiles, en constituant une véritable et puissante cure d'air. Après le repas surtout, alors que la marche et les exercices sont un peu fatigants, ces promenades en voiture rendront parfois — surtout aux personnes âgées — des services très réels.

L'automobile, avec ses excès de vitesse et ses terribles rafales d'air, est, au contraire, un sport dangereux. Ce sport n est bien supporté que par les sujets robustes et aguerris. Beaucoup d’automobilistes improvisés ont chèrement payé une promenade faite sans les vêtements protecteurs, les couvertures et les lunettes indispensables. Les maladies dues aux imprudences en automo-

bile ne sont guère moins redoutables ni moins fréquentes que les accidents chirurgicaux.

Le canotage et la natation. — Le canotage est, avant tout, un exercice de force. Dans les canots à glissière, où chaque mouvement des rames est appuyé par | une flexion des genoux, cet exercice développe à peu près tous les muscles du corps. Dans les canots ordinaires, il développe surtout les muscles des bras et du thorax. C’est un exercice pouvant entraîner du surmenage et des courbatures.

La natation est un sport excellent au point de vue de la vigueur et de la souplesse. Sans parler de l’action bienfaisante et tonique de l’eau froide, les mouvements qu’elle nécessite mettent en jeu presque tous les muscles des membres. Elle donne, en outre, une sécurité très grande pour bien des cas d'accidents. Son enseignement, partout où il est possible, devrait être obligatoire. On se défiera seulement au printemps et à l’automne des bains trop froids, et surtout des bains trop prolongés. La durée des bains froids doit se compter par dix minutes seulement. Cinq minutes sont au début un maximum pour les baigneurs peu habitués.

La chasse et la pêche. — La chasse réunit comme sport bien des avantages : promenade en plein air, exercice léger des bras, exercice de la vue et même de l’ouïe, distraction puissante, faisant trêve à toutes les préoccupations et à tous les tracas. En Grèce, la longévité et surtout la conservation physique des chasseurs étaient proverbiales. —- Sans doute ce sport oblige à une grande prudence contre les accidents et à quelque précaution contre les intempéries. Mais son principal inconvénient est d’être dans bien des cas impraticable, de n'être accessible qu’à des privilégiés.

La pêche, sport bien plus facile et bien plus répandu, est, au contraire, assez médiocre au point de vue hygié-

nique. L’immobilité, le voisinage de l’eau entraînent des indispositions fréquentes (rhumatismes, névralgies); la sciatique est fréquente chez les pêcheurs qui s’asseoient longtemps sur l'herbe mouillée.

Le jardinage. — Le jardinage, au contraire, par la puissante distraction qu’il procure, par les mouvements variés auxquels il oblige, est un exercice excellent, On peut, en outre, y travailler, suivant les intempéries et la saison, soit en plein air, soit dans une serre bien abritée. De toutes les professions, celle de jardinier est celle qui assure le maximum de longévité. En Angleterre, en Suède, beaucoup de jeunes filles et de jeunes femmes ont adopté cet exercice, surtout la culture des fruits et des fleurs. Elles en retirent pour leur santé les meilleurs résultats.

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