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Effets du manque d'exercice

Le premier résultat du manque d'exercice est de ra- Jentir la nutrition de tous les organes. Ce ralentissement atteint son maximum dans la vie sédentaire, quand l'effet du repos musculaire se joint à celui de l’air confiné. Les professions qui obligent à vivre à l’air libre, mais presque sans travail musculaire, comme celle de cocher, sont également défavorables et exposent à de dangereux refroi-

dissements.

L'absence d'exercice se combine souvent avec une!

alimentation exagérée. Presque toujours, à l’état civiiisé, l'homme mange trop; et, par une curieuse disposition d'esprit, les sujets sédentaires, indolents, sont en général les plus gros mangeurs.

Contrairement à l'opinion ordinaire, l'obésité n’est pas la maladie le plus souvent et le plus forcément entraînée par le défaut d'exercice et la trop bonne chère. Sur cent obèses observés, dit Legendre, 40 pour 100 seulement étaient gros mangeurs et 37 pour 100 seulement prenaient trop peu d'exercice en raison de leur indolence et de leurs fonctions sédentaires. Bien plus 10 pour 100 des obèses mangeaient une ration alimen-

taire inférieure à la normale et 28 pour 100 faisaient plus d'exercice corporel que la moyenne des hommes. Inversement, on n'arrive pas, par l'exercice seul, à faire maigrir très sensiblement un obèse. L'augmentation d’appétit provoquée par l'exercice contrebalance la perte de poids qu'il entraîne. L'exercice excessif imposé aux obèses pour les faire maigrir aboutit parfois à un surmenage qui n'est pas sans danger. Le choix des aliments combiné pour emplir suffisamment l'estomac sans fournir de matériaux nutritifs surabondants, la restriction de la quantité de liquide, les laxatifs légers (teinture d’aloès), donnent avec moins de risque des résultats beaucoup plus accentués.

Dans le diabète, Bouchard a vu s exercer, une fois sur cinq, l'influence très nette de l'insuffisance d'exercice physique, de la sédentarité, que celle-ci soit la conséquence de la profession ou des goûts. Le diabète est fréquent chez toutes les personnes à professions sédentaires : caissiers, employés de banques, notaires. L'influence des soucis, des tracas d aflaires semble parfois prédominer sur celle de l'insuffisance d'exercice physique. L'augmentation d’appétit et le surcroît d'alimentation qu'elle entraîne est parfois plutôt le premier signe d’un diabète déjà existant que la cause même du diabète.

La goutte est, par excellence, une maladie de citadin, de gens riches, d'hommes de pensée ou de plaisir, de diplomates et de financiers comme de lettrés, de savants et d'artistes, pourvu qu’il y ait influence héréditaire ou genre de vie propre à ralentir les combustions, à dévier la nutrition, c'est-à-dire manger à l'excès des aliments irop azotés, trop épicés, boire des vins généreux, prendre trop peu d’exercice physique. L'usage abusif de l'alcool, de la bière contribue indirectement à créer la goutte, mais ne la crée pas à lui seul. Il est probable qu'à côté de l'alcool il y a dans la Composition des vins lorts et des bières quelque chose qui nous échappe et s'associe à l'alcool.

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