RATION ALIMENTAIRE L
En outre, bien des circonstances influent sur la rapidité et la facilité de la digestion. C’est tout d’abord le tempérament et la vigueur de l'estomac; certains sujets jeunes, les enfants en particulier, ont une digestion très énergique et très rapide. C'est aussi la saison chaude ou froide; les graisses, assez facilement digérées en hiver, sont beaucoup plus lourdes et beaucoup moins assimilables en été. C’est enfin l'influence du repos, du travail et du sommeil. Un exercice modéré et surtout une marche lente sont très favorables, en activant la circulation du sang. L’immobilité, et surtout le sommeil, sont au contraire nuisibles. De là le précepte si utile de manger moins et de choisir des aliments plus légers au repas du soir.
Comme aliments légers, c’est-à-dire digérés complètement en deux heures, on peut citer particulièrement :
Les œufs très peu cuits sans graisse ni beurre, à la coque ou pochés ;
Le lait bu par très petites gorgées, de façon à ne pas former un caillot volumineux dans l’estomac ;
Le riz, le sagou, le tapioca très cuits ;
Les viandes gélatineuses comme le pied de porc, la cervelle, le poulet jeune. Les poissons maigres (sole, rouget, merlau) cuits au court-bouillon ou frits sont rapidement digérés; mais, dans le dernier cas, il faut rejeter la peau durcie par la friture.
La pomme de terre, les épinards à l’eau, sont de digestion rapide, mais de valeur nutritive médiocre.
La viande crue, très finement hachée, sans graisse ni nerfs, se digère très rapidement, mais, par la chaleur, elle s’altère et se putréfie avec une grande facilité. Elle doit être préparée quelques minutes seulement avant le repas. |
Les aliments indigestes, pouvant séjourner des heures entières dans l’estomac, sans modification, sont surtout : Le blanc d'œuf très cuit (des indigestions graves sont
souvent provoquées par les œufs durs mangés en trop grande quantité) ;
Le bœuf bouilli, les tendons, les aponévroses, les par-ties fibreuses de la viande ;
Les enveloppes de pois, haricots, lentilles, et même les pellicules de fruits (cerises, raisin) ;
Les pépins de fruits, les grains de raisin et de groseille, les gros morceaux de champignons, d’artichauts et surtout d’artichauts crus, d'olives.
Souvent même, ces fragments pénètrent indigérés dans l'intestin. Ils finissent par être rendus en nature, non sans avoir amené des coliques et de l’inflammation. Les fragments très petits (pépins, petits os de gibier, arêtes de poissons) peuvent même s'engager dans l’appendice et déterminer les accidents si graves de l’appendicite.