Causes prédisposantes
Certaines c:uses prédisposantes : surmenage, excès, alcoolisme, alimentation insuffisante, vie sédentaire, air confiné, logements insalubres, poussières, émotions déprimantes, chagrins, facilitent beaucoup la contagion par le bacille tuberculeux.
Au Congrès de 1905, plusieurs observateurs ont même soutenu que le rôle de ces causes prédisposantes était Le plus important. Pour eux, en effet, le bacille de la tuberlose se trouve à peu près partout, et peut-être même à l'état de simple saprophyte. En outre, beaucoup d’hommes, quand ils ne sont pas débilités par ces causes prédisposantes, offrent à des contagions, même directes et répétées, une très grande résistance.
Ces causes adjuvantes sont importantes à bien connaître, Elles offrent peut-être à la prophylaxie soit publique, soit individuelle, un point d’appui plus solide et moins aléatoire que la lutte contre les contagions.
L'espèce humaine offre une résistance des plus remarquables à l'infection par le bacille tuberculeux. Tous nous sommes, dans notre vie, exposés à des risques fréquents et multiples de contagion. Mais le plus souvent la contagion ne s'effectue pas ou s'éteint, à peine produite. Elle
n’amène tous ses ravages qu'avec l’aide de causes adjuvantes.
L’alcoolisme est la plus importante de toutes ces causes : elle a été longuement étudiée plus haut. L'alcool agit sur l’état général, en affaiblissant l’organisme. Il agit localement, en irritant la muqueuse des bronches au moment de son élimination par le poumon.
Les poussières et surtout les poussières dures de fer, d’émeri, de silex, de pierre meulière éraillentla muqueuse. Ces petites plaies facilitent beaucoup la pénétration du bacille,
L’agglomération, l'encombrement constituent un autre facteur très important. Là encore son action est double. L’ensombrement facilite les contagions réciproques. Il diminue, si parfaite que soit l’aération, la résistance de l’organisme. L'homme, suivant le mot énergique d’un hygiéniste, est un poison pour l'homme.
Ce rôle de l'encombrement apparaît avec évidence dans les chambrées des casernes, les prisons, les pensionnats et les classes des écoles. On ne doit jamais tolérer un nombre d'élèves supérieur au nombre fixé réglementairement par le calcul du cube d’air et l’espacement des places. Toute infraction à cette règle se paie vite par des maladies nombreuses et surtout par la fréquence de la tuberculose.
La fatigue physique est souvent, elle aussi, très nuisible. Si l'usage modéré du sport diminue la prédisposition à la tuberculose, les excès sportifs, au contraire, facilitent beaucoup sa production. Dans l’armée, le surmenage physique intervient souvent de façon très évidente en même temps que l'encombrement.
La vie sédentaire dans une atmosphère confinée, le travail prolongé dans des positions courbées et vicieuses sont très nuisibles, en entravant le libre jeu et la ventilation des poumons.
Les influences morales (chagrin, tristesse, ennui), sont particulièrement nettes chez les prisonniers soumis au
régime cellulaire. Théoriquement, grâce aux mesures de désinfection et à l'isolement rigoureux, ces prisonniers sont, de tous les hommes, les moins exposés aux risques de contagion. Mais ils présentent, malgré tout, une forte mortalité tuberculeuse, surtout après la deuxième ou troisième année de séjour.
On voit donc que des influences très opposées : surmenage physique ou vie trop sédentaire, encombrement ou isolement trop rigoureux, peuvent avoir un résultat identique. Comme toujours, l’entrain et la résistance parfaite de l'organisme s’obtiennent par des conditions de juste milieu.