PREMIERS PAS, PREMIERS EXERCICES
l'enfance à l’Académie a formulé la règle suivante : « Les premières sorties de l’enfant peuvent être faites de huit à douze jours après la naissance et dans l'instant le plus favorable de la journée, lorsque la température extérieure le permet. Les sorties, le soir, doivent toujours être évitées. Il en est de même des sorties, et surtout des voyages, pendant les temps froids et humides. » La nature elle-même indique le délai nécessaire à la première sortie du nouveau-né. Normalement celui-ci ne devrait sortir qu'avec sa mère, et celle-ci n’est guère en état de faire une petite sortie avant la première quinzaine, une sortie un peu importante avant la fin du premier mois.
Dans la pratique, ces sages conseils sont singulièrement méprisés. Pour Paris seulement, trois mille nourrissons sont chaque année dans les premiers jours, parfois dans les premières heures de leur existence, embarqués par tous les temps, par toutes les saisons, sans le moindre confort, pour un voyage en chemin de fer de longue durée. La secousse est pour eux beaucoup trop brusque, en contradiction par trop brutale avec toutes les conditions de la vie naturelle. Un grand nombre de ces enfants expédiés sans précautions en nourrice succombent, dès les premiers jours de leur arrivée, aux fatigues et aux refroidissements du voyage.
Une fois l’enfant plus âgé, on peut se départir de ces précautions rigoureuses et le grand air offre ses avantages habituels. « Sauf les jours de pluie trop abondante et de tempête, écrit madame Epron-Pariès, la promenade prolongée, en été comme en hiver, est très avantageuse aux bébés et favorise leur développement. Ce serait mal calculer leur intérêt que de croire remplacer la promenade par l’ouverture des fenêtres de leur appartement ; il faut les promener au dehors et, si cela est possible, y passer la plus grande partie de la journée avec eux. »
L'enfant, à la naissance, a les os et Les muscles trop peu développés pour se mouvoir pour son propre compte. Il
remue bien la tête et les membres, mais il lui est impossible de déplacer son corps en totalité. [l est bien évident qu'ilne peut être question pour lui que d’exercices passifs. Ces exercices consistent dans des déplacements fréquents qu’on lui imprime, en lui donnant à téter, en le changeant, en le portant dans les bras, etc.
Ces déplacements, non seulement arrivent facilement à calmer et à distraire l’enfant, mais ils ont, en outre, une valeur réelle, au point de vue de l'hygiène. L'enfant a besoin d’être changé de place, de temps en temps, pour que les grandes fonctions de son organisme, respiration, circulation et digestion, se fassent normalement.
Et c’est ici que les soins de tous les instants, que seule peut donner une mère, prennent de l'importance.
Les enfants, même nourris convenablement, mais condamnés à une certaine immobilité, comme cela a lieu forcément dans les grandes agglomérations d’enfants, (crèches, pouponnières), sont chétifs, souffreteux et meurent dans des proportions beaucoup plus considérables que ceux qui sont soignés par leurs mères.
L'immobilité relative que garde l'enfant, lorsqu'on le promène dans une petite voiture, est l’objection la plus sérieuse qu’on oppose à ce genre de locomotion.
L'enfant porté dans les bras prend part, en quelque sorte, aux mouvements de la personne qui le porte et subit de petits déplacements continuels.
À part ces exercices passifs, il est indispensable de laisser au tout petit la liberté de remuer ses membres, seuls mouvements actifs dont il soit capable. Son habillement ne devra jamais s’y opposer. Le maillot, qui enserre et immobilise les membres, est de ce fait condamné.
Lorsqu'on change l'enfant, on le laissera un moment remuer en toute liberté, ce dont il s’acquitte généralement de la meilleure grâce.
Le squelette et les muscles de l'enfant continuent leur développement; ses forces augmentent. Progressivement, ilarrive à tenir satête droitesurses épaules, à se retourner