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Exercice

Il faut souvent modérer le Jeune homme et même l'adulte pour éviter les abus de l'exercice et des sports. [1 faut presque toujours, chez les gens âgés, lutter contre la tendance à la vie trop sédentaire et au repos trop absolu.

L'absence d'exercice est très nuisible au vieillard. Elle ralentit encore les combustions organiques et augmente la tendance au refroidissement. Elle diminue la souplesse, déjà très compromise, des articulations ; elle favorise la fonte progressive des muscles dont le rôle est si important, non seulement pour la vigueur, mais pour la nutrition générale de l'organisme. Certains vieillards, à force de s’engourdir dans une immobilité presque constante, finissent par s’étioler ets’éteindre. Ils succombent comme après une maladie cachectique.

L'exercice modéré offre, au contraire, les plus grands avantages pour la circulation toujours un peu paresseuse chez le vieillard. La marche est surtout précieuse, afin d'éviter la stase veineuse dans les membres inférieurs et de lutter contre la sensation de froid si pénible aux pieds et aux genoux. Même chez les vieillards obligés de garder le lit, il suffit qu'ils fassent de temps à autre quelques mouvements des membres inférieurs (flexion et extension des genoux, des pieds, des orteils) pour faire disparaître le froid et l'engourdissement des Jambes bien plus sûrement qu'ils n’y parviennent au moyen de boules chaudes et de couvertures.

L'exercice, et surtout l'exercice après les repas, est également précieux contre la constipation. La constipation est très commune et très nuisible chez les vieillards. Elle diminue beaucoup l'appétit. Elle amène souvent des troubles très pénibles vers la vessie. Elle se termine

parfois par des crises de diarrhée, véritables débâcles de l'intestin qui fatiguent beaucoup et peuvent être très graves. Le régime déjà indiqué à propos de l'hygiène de l'alimentation (voir ci-dessus) sera une utile ressource. Mais presque toujours il devra être complété par des exercices méthodiques : marche après le repas, mouvements de flexion et d'extension du tronc, de façon à stimuler et à contracter les muscles de l’abdomen. Un massage léger de l'intestin, fait matin et soir au lit par le vieillard lui-même, estégalement très utile. On procédera par frictions douces, commençant au niveau du flanc droit, remontant doucement jusqu'aux côtes. Les frictions continueront horizontalement jusqu'à la base gauche du thorax. Elles redescendront jusqu'au flanc gauche. Elles décriront, en un mot, une sorte de demicercle ou plutôt de fer à cheval tout autour du nombril. Elles suivent ainsi le trajet du gros intestin, On insistera particulièrement sur les frictions au niveau du flanc droit et du flanc gauche, là où les matières ont le plus de tendance à s’accumuler et à séjourner.

Tous ces exercices sont aussi très efficaces pour activer le cours de la bile. La stagnation de la bile et les nombreux accidents qu’elle entraîne (perte de l'appétit, irritation de la bouche, faiblesse musculaire, formation des calculs biliaires, coliques hépatiques) seront ainsi évités.

Ces exercices et surtout la marche sont également favorables au bon fonctionnement du rein et de la vessie. Beaucoup de vieillards souffrant de la vessie connaissent bien cette influence utile de la marche. Ils connaissent, au contraire, l'influence nuisible de la station debout, prolongée, sans marcher. La station debout sur une surface trépidante (plate-forme d’omnibus ou de tramway) est, en particulier, nuisible. Elle cause souvent des crises de la vessie, extrêmement pénibles.

Toutefois l’exercice, pour n’entraîner aucun effet défavorable, exigera toujours chez le vieillard diverses pré-

cautions, On évitera tous les exercices violents exposant à des chutes (cheval, bicyclette), Les os, même chez les vieillards les mieux portants, sont souvent très fragiles. Une chute, même légère, un simple faux mouvement en descendant de bicyclette, peut entraîner chez eux des fractures graves. On a même vu des fractures se produire à la suite d’un effort trop violent pour retirer une chaussure un peu étroite.

On se gardera de tous les exercices obligeant à des efforts soutenus et prolongés. Le vieillard présente, en effet, une grande tendance aux hernies : elles se produisent facilement sous l'influence d’efforts, même assez modérés d'apparence et qu'il aurait pu autrefois, dans l’âge mûr, supporter aisément. Mieux vaut, au prix de quelques ménagements, se garantir de cette ennuyeuse infirmité.

Enfin on devra se préserver contre le danger du refroidissement. Tous les exercices trop violents, mettant le corps en sueur, ne conviennent plus au vieillard. Jün général, d’ailleurs, ils lui plaisent très médiocrement. On aura plutôt à se défier des sorties trop longues par le froid, de l'exposition à un vent aigre et vif, des promenades en voiture découverte ou en automobile. Un refroidissement, qui ne déterminera qu’un rhume chez l'adulte, produira facilement chez le vieillard une pneumonie mortelle,

De même, lors des voyages en chemin de fer, on se défiera des courants d'air dans les wagons. Une précaution (moins nécessaire aujourd’hui qu'autréfois, car la plupart des wagons comportent pour les longs trajets des water-closets) est de s’assurer que le train a des arrêts assez fréquents et assez prolongés pour permettre, en cas de besoin, l'évacuation vésicale. Ce besoin est souvent très impérieux chez les vieillards, et beaucoup, pour avoir négligé cette précaution avant de partir, ont éprouvé des souffrances cruelles et même des accidents graves.

On se défiera toujours beaucoup des séjours soit au

bord de la mer, soit à la montagne à une altitude dépassant quelques centaines de mètres.

En général, d’ailleurs, le vieillard a tout intérêt à éviter les voyages et à rester chez lui. Presque tous les sujets parvenus à un âge très avancé vivaient sur place et bougeaient fort peu.

Mais, même lorsque la pluie ou le froid l’obligent à garder la chambre, le vieillard doit s’attacher à prendre de l’exercice dans sa maison, à circuler le plus possible, à se promener assez longtemps de long en large dans les pièces les plus vastes. Cette promenade est plus particulièrement utile après les repas. Certains exercices peu fatigants, comme le billard, la menuiserie, le jardinage (qui comporte beaucoup de travaux pouvant, par les mauvais temps, se faire dans une serre abritée) sont également très salutaires.

Ces exercices sont, en outre, un utile élément de distraction. Outre l’activité physique, il importe, en effet, que les vieillards conservent l’activité morale ; ceux d’entre eux qui cessent de s'intéresser à leur entourage, à leurs obligations sociales, à des études ou à des jeux bien choisis s’affaissent beaucoup plus vite et vieillissent plus rapidement.

La famille des vieillards, et surtout les jeunes enfants qui sont auprès d’eux peuvent beaucoup, en leur témoignant de l'intérêt et de l'affection, pour maintenir chez eux cet entrain moral, ce désir de travailler, de s'occuper et de vivre. Il y a là pour les jeunes gens une obligation pieuse et sacrée.

Les vêtements doivent, chez les personnes âgées, remplir certaines conditions essentielles.

Ils ne doivent pas gêner la circulation, qui n’a déjà que trop de tendance à se ralentir. Tout ce qui provoque dela constriction, les jarretières, ceintures, corsets trop

serrés, les vêtements trop étroits, et surtout les cols trop Justes au niveau du cou seront évités avec soin. La compression des veines du cou exposerait particulièrement le vieillard au danger de la congestion cérébrale.

Ces vêtements doivent bien protéger contre le froid. Même dans l'appartement, il faut que le vieillard soit chaudement couvert. On satisfera mieux à cette condition en ayant plusieurs vêtements minces et superposés que des vêtements trop épais et, par suite, trop lourds. Le poids de ces vêtements n’est pas toujours négligeable chez des vieillards affaiblis.

Pour les sorties au dehors, un pardessus est très utile, même en été. Porté sur le bras pendant la marche, il est mis aussitôt que le vieillard s'arrête et s’assied. Cette précaution évitera bien des refroidissements.

En été, il est bon également de remettre le pardessus durant quelques minutes au moment de rentrer à la maison. Pendant la saison chaude, il fait souvent beaucoup plus frais dans les maisons qu’au dehors. Aussi, quand on rentre, surtout après une marche un peu prolongée ayant mis le corps en légère moiteur, est-il prudent de se défendre contre ce changement de température.

Contre le froid aux pieds, les chaussons de Strasbourg en drap feutré avec semelles de feutre très épaisses et doublées de crin constituent la meilleure chaussure. Ils sont très bons pour le séjour dans l’appartement et pour les sorties au jardin par un temps sec. En cas de sortie par un temps humide, ils sont très utilement complétés par des sabots. Cette ancienne chaussure des paysans a été adoptée dans la plupart des sanatoriums. Mieux que tout autre, elle protège le pied contre l’humidité du sol, sans déterminer la transpiration désagréable que provoquent les caoutchoucs, les snow-boots, etc. Chez les vieillards qui n'ont pas l'habitude de marcher avec des sabots et craignent des chutes, on peut aussi conseiller les galoches, chaussures ordinaires à semelle de bois, La

protection est ainsi parfaite et l'équilibre est mieux assuré qu'avec les sabots.

Pour les voyages en chemin de fer pendant les saisons intermédiaires de l’automne et du printemps, alors que les trains ne sont plus chauffés, le vieillard prendra des précautions particulières contre le froid aux pieds. Il aura des chaussures très chaudes. Il pourra même se munir d’une petite chaufferette. Certaines chaufferettesveilleuses à l’alcool ou contenant une bougie spéciale sont très pratiques. Elles sont beaucoup plus portatives que les chauffereites ordinaires au charbon; elles ne vicient pas l'air; elles donnent beaucoup moins de risques et de craintes d'incendie. Toutefois, pour l’appartement, les bouillottes et tabourets à réservoir d’eau chaude sont, quand le froid aux pieds persiste malgré les meilleures chaussures, très préférables aux chaufferettes. Les chancelières, exigeant moins de manipulations, sont aussi très utiles.

La coiffure doit suffisamment abriter du soleil. Même, dès la fin de l'hiver, le vieillard se défiera du soleil frappant directement la tête. Comme, d'autre part, la chaleur du soleil lui sera agréable et utile, un parasol sera le meilleur moyen de compléter la protection, parfois insuffisante, de la coiffure. Les hommes eux-mêmes feront bien d'adopter pour leurs sorties le parasol : il peut également rendre service à un autre point de vue. Quand le vent est aigre et violent, en même temps que le soleil est vif, ce qui n’est pas rare dans le midi, le parasol légèrement incliné modère le choc froid du vent.

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