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Mollusques. Empoisonnement et soins immédiats

Parmi les mollusques, les huîtres constituent un aliment très appétissant, très nutritif, riche particulièrement en phosphates calcaires, d’assimilation facile. Elles ont, en outre, cet avantage d’être mangées crues, à l’état le plus naturel et encore vivantes. Ces aliments vivants renferment des ferments organiques, qui disparaissent par la cuisson ou même par la mort des tissus.

Les huîtres, une fois mortes et. décomposées, déterminent des indigestions très graves. Par bonheur, leur saveur, très désagréable en pareil cas, avertit presque toujours du danger. Les huîtres, même vivantes, semblent, surtout de mai à septembre, pouvoir être toxiques. Ces dates n’ont rien de fixe et peuvent être plus étendues, quand le printemps ou l'automne sont exceptionnellement chauds. Les huîtres provenant de parcs arrosés par des eaux de rivière infectées ont paru susceptibles de transmettre la fièvre typhoïde, et parfois même le choléra. Mais la surveillance des parcs est aujourd’hui plus sévère, et cette forme spéciale de contagion semble exceptionnelle.

Les moules causent des accidents si fréquents que le mieux est de renoncer entièrement à leur usage. Il y a, en particulier, une réelle imprudence à manger des moules crues. Elles peuvent, non seulement donner del’urticaire et des troubles digestifs, mais elles paraissent même transmettre assez fréquemment la fièvre typhoïde. Dans un cas récent, des moules recueillies sur des bouées peintes à la céruse ont déterminé des empoisonnements mortels. La cause de ces empoisonnements était indirecte et due au carbonate de plomb que les moules avaient absorbé.

Les escargots constituent un aliment assez agréable, très nourrissant et fort économique. On n’oubliera pas

que leur chair est dure et compacte, qu’elle a besoin d’être bien mâchée et divisée. Même avec cette précaution, on n’en mangera pas avec excès. On n’abusera pas de l’ail dans leur préparation. On aura toujours soin de les faire jeûner et dégorger à l'avance. Onse défiera particulièrement des escargots mangés crus. Plus encore que les escargots cuits, ils donnent facilement, surtout aux personnes non habituées à leur usage, de l’urticaire et des indigestions.

Dans tous ces cas d’empoisonnement par les mollusques, le premier soin doit être de faciliter et de provoquer les vomissements, en faisant boire de l’eau tiède en abondance et en chatouillant le fond de la gorge avec le dos d’une cuiller. On fera boire du thé ou du café, très fort pour l'adulte, plus faible, s'il s’agit d'un enfant. Mais on appellera toujours et le plus tôt possible un médecin. Lui seul peut, en effet, reconnaître et traiter utilement les troubles du cœur, qui sont dans ces empoisonnements le danger réel.

Les crustacés (écrevisses, crevettes, homards) s’altèrent vite et deviennent toxiques, sitôt altérés. On rejettera tous ceux qui n’ont pas pris une couleur rose vif pendant la cuisson. Leurs œufs sont très souvent mal digérés.

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