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CHAMPIGNONS

dans l’eau salée ou vinaigrée, leurs propriétés toxiques disparaissent, Ces pratiques empiriques sont des plus trompeuses. Elles suppriment la saveur agréable des bons champignons et respectent le poison des mauvais.

On croit généralement enfin qu’en mettant dans l’eau de cuisson des champignons un objet d’argent : cuiller ou pièce de monnaie, cet objet noircit, si ces champignons sont toxiques. Ce fait est en partie vrai, mais, d’une part, le noircissement peut avoir lieu avec des espèces inoflensives ; d'autre part, il peut ne pas se produire avec des espèces dangereuses.

Les champignons sont un aliment assez riche en azote; on l’a même nommé la viande végétale. Mais, comme la viande, tous deviennent dangereux par la putréfaction. Les espèces les plus inoffensives, le champignon de couche par exemple, peuvent, une fois putréfiées, devenir vénéneuses.

Les champignons doivent donc être toujours mangés très frais. — On ne consommera que les espèces dont la vente est autorisée sur les marchés. Si l’on veut recueillir soi-même des champignons, il faut bien étudier tous leurs caractères botaniques, bien se faire expliquer et démontrer ces caractères par un cryptogamiste expérimenté. [l serait assez périlleux de vouloir apprendre seul ces caractères, même avec le livre le mieux faitetle plus riche en figures.

En cas d’empoisonnement par les champignons, on doit appeler aussitôt un médecin. Très vite après Les premiers accidents de vomissements et de diarrhée, certaines espèces vénéneuses déterminent des troubles paralytiques du cœur. Ces troubles ne peuvent être combattus que par un traitement médical, En outre, le médecin seul peut employer un des moyens les plus efficaces pour évacuer complètement le poison, le lavage de l’estomac.

En attendant le médecin, on peut toutefois :

1° Favoriser et provoquer le vomissement, en cha-

50 HYGIÈNE INDIVIDUELLE touillant la gorge, avec le dos d’une cuiller et en faisant boire de l’eau tiède, en abondance;

2° Combattre les défaillances et la tendance au refroidissement par des boules d’eau chaude, des infusions chaudes de thé ou de café. Chez l'adulte, ces infusions peuvent être additionnées d’un peu de rhum ou de cognac ;

3° Si les défaillances, les vertiges et le refroidissement s’accentuent, donner du sirop d’éther par cuillerées à bouche à l'adulte, par cuillerées à café à l’enfant.

Si graves que soient les accidents, on ne se découragera pas et l’on continuera un traitement énergique : frictions et boissons stimulantes. Souvent les accidents les plus graves s’apaisent tout à coup et la personne empoisonnée passe de l’état le plus inquiétant à la guérison presque complète. Mais la convalescence sera toujours très surveillée, pendant une semaïne. IL est sage, pendant ce temps, de maintenir exclusivement le régime du lait,

Empoisonnements par les plantes vénéneuses. — Les empoisonnements les plus fréquents sont produits :

1° Par le pavot ou le coquelicot chez les nourrissons. L'habitude populaire de donner aux nourrissons des infusions de pavot ou de coquelicot, au moindre malaise, est très dangereuse. L'enfant tombe dans un sommeil profond, se refroidit et parfois meurt. Les frictions stimulantes, l’infusion faible de café constituent les premiers moyens de traitement ;

2° Par les baies de belladone ou de morelle noire confondues avec des mûres comestibles ; parfois, par les fleurs en grappe de l’aconit ;

3° Par les fleurs de laurier-cerise, les fleurs de pêches, par les amandes de cerises, de prunes ou de pêches mangées en grande quantité. — L'usage de faire bouillir dans le lait des feuilles de laurier-cerise ou des

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