L'EAU
usage régulier paraît la principale cause de maladies très fréquentes dans certaines régions montagneuses : le goître et le crétinisme. On à attribué ces maladies à la présence de substances spéciales, et en particulier de
… traces de magnésie, dans l'eau des montagnes. L'absence
de sels paraît, en réalité, jouer le rôle prépondérant, car le goître et le crétinisme n’existent pas dans des régions où les eaux sont beaucoup plus magnésiennes.
Inversement, les eaux trop riches en sels peuvent devenir impropres à la consommation et même nuisibles. L'eau renfermant trop de sels calcaires et magnésiensest dite crue ou lourde. Elle fatigue beaucoup l'estomac ; elle favorise peut-être la carie dentaire. Elle cuit mal les légumes et forme à leur surface une incrustation dure qui les rend fort indigestes. Elle dissout peu ou nedissout pas le savon. Ces eaux crues sont très fréquentes dans certaines régions exclusivement alimentées parles puits.
Certaines eaux sont saturées de sels calcaires, surtout de carbonates. Ces carbonates ne sont maintenus en dissolution que par le gaz carbonique. Ils se déposent dès que le gaz carbonique s’évapore à l'air libre. Ces dépôts forment les stalactites et les stalagmites de certaines grottes. Îls peuvent transformer en pierre les objets (morceaux de bois, feuilles) qu'on jette dans l’eau (fontaines pétrifiantes).
Les eaux trop riches en magnésie et en chlorure de sodium ont un goût saumâtre des plus désagréables, voisin du goût de l’eau de mer. Elles déterminent de la diarrhée. Ce sont de véritables eaux purgatives. Elles sont fréquentes dans le Sud-algérien et parfois même y constituent la seule ressource offerte à la consommation.
L'eau de merest encore plus fortement minéralisée. Elle renferme de 32 à 38 grammes de principes solides par litre. Ceux-ci sont surtout formés de chlorure de sodium (20 grammes par litre), de sulfate de magnésium, de bromures et d'iodures., On trouve, en outre, des azotates et des matières organiques qui empêchèrent longtemps de
transformer par la distillation l’eau demer en eau potable. Elles se détruisent quand on pousse la distillation trop à fond, fournissant surtout de l’acide nitrique, qui donne au produit distillé un goût acide très désagréable. En arrêtant la distillation aux deux tiers, on évite cet inconvénient; mais on a encore une eau trop pauvre en sels et dépourvue de gaz. Onremédieassez facilement à ce dernier défaut en battant l’eau et en l’aérant.
Les eaux minérales, qui jouent un si grand rôle en thérapeutique, doivent leur efficacité à leur'composition spéciale. Elles sont extrêmement nombreuses. On les divise, suivant le composé chimique prédominant, en sept classes : eaux gazeuses, alcalines, ferrugineuses, magnésiennes, sulfatées, chlorurées, sulfureuses.
Les eaux gazeuses naturelles renferment du gaz carbonique, auquel elles doivent une saveur acidulée, aigrelette et qui les rend vives et pétillantes. Ces eaux sont aujourd’hui presque partout remplacées pour l'usage domestique par l’eau de Seltz artificiellement gazéifiée.
Les eaux alcalines, dont le type est l’eau de Mb r'en= ferment, outre le gaz carbonique, des bicarbonates. L'emploi constant de ces eaux détermine à la longue un affaiblissement, et même un dépérissement marqués.
Les eaux ferrugineuses, très répandues, peuvent avoir une action tonique, quand on les emploie temporairement. Mais elles sont, pour l’usage régulier, lourdes et indigestes.
Les eaux magnésiennes et sulfatées sont purgatives.
Les eaux chlorurées sont fréquentes au voisinage d’anciennes salines. Elles se rapprochent plus ou moins de la composition de l’eau de mer.
Les eaux sulfureuses doivent leurs sulfures tantôt à des sels minéraux, tantôt à des matières organiques en décomposition. Il n’est pas rare de voir les sources au ‘ voisinage des abattoirs ou des cimetières prendre une odeur et un goût sulfureux (odeur d'œufs pourris). Les eaux sulfureuses seront donc toujours très suspectes. On