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EAUX COURANTES 6G

Allier) sont aussi pures que les eaux de fontes de neige

et même trop dépourvues de sels calcaires. Au contraire,

les rivières des plateaux calcaires peuvent être trop riches en chaux, sans cependant atteindre jamais le degré de

concentration de certains puits. — L'eau de l’'Ourcq offre

cette particularité de contenir une quantité très notable de magnésie. L'eau de l'Oise renferme en suspension de l'argile et est très trouble. L'eau de la Marne, au moment des crues, se charge également de marne, ce qui a valu

son nom à la rivière. Certes, ces matières en suspension

sont plus désagréables que dangereuses. Gallois a pu boire pendant quinze jours, sans aucun trouble de sa santé, de l’eau à laquelle il avait ajouté 2 grammes de

terre par litre. Or les eaux les plus troubles des fortes

crues en renferment rarement 0 g. 10. Cependant, ces eaux bourbeuses inspirent une répugnance instinctive et un véritable dégoût.

Ces eaux courantes, quand leur trajet est suffisamment long, tendent à se débarrasser d’elles-mêmes de leurs impuretés. C’est la self-purification des hygiénistes anglais. Les particules organiques se déposent et se

fixent dans la vase du fond. Elles y subissent l’action des microbes saprophytes. Ceux-ci exercent surtout leur -action pendant les chaleurs de l'été. Aussi, contraire- ment à l'opinion populaire, les eaux courantes sont-elles en général plus pures à la fin de l'été qu'au printemps, alors que les froids de l’hiver ont engourdi, pendant plusieurs mois, l’activité des saprophytes. Les végétaux,

et, en particulier, les algues vertes quiémettent de grandes quantités d'oxygène, contribuent aussi à détruire ces

matières par oxydation. Les animaux aquatiques eux-

mêmes absorbent directement les plus grossières. Mais

toutes ces causes de purification deviennent bien insuffi-

santes, quand de nouvelles souillures se produisent incessamment à chaque agglomération traversée par le cours d’eau. Aussi un point important des règlements

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sanitaires dans les villes doit-il être de réduire au minimum la souillure des rivières et des cours d’eau. Les règlements anglais sont, sur cette question spéciale, d'une extrême sévérité.

Si suspectes et si souillées que soient les eaux de rivière, leur épuration est relativement facile. Ces eaux stérilisées par filtration donnent une grande sécurité. Elles renferment beaucoup moins de bactéries que les meilleures eaux de source. Elles ne sont pas, comme celles-ci, exposées à toutes les surprises résultant d’une pollution accidentelle. Les bassins filtrants, à condition d’avoir une série suffisante de couches purifiantes faites alternativement de sable et de gravier, portent la purification bactériologique de l’eau à son maximum. Il est facile, par des analyses fréquentes, d'exercer une surveillance suffisante sur l’eau examinée à la sortie. Enfin ces bassins filtrants fournissent de l’eau à un prix bien moins. coûteux que les adductions d’eau de source, Ils la donnent largement et en quantité illimitée. [ls ne subissent pas l'influence de la sécheresse. Tant d'avantages sont toutefois compensés par un sérieux désagrément, Les eaux de rivière ainsi filtrées sont glaciales en hiver, mais surtout elles sont très chaudes en été. Elles sont tièdes et désagréables à boire. Elles n’ont pas cette fraîcheur, si particulière et si attirante, des eaux de source.

Ce défaut de fraîcheur des eaux de rivière, même les plus parfaitement stérilisées, est un sérieux obstacle à leur emploi. Dans l’armée surtout, où les soldats boivent souvent l’eau pure sans addition de vin, d'alcool ou de thé, ces eaux, presque tièdes en été, inspirent un véritable dégoût. Les soldats emploient les stratagèmes les plus dangereux pour avoir une eau plus fraîche, Dans une caserne à Lodève, ils allèrent, au cours d'une épidémie, jusqu’à percer les conduites d’eau des urinoirs. À Saint- Etienne, au cours d'une violente épidémie de fièvre typhoïde, plusieurs hommes furent surpris buvant soit aux tonneaux d'arrosage, soit aux robinets des lavabos.

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