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PUITS

même profondes peuvent, par un mécanisme analogue à celui des sources vauclusiennes, provenir de rivières englouties dans des abîmes et ayant coulé par de larges fentes de rocs sans filtration réelle. L'analyse bactériologique reste donc indispensable.

Le défaut des eaux artésiennes est, en général, leur composition chimique. Par le passage à travers le sol, elles se sont chargées de principes minéraux. Beaucoup

Fig. 8. — Nappe d’eau superficielle et nappe profonde. (En A, couche imperméable séparant les deux nappes.)

sont fortement calcaires, magnésiennes ou ferrugineuses.

En outre, ces eaux manquent presque toujours de fraîcheur. Elles sont d'autant plus chaudes qu’elles proviennent de couches plus profondes (27 degrés au puits de Grenelle, 28 degrés au puits de Passy, 40 degrés au puits de Rochefort). Ces eaux, même refroidies, restent tièdes et désagréables à boire. Leur usage pour l’alimentation de bains ou de piscines est très secondaire, mais souvent le seul possible.

En résumé, la dépense pour le forage des puits arté-

siens est très aléatoire. On ignore à quelle profondeur il faudra parvenir pour rencontrer la nappe d’eau. On ignore le débit de cette nappe, On risque enfin de n'avoir qu’une eau minérale ou thermale, impropre aux usages courants.

L’eau de pluie. — Les citernes. — L'eau de pluie présente quelques inconvénients. Elle est assez agréable, car elle est bien aérée et, en général, relativement fraîche en été, pas trop froide en hiver ; mais elle ne renferme pas de sels calcaires et contient, au contraire, par litre, de 2 à 5 centigrammes de sels ammoniacaux, de chlorure de sodium et de magnésium, de sulfate de magnésium. L’'ammoniaque estparticulièrement abondante dans la pluie recueillie au niveau des villes populeuses.

L’eau de pluie renferme, surtout au début des averses et après une longue période de sécheresse, d'assez nombreux microorganismes. Miquel y a trouvé des spores de mucédinées, des bactéries, des microcoques. Mais tous ces microorganismes sont, en général, inoffensits. L’eau de pluie offre moins de risques bactériologiques que les eaux terrestres. Toutefois la présence de ces microorganismes, celle de matières azotées en quantité notable explique la facilité avec laquelle cette eau croupit et se putréfie dans les citernes.

Les eaux de pluie récentes, recueillies avec précaution, sont presque exclusivement consommées dans certains pays, et cela sans le moindre inconvénient. On se défiera des eaux pluviales ayant passé sur des toitures de plomb ou dans des conduites de plomb. Celles qui ont coulé sur des toits de zinc paraissent inoffensives, Mais, pour les eaux destinées à la boisson, le séjour prolongé dans des réservoirs en zinc offrirait des inconvénients. L'idéal serait de recueillir des eaux qui n'aient pas lavé la surface toujours poussiéreuse et souillée des toits, quelle qu’en soit la couverture; mais on ne recueillerait ainsi que de trop petites quantités d’eau.

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