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Parasites introduits par l’eau

Les eaux renferment de nombreux microorganismes; mais beaucoup de ceux-ci sont tout à fait inoffensifs. Quelques-uns même paraissent jouer un rôle favorable pour l’épuration de l’eau, Dans une théorie célèbre, le Pr. Maggi, de Pavie, a soutenu que les vraies eaux potables renfermaient toutes, sans exception, cette ma. tière organisée. Si les eaux distillées sont si lourdes, c'est précisément parce qu’elles sont absolument stériles et dépourvues de germes.

En outre, les eaux les plus pures et les plus pauvres en germes sont celles qui s’infectent avec le plus d'intensité, quand elles sont envahies par des microbes pathogènes. Ceux-ci, ne rencontrant aucune concurrence vitale, se développent avec intensité. Ainsi s'explique la gravité des épidémies produites quelquefois par la souillure accidentelle des eaux de sources.

La constatation de germes microscopiques ne suflit donc pas pour faire rejeter une eau comme mauvaise. Cependant le très grand nombre de ces germes est déjà suspect. En outre, il faut, par une technique minutieuse,

s'assurer qu'il ne s’agit pas de germes pathogènes de la fièvre typhoïde, du choléra, de la dysenterie. Telles sont, en effet, les trois maladies où le rôle de l’eau souillée est le plus redoutable. Maïs on a vu que, même pour la tuberculose, l’eau semblait parfois un agent de propagation.

La fièvre typhoïde est la maladie sur laquelle la qualité de l’eau exerce le plus d'action.

« Il faut, écrit A. Chantemesse, dans son Traité de Médecine, remonter dans l’antiquité pour admirer avec quel soin les médecins et les hygiénistes se préoccupaient des qualités de l’eau potable et quel rôle ils lui accordaient dans la transmission des maladies infectieuses. Ce n’est que dans la seconde moitié de ce siècle que ces notions ont été de nouveau mises en lumière et, en ce qui concerne l’origine hydrique de la fièvre typhoïde, les noms de Snow, de Budd et de M. Brouardel ne peuvent être séparés de la démonstration du rôle de l’eau potable dans la genèse de la dothiénenterie !.

En France, les communications de M. Jaccoud, de M. Bouchard apportèrent de nouvelles démonstrations de la transmission de la maladie par l’eau.

« À M. Brouardel revient le mérite d’avoir précisé et étendu le rôle étiologique de l’eau de boisson et montré son importance dominante. Nous devons à ce savant la majeure partie des mesures d'hygiène qui ont eu pour résultat la diminution de la morbidité et de la mortalité typhiques dans l’armée française. L'épidémie de Pierrefonds, où dans une eau remarquablement pure se trouvait le bacille typhique, a été le point de départ d’une enquête qui s’est poursuivie en France et à l'étranger. Elle a abouti à un résultat éminemment pratique et utile : l'apport d’une eau potable pure en mainte région où l’on buvait de l’eau mauvaise. »

Inversement, comme l'ont montré les graphiques de Chantemesse et Widal, de Thoinot, toute distribution d'eau suspecte est suivie à bref délai d’une augmentation dans les cas de fièvre typhoïde. Chantemesse a pu démontrer la loi suivante pour Paris : « Trois à quatre semaines après la distribution d’eau de rivière, le nombre des entrées pourfièvre typhoïde dans les hôpitaux augmente et revient à son chiffre normal trois à quatre semaines après la fin de la distribution. »

1. BROUARDEL, L’eau potable, (Revue scientifique, n° 9, 1887.)

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