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PARASITES INTRODUITS PAR L'EAU

Dans l’armée, des statistiques très rigoureuses ont établi la valeur de la surveillance des eaux potables, De 1889 à 1890, les mesures prises ont diminué la morbiditétyphique de 49 pour 100 et la mortalité de 34 pour 100. Dans le gouvernement militaire de Paris, la diminution de la morbidité a atteint 75 pour 100 et celle de la mortalité 62 pour 100. Dans certaines villes, dans certaines communes, un changement complet dans les eaux distribuées a parfois amené la disparition presque complète de la fièvre typhoïde.

Les cas où des épidémies se développent malgré les sacrifices pour amener une eau de bonne qualité ne sauraient infirmer la valeur de ces précautions. Pour les casernes, il existe bien des causes étrangères de contamination. Ces causes, malgré toutes les précautions prises, expliquent souvent les épidémies, et surtout les cas isolés de fièvre typhoïde.

Les meilleures eaux sont exposées à des souillures passagères et accidentelles.

Là même où l’eau de la caserne est irréprochable, le soldat a bien des occasions de boire au dehors une eau suspecte. Dans les familles amies, Fig: 9. — Filtre à pres-

, ; sion (coupe verticale), dans les cabarets, l’eau consommée n'est soumise à aucune surveillance. En marche, en manœuvres, le soldat altéré se jette souvent, malgré toutes les ATOS sur l’eau des mares et ER ae les plus exposés à toutes les contaminations. Enfin dans beaucoup de villes existent souvent, à côté de la canalisation d’eau de source, des conduites d’eau de rivière pour l’arrosage des rues. Malgré toutes les pancartes signalant cette eau comme non potable, le soldat la con-

somme souvent soit par besoin, soit même par bravade.

Cette origine étrangère dela fièvre typhoïde futtrès remarquable pendant l'épidémie de Paris en août et septembre 1906. Presque tous les Parisiens atteints avaient été, en réalité, contaminés, non à Paris, mais pendant leurs vacances, en villégiature. Au bord de la mer surtout, l'eau est souvent de qualité détestable. Il est fréquent de voir un séjour aux bains de mer déterminer une fièvre typhoïde, qui éclate au retour après trois ou quatre semaines d’incubation.

Choléra. — L'eau de boisson est aussi le principal agent de transport pour la contagion cholérique, Les rivières, mais surtout les eaux stagnantes de puits ou d'étangs sonttrès facilementcontaminées parles déjections et surtout par le linge des cholériques. Ce dernier mode de contamination esttrès fréquent. Bien souvent, dans une épidémie, les blanchisseuses sont les premières atteintes. Souvent aussi on voit un foyer se créer autour d’un étang servant de lavoir.

En dehors des grandes épidémies de choléra, toute eau souillée par des matières fécales peut produire un empoisonnement dont les symptômes rappellent beaucoup ceux du choléra. Cet empoisonnement est beaucoup moins contagieux que le choléra vrai. Mais ses atteintes peuvent être graves et quelquefois même mortelles.

Dysenterie. — La dysenterie est peut-être le type le plus net de la maladie due à la mauvaise qualité de l’eau potable. En Algérie, en Cochinchine, on la voit diminuer dans toutes les localités pourvues d’eau de qualité passable. On la voit disparaître chez tous les sujets qui ne boivent que de l’eau bouillie, L'usage du thé est, à cet égard, un des moyens de prophylaxie les plus importants. Dans certaines régions de l’Indo-Chine et de la Chine, les eaux sont tellement souillées que tout Européen qui les boit non bouillies est presque immédiate-

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