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Les vêtements, suivant les saisons et les climats

Le vêtement ne doit pas être seulement un objet de parure. La mode, et surtout la mode féminine, ne tient pas toujours suffisamment compte du but principal que doit remplir le vêtement: protéger le corps contre les intempéries. Aux saisons intermédiaires, surtout au printemps et à l'automne, dans les climats méridionaux, dans les pays de montagnes, où des nuits très froides succèdent à des journées très chaudes, où le soleil est de feu alors que le vent est parfois de glace, de très grandes précautions sont indispensables. Il faudrait, dans certains cas, changer de toilette plusieurs fois par jour pour ne pas être surpris par les sautes brusques de température et par ses dangereuses variations.

Les tissus employés dans les vêtements sont très nombreux. Aucun d’eux n’est parfait. Tous offrent des avantages et des inconvénients suivant le climat, la saison, le genre de vie.

Les tissus de laine sont ceux qui répondent le mieux dans nos climats au rôle protecteur du vêtement contre

sa

le froid extérieur, contre le refroidissement produit soit par la transpiration abondante, soit par le tissu mouillé. Fait qui semblera paradoxal : les étoffes de laine blanche protègent aussi fort bien contre la chaleur. À condition d'être modérément épais et flottants comme les burnous des Arabes, les vêtements de laine con-

Fig. 11. — Fibres des tissus : à, b, fibres de laine; c, fibre de soie d, fibre de lin; e, fibre de coton.

viennent d'autant mieux dans les pays chauds qu’ils protègent contre les brusques variations de température si fréquentes, soit par l'effet du passage du soleil à l'ombre, soit le soir après le coucher du soleil.

La soie protège fort bien contre le froid. Dans certains pays à hiver très rigoureux, comme la Chine, où le chauffage est très rudimentaire et presque inconnu, les habitants arrivent à braver les froids les plus intenses, en se couvrant de plusieurs vêtements de soie superposés.

Moins bons contre la chaleur, les tissus de soie sont cependant agréables en été par leur peu d'épaisseur et leur extrême légèreté; mais le principal avantage de la soie est de protéger très efficacement contre l'humidité, peutêtre aussi contre un agent météorologique dont le rôle est important, mais encore peu connu : les variations de l'électricité atmosphérique. Beaucoup de rhumatisants, de neurasthéniques, très sensibles aux moindres mouvements de température, éprouvent un grand soulagement en portant un tricot et un caleçon de soie. Mais le prix élevé de ces tissus en rend l’usage un peu exceptionnel. La bourre de soie, notablement moins coûteuse, offre presque tous les avantages de la soie même.

Les tissus de lin et de coton sont très avantageux comme linge de corps au point de vue de la propreté. Leur usage a réalisé un progrès considérable. Au moyen âge, où l’on ne portait guère que des étoffes de laine en contact direct et permanent avec la peau, les affections cutanées étaient très fréquentes et très graves. Mais ces tissus protègent à peine contre le froid. Mouillés, soit par la sueur, soit par la pluie, ils deviennent une cause de dangereux refroidissements. En cas d’exercices violents par la chaleur, ces tissus fins et légers, souvent recherchés, sont inutiles et périlleux. Mieux vaut, suivant l'exemple des paysans, avoir une veste de drap qu’on quitte pendant le travail et qu’on remet, une fois le travail fini. La veste et le pantalon de toile ne sont pas beauccup moins chauds que les vêtements en laine très fine ; mais ils protègent moins bien contre le refroidissement.

Un tissu spécial fait en peluche de coton, le pélon, est très léger et très chaud; mais il a le grave inconvénient d’être très inflammable. Il expose, au contact de la moindre flamme, aux accidents les plus sérieux.

Le tissu idéal, plus léger encore que la soie, protégeant autant et plus peut-être que la laine contre le froid,

serait le tissu de papier. Au Japon, les vêtements de papier spécial, rendu indéchirable et très résistant, sont très employés, même dans l’armée. Ils commencent à pénétrer en France, surtout dans le monde des sports, mais ils sont encore trop coûteux et d’un usage peu durable pour leur prix. On doit toutefois se souvenir de cette curieuse propriété du papier contre le froid. Si l’on est surpris, avec un vêtement trop léger, par un abaissement brusque de la température, il suffit avec un grand Journal d’improviser sous le gilet un double plastron protégeant d'un côté le ventre ét le devant de la poitrine, de l’autre tout le dos, pour avoir un supplément très appréciable de protection ; de même un journal placé sur les jambes et les genoux les défend contre le froid presque aussi bien qu'une couverture,

Le cuir est très employé pour la chaussure, à cause de sa solidité et de sa résistance à l’eau. Sans être entiè- .rement imperméable, ce qui aurait le défaut de supprimer la transpiration cutanée, le cuir ne se laisse traverser que très lentement par l'humidité. Aussi les tissus de cuir mince et souple sont-ils souvent utilisés dans les professions qui exposent aux intempéries, aux pluies abondantes et prolongées. Beaucoup d'officiers portent sous leur dolman ou leur tunique un mince gilet de cuir à manches. Les mécaniciens et les chauffeurs de chemin de fer ont souvent une veste de cuir doublée d’une flanelle très fine. Cette combinaison est excellente, car le cuir, très bon contre l'humidité, protège assez peu contre le roid. — Un drap spécial en tissu de laine très serré, dit drap-cuir, est presque aussi imperméable que les tissus caoutchoutés, sans en avoir les inconvénients. Ce drap est très chaud et un peu lourd. Il est, en outre, fort coûteux. En dehors de ces données générales, la valeur relative des divers tissus au point de vue de l'hygiène tient, avant tout, à leurs propriétés hygroscopiques ou thermiques,

Propriétés hygroscopiques. — Les tissus des vêtements se trouvent en contact fréquent avec l’eau. Cette eau provient soit du corps lui-même par l'évaporation de la sueur, soit des intempéries extérieures (neige, pluie, brouillard, etc.).

L'eau pénètre dans les tissus tantôt à l’état de vapeur (sueur, brouillard), tantôt à l’état liquide. Dans ce dernier cas, elle remplit les pores du tissu, en chasse entièrement l'air et détermine une infiltration plus complète qu'à l’état de simple vapeur.

Les tissus les plus hygiéniques contre l'humidité sont, d'une part, ceux qui peuvent absorber la plus grande quantité d’eau ; d'autre part, ceux qui, tout en absorbant la plus forte quantité d'eau, conservent une certaine perméabilité à l'air.

La première condition est réalisée au maximum par les flanelles. La flanelle de laine possède un pouvoir absorbant dix fois plus grand que la toile de coton. La flanelle de coton garde encore une capacité d'absorption six fois plus grande que la toile.

En outre, ce sont les étoffes ayant le maximum d’absorption qui conservent le mieux leur perméabilité. La toile mouillée devient absolument imperméable à l'air ; elle supprime, par suite, toute évaporation cutanée. Au contraire, avec les flanelles mouillées, la perméabilité diminue seulement de 18,6 pour 100 (flanelle de coton) et même de 13 pour 100 (flanelle de laine).

On conçoit donc toute la supériorité des vêtements de flanelle sur les vêtements de toile. Cette supériorité est surtout très grande pour les vêtements de dessous, en contact direct avec la peau.

Les propriétés hygroscopiques des tissus de flanelle les rendent encore plus précieux en été qu'en hiver. Très souvent, en effet, l’été est la saison des pluies les plus fortes et les plus abondantes. Mais surtout c'est en été que la transpiration et l’évaporation de la sueur atteignent leur maximum.

La flanelle possède encore deux autres propriétés hygroscopiques utiles : 1° elle se mouille très lentement; 2° elle sèche avec une égale lenteur. Elle oppose donc plus de résistance avant d’être traversée par la pluie. Séchant moins vite, elle détermine un refroidissement beaucoup moindre que les tissus dans lesquels l’évaporation de l’eau est beaucoup plus rapide,

Deux expériences très simples permettent de constater ces propriétés.

En plaçant sur trois cuvettes d’eau trois morceaux de toile de lin, de tricot de laine, de flanelle et en surveillant les progrès de l’imbibition, on constate :

Que le lin est mouillé presque immédiatement dès le premier contact ;

Que le tricot de laine résiste pendant plusieurs heures;

Que la flanelle oppose une résistance encore beaucoup plus grande à l’imbibition, atteignant vingt-quatre heures et plus.

L'inverse se produit, quand on met à sécher les étoffes entièrement imbibées. En entourant avec ces étoffes les boules de trois thermomètres, on peut constater un abaissement de température d'autant plus notable que l’évaporation est plus rapide. Celle-ci est particulièrement lente avec la flanelle.

Quand ces vêtements de laine ou de flanelle ont été complètement traversés par une averse, cette lenteur dans l’évaporation, si précieuse pour prévenir le refroidissement immédiat, devient un petit inconvénient lors= qu'il s’agit de les faire entièrement sécher, Exposés simplement à l'air et au soleil, ces vêtements ne sont souvent tout à fait secs qu’au bout de deux ou trois jours.

Propriétés thermiques. — Les différents tissus conduisent plus ou moins bien la chaleur; ils se laissent plus ou moins pénétrer par elle, Mais, en outre, ils renvoient plus ou moins la chaleur du dehors ou, au contraire, l’'absorbent. Ces trois pouvoirs ont reçu le nom de

pouvoir conducteur, pouvoir rayonnant, pouvoir absorbant.

Quand les tissus sont mouillés, cette imbibition modifie souvent beaucoup leurs propriétés thermiques. D'une part, l’eau chasse hors des pores du tissu l'air, qui constitue une des protections les plus efficaces contre la déperdition de chaleur ; d’autre part, l’évaporation devient une cause de refroidissement.

Pouvoir conducteur. — Le pouvoir conducteur des tissus dépend, avant tout, de l’air interposé dans les pores. L'air est un des plus mauvais conducteurs de la chaleur. On sait quel rôle les doubles fenêtres, grâce à la mince couche d'air interposée, peuvent jouer pour conserver la chaleur d’un appartement.

Les parties solides du tissu ont un pouvoir conducteur bien plus fort que celui de l’air. Si l’on prend le pouvoir de l’air comme unité, le pouvoir de la laine est 6, le pouvoir de la soie, 19 ; le pouvoir de la toile de lin est de 30.

En dehors de la porosité plus grande, on voit, par suite, que la laine se laissera cinq fois moins traverser par la chaleur que la toile. Elle protège, par suite, cinq fois plus le corps contre le refroidissement. Quand la température extérieure est très élevée, supérieure même à celle du corps, les étoffes de laine mettent jusqu’à un certain point le corps à l’abri contre la chaleur du dehors. Les Arabes se défendent contre celle-ci par d’épais burnous de laine blanche. « Ge qui protège du froid, . disent-ils, protège du chaud. »

En pratique, l'épaisseur du tissu joue un rôle plus grand que la nature des fibres et la porosité. Plus le tissu est épais, plus le renouvellement de l’air y est difficile. Par suite, plus l'absorption de chaleur est faible.

On obtient également de très bons résultats en mettant l’un par-dessus l’autre plusieurs vêtements très minces. La couche d’air interposée entre chaque vêtement constitue le meilleur agent de protection. Le gé-

néral Marbot, dans ses Mémoires, raconte l'histoire d'un officier qui fit toute la retraite de Russie sans autre vêtement qu'une tunique d’uniforme ; mais il avait mis sous cette tunique huit chemises de toile superposées.

L'état d'humidité d’un tissu en augmente beaucoup le pouvoir conducteur, Plus l’eau se substitue à l'air, et plus la résistance à la pénétration ou à la déperdition de la chaleur devient faible. Là encore, les tissus qui se laissent le moins facilement imbiber par l’eau présentent une réelle supériorité.

Pouvoir rayonnant. — Le pouvoir rayonnant varie moins d'une étoffe à l’autre que le pouvoir conducteur et le pouvoir absorbant. Les variations semblent plutôt tenir à l’état lisse ou rugueux de la surface qu’à la nature même de l’étoffe.

Entre les tricots de soie, de coton ou de laine, on note peu de différence dans le pouvoir rayonnant.

Au contraire, le coton apprêté, la soie brillante, ont un pouvoir rayonnant très faible. L'usage de ces étoffes très lisses offre donc des avantages. Ces avantages sont surtout précieux en cas de pluie. En effet, les étoffes mouillées ont un pouvoir rayonnant beaucoup plus fort. Il en résulte une déperdition considérable de chaleur èt, par suite, des risques de refroidissement.

L'évaporation àlasurface desétoffes mouillées estla principale cause de ce refroidissement. Cette question est assez complexe, car l’évaporation dépend de facteurs multiples :

1° La température de l’air ambiant : plus cette température est élevée, plus l’évaporation est active. De là ce fait, paradoxal en apparence, qu'on court plus de danger de refroidissement après une forte pluie reçue en été qu'en hiver. Le vêtement mouillé agit alors sur le corps comme les linges mouillés dont on enveloppe les bouteilles pour les refroidir par les temps très chauds.

2° De l'état d'humidité de l'atmosphère. Si l’on garde des vêtements mouillés dans une pièce très sèche et très

chaude, le refroidissement du corps sera plus rapide et plus intense qu’au dehors.

3° De la quantité de pores remplis par l’eau dans l’étoffe. La flanelle, qui conserve toujours une grande partie de ses pores remplis d'air, a une évaporation plus lente et un refroidissement moins rapide que la toile.

Pouvoir absorbant. — Le pouvoir absorbant des étoiles pour la chaleur varie comme le pouvoir rayonnant. [Il est moins élevé pour les étoffes lisses et brillantes que pour les étoffes mates.

La nature même du tissu joue un rôle moins important que son épaisseur. Mais l’absorption dépend surtout de la couleur de l’étoffe,

Avec une étoffe noire, l'absorption est deux fois plus active qu'avec une étoffe blanche.

Si l’on représente par 100, la quantité de chaleur lumineuse absorbée par une étoffe blanche, cette quantité s'élève :

Pour une étoffe jaune foncé . . . . . . . à 140. — TR DOURE PRE NE SR te IDE — — brune ou bleu foncé, à 195.

ee ne (0: ENS 7

En plaçant sur de la neige, un jour de soleil, des carrés d'étoffe de mêmes dimensions, mais de couleurs variées, on se rendra rapidement compte de cette absorption par les étoffes noires. Au-dessous d’elles, la neige fond beaucoup plus vite et en plus grande quantité. L'usage de préférer des vêtements clairs et blancs en été, surtout pour aller au soleil, est donc parfaitement justifié.

En résumé, dans son action thermique générale, le vêtement doit remplir un double rôle :

1° Diminuer la perte de chaleur du corps et économiser la chaleur animale. C’est, en effet, par l’évaporation de la sueur que s’effectue surtout la déperdition de chaleur ; ce rôle est d'autant plus important que la tempé-

rature extérieure est plus froide. L'évaporation, quand le vêtement est mouillé, constitue une cause dirécte de refroidissement.

2° Protéger la peau contre la chaleur excessive du dehors et surtout contre la chaleur lumineuse. En été, même dans nos climats, les brûlures et les inflammations par coups de soleil sont fréquentes sur les parties découvertes du corps. L'action lumineuse est plus importante encore que l’action calorifique. Dans les hautes montagnes où le froid est très vif, mais où les radiations solaires atteignent leur maximum d'intensité, les coups de soleil sont très fréquents.

En dehors de l’épaisseur et du choix des tissus, on a vule rôle considérable que jouait l’air interposé soit dans les pores du vêtement, soit entre les divers vêtements. Ce rôle de l’air explique l'influence spéciale que le vent joue comme cause de froid. Par un vent un peu vif, l’air protecteur des vêtements se renouvelle et est déplacé beaucoup plus vite que par un temps calme.

Tous les voyageurs au pôle ont fait cette remarque qu'un froid de 25 à 30 degrés au-dessous de zéro était très bien supporté, quand il n’y avait pas le moindre souffle d’air; un froid de 4 à 5 degrés est, au contraire, intolérable par un vent violent.

Dans certains pays où la température est souvent assez chaude, maïs où l'atmosphère est fréquemment agitée, en Espagne par exemple, cette crainte du vent a conduit à adopter des manteaux flottants de forme spéciale, la cape qui peut envelopper le corps entier, ou être portée, au contraire, d'un seul côté du corps. On peut ainsi protéger le côté du corps exposé au vent sans se charger entièrement d’un vêtement trop lourd qui amène, surtout par la marche, un surcroît de transpiration.

Danger des vêtements mouillés. — Imperméabilisation des vêtements. — Les vêtements mouillés s’opposent beaucoup moins au refroidissement

du corps que les vêtements secs. L’eau qui remplit les pores du tissu conduit, comme on l’a vu, la chaleur bien mieux que l'air. En outre, les divers vêtements interposés collent et adhèrent, une fois mouillés, les uns aux autres; la couche d’air intermédiaire est supprimée. Le vêtement, en contact immédiat avec la peau, adhère luimême à celle-ci. [Il en résulte une sensation de froid des plus désagréables.

En se chargeant d’eau, les vêtements présentent un autre inconvénient, très appréciable surtout quand on fait une marche fatigante par une chaude pluie d’été : ils augmentent considérablement de poids. Cette augmentation est surtout sensible avec les draps et les flanelles, qui absorbent beaucoup d'eau. Ce pouvoir d'absorption, qui offre de sérieux avantages, a donc aussi ses mauvais effets. Par suite de ce poids supplémentaire, la fatigue s'accroît; la transpiration augmente. Cet accroissement de la transpiration est particulièrement pénible, car la sueur n'est plus absorbée par les vêtements mouillés; elle ne s’évapore que très difficilement, les pores du tissu étant remplis d’eau. Elle devient un danger très grave de refroidissement.

Pour obvier à tous ces inconvénients, on a cherché bien des moyens d’imperméabiliser les vêtements.

Cette imperméabilisation ne doit naturellement porter que sur le vêtement le plus extérieur. Il faut que les vêtements, en contact avec la peau, puissent absorber la sueur etse laisser traverser par elle, en permettant son évaporation.

Mais, fait curieux et qui montre bien le rôle considérable joué pour la santé et pour le bien-être général par l’évaporation continuelle de la sueur, la gêne apportée par l’imperméabilisation du seul vêtement le plus extérieur est déjà très vivement ressentie. Elle est tolérable au repos, ou quand il n’y a pas d’exercice musculaire violent. Mais rien n'est pénible comme de faire, par exemple, une longue marche avec un manteau de caout-

chouc. On ressent bientôt une moiteur des plus désagréables : on se trouve dans un véritable bain de vapeur ; et le vêtement le plus directement en contact avec la peau finit parfois par être plus mouillé par la sueur qu’il ne l'aurait été par la pluie.

Les caoutchoucs, les tissus caoutchoutés réalisent au maximum cet inconvénient. Îls sont tout à fait imperméables à l’eau, mais en même temps ils sont imperméables à l'air. Non seulement la sueur ne s’évapore plus, mais la couche d’air en contact direct avec la peau n’a plus aucun renouvellement et augmente encore la transpiration. Les jockeys, qui désirent se faire maigrir par des sudations très abondantes, connaissent bien cette propriété des tissus caoutchoutés : ils font de longues “marches au soleil avec des manteaux de caoutchouc.

Ces tissus, s’ils sontimperméables, ont, par contre, un grand pouvoir rayonnant. Si la température extérieure baisse, ils laissent perdre rapidement beaucoup de chaleur. Ils protègent donc mal contre le refroidissement.

Bien des procédés ont été essayés pour obtenir un tissu imperméable à l’eau, perméable à l'air, n’offrant pas .ce double inconvénient.

La laine brute possède naturellement cette propriété, grâce au suint qui imbibe et unit les fils. Mais, dans la préparation industrielle des draps de laine, ce suint disparaît presque entièrement. Une fois le drap fabriqué, on a essayé de lui rendre sa propriété naturelle en le graissant largement, soit avec du suint, soit avec de la lanoline, substance grasse retirée du suint et qui en possède les propriétés, sans en avoir l’odeur désagréable.

Les résultats sont très bons contre l’eau. Mais les étoiles ainsi traitées se chargent vite de poussière. Elles prennent un aspect sale et crasseux. Si on les nettoie par le savonnage, le savon dissout le suint, et fait disparaître l’imperméabilité.

Les solutions d’acétate d’alumine, très employées en teinturerie comme mordants pour donner aux étoffes leur

brillant spécial, amènent une grande résistance à la pénétration de l’eau, tout en laissant passer l’air. Cette résistance n’est pas de très longue durée. Elle diminue, quand les vêtements ont été fortement mouillés plusieurs fois. Il faudrait donc de temps à autre renouveler le trempage dans la solution.

La paraffine additionnée d’un tiers de vaseline et dissoute dans le pétrole donne, au contraire, de très bons résultats. Les étoffes ainsi traitées ne prennent qu’une quantité d’eau insignifiante. Elles sont perméables à l’air. Elles gardent leur souplesse, leur couleur, leur brillant. L'endroit paraffiné résiste assez bien au savonnage. Ce procédé paraît donc un des meilleurs.

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