DÉSINFECTION
dans ce désinfectant sont à la fois, s’ilest possible : 1° la destruction rapide, sûre, définitive des principes virulents ; 2 l'innocuité relative ou absolue pour les personnes (habitants du local ou agents de désinfection), pour les chjets à désinfecter, pour les appareils ; 3° le bon marché et la facilité de l'emploi ; 4° autant que possible, l’absence d’odeur désagréable.
Possède-t-on aujourd’hui, pour la pratique de la désinfection, un agent qui présente toutes ces garanties? Est-on plutôt obligé de faire choix de procédés qui se rapprochent le plus possible de cet idéal ?
Malgré les progrès considérables que la recherche des agents antiseptiques et des procédés de désinfection n’a cessé de faire, il n’est pas possible de dire qu’on possède un produit, ou même un procédé remplissant à la fois toutes ces conditions.
Cela tient surtout à ce que la pratique de la désinfection des habitations est, en elle-même, des plus compiexes, puisque rien n’est plus variable qu’une habitation au point de vue des matériaux qu’elle renferme. La désinfection y doit done, il faut même qu’elle y puisse avoir des formes et des moyens d'exécution variés, adaptés à ces diverses modalités.
Un local, quel qu’il soit, aussi encombré de matériaux, de meubles, de literie, de tapis, de tentures qu’on peut se l’imaginer, aussi recouvert de papiers, d'étofles, que le luxe moderne peut l’avoir encombré, pourrait-il ètre désinfecté, minutieusement et radicalement débarrassé des germes pathogènes qu’il pourrait renfermer, et cela, sans qu’on en enlève aucun objet, c’est-à-dire par un procédé satisfaisant à toutes les conditions de la désinfection? Nous en sommes personnellement persuadés, Mais nous nous hâtons d’ajouter que l'opération devrait, dans ce cas, durer à elle seule plusieurs jours, nécessiter des dispositifs coûteux et rendre le local inhabitable pendant plus d’une semaine.
On conçoit que de pareilles circonstances se rencontrent très rarement dans la pratique de la désinfection, tout au plus dans des familles fortunées ou aisées qui peuvent abandonner les locaux où a sévi la maladie et qui peuvent aussi faire les frais, assez élevés, de l’application de tels procédés.
Or, les affections transmissibles ne se montrent d'ordinaire que parmi la partie de la population qui est incapable de subir de telles exigences; c’est là qu’elles font surtout des victimes e1 qu'elles se propagent avec le plus de rapidité et de fréquence.
Un petit nombre de méthodes de désinfection sont capables de désinfecter les logements, à savoir : l'emploi de gaz antiseptiques, le lavage des surfaces à l’aide de désinfectants et le flambage superficiel proposé récemment par M. le docteur Godin pour l'asepsie du casernement et le mobilier du soldat. La première de ces méthodes n’assure pas mieux que la seconde, dans la plu-
part des cas, la désinfection en surface ; elle y arrive moins bien même pour certaines catégories de logements. Aussi convient-il par-dessus tout de désinfecter à part et tout d’abord les objets qui ont pu être imprégnés en profondeur par des germes virulents.
De ce nombre sont notamment les mouchoirs, serviettes, draps, couvertures, linges, qu'on laissera en contact, pendant un certain nombre d'heures, avec de l’eau alcalinisée à l’aide d’un peu de carbonate de soude par exemple, en une lessive, afin de dissoudre les taches et enduits, et de faire l’essangeage; puis on fera bouillir l’eau de lavage. On peut aussi les faire tremper pendant vingt-quatre heures dans des solutions savonneuses de crésol, avant de les envoyer à la lessive. Les matelas peuvent être défaits, après avoir été lavés à l’aide d'une solution désinfectante ; la laine peut être désinfectée à l’étuve, avec des vapeurs de formol, à l'acide sulfureux obtenu par la combustion du soufre, ou exposée au grand air pendant plusieurs jours ; les enveloppes seront mises à la lessive. Les habits portés par le malade peuvent être désinfectés de la même manière. Tout ce qui est sans valeur, et les objets qui ont été directement souillés, tels que des jouets, par exemple, par des enfants atteints de diphtérie, rougeole, etc., seront plutôt détruits.
Ces mesures, que chacun peut prendre chez soi afin d’assurer la désinfection immédiate, et qui sont applicables dans n'importe quelle localité et pour toutes sortes de maladies transmissibles, sont facilitées, cela va de soi, si l’on est à proximité d’un établissement de désinfection. Les linges, les effets contaminés, etc., peuvent y être portés pendant tout le cours de la maladie, avec
des précautions spéciales, et rendus désinfectés, à des intervalles.
plus ou moins longs, d’après le désir des familles et suivant leurs ressources.
En ce qui concerne la désinfection du local, planchers, murs, etc., et du mobilier, le lavage pratiqué avec soin et énergiquement constitue un procédé efficace et à la portée de tous. Il aura d'autant plus d’effet qu’on se sera efforcé de faire porter le désinfectant sur tous les points où les microbes pathogènes auront pénétré et qu’on aura laissé l’antiseptique un temps suffisant pour que son action microbicide ait pu s'exercer. Une telle manière de procéder, qui mouille les poussières et les met én contact prolongé avec le désinfectant, est certainement préférable, quand on peut l'appliquer, à l'emploi de gaz désinfectants dont la pénétration est si lente et si difficile.
Le lait de chaux fraîchement préparé, la solution de chlorure de chaux suivant la formule de Chamberland et Fernbach (100 grammes de chlorure de chaux du commerce, mélangés à 1.200 grammes d’eau, puis dilués, après filtration, au dixième), l’eau de Javel commerciale à 2 pour 100, la solution de formol commercial à 5 gram-