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DÉSINFECTION

mes par litre d’eau, l'acide phénique à 5 pour 100, les crésyls à la même dose, le vinaigre de bois, les solutions savonneuses, les solutions de sublimé additionné de chlorure de sodium, etc., etc., tels sont les principaux antiseptiques dont il y a lieu de faire usage en pareil cas.

Laver, frotter énergiquement toutes les surfaces À désinfecter, en mouiller les poussières aussi prefondément que possible, c’est, nous tenons à le répéter, le moyen le plus sûr de pratiquer la désinfection des locaux contaminés ou suspects. Il va de soi que cette pratique variera forcément avec la nature des surfaces des locaux, de même qu’il faudra bien faire choix d’un antiseptique différent suivant les conditions de l'habitation, sous peine de voir la désinfection elle-même redoutée ou refusée, en raison des dégâts et des frais qu’elle occasionnerait,

Lors donc qu'il s’agit de surfaces revêtues de matériaux sans valeur, le lavage avec la brosse, le balai, l'éponge, etc., pratiqué au seau ou à la lance, le frottage même à la mie de pain, doivent être sans crainte mis en usage.

Les murs blanchis à la chaux seront badigeonnés de nouveau : les sols carrelés ou même planchéiés, sur lesquels se déposent surtout les germes pathogènes, les murs garnis de papiers de tenture ou de peintures qui ne craignent pas un lavage vigoureux seront ainsi désinfectés.

Mais il n’en saurait être de même dans la plupart des habitations, surtout dans les villes ; la désinfection doit alors user de procédés plus délicats, et c’est ici que le dépôt méthodiquement effectué de liquides antiseptiques, à l’aide de procédés moins bruaux ou moins énergiques, doit pouvoir rendre des services. On a beauceup critiqué à ce sujet l'emploi des pulvérisateurs, car de nombreuses recherches de laboratoire ont montré ce que, dans des conditions insuffisantes et avec des antiseptiques dont la valeur bactéricide n'était pas suffisamment contrôlée, il peut présenter de lacunes.

Les pulvérisateurs ne peuvent d’ailleurs rendre des services qu autant qu'ils permettent de pratiquer sur les surfaces à désinfecter, non pas un simple dépôt de poussière d’eau, à peine perceptible, mais une imprégnation profonde du liquide antiseptique ; il s’agit bien plutôt d'obtenir avec ces appareils un lavage au jet, sans violence ni crainte de détériorations inutiles ou cxagérées. Ainsi pratiquée, cette méthode, qui n’est évidemment qu'un pis-aller, peut arriver à couvrir les surfaces d’une couche continue de liquide, et à les imprégner assez profondément pour que l’action microbicide du désinfectant choisi se prolonge au moins pendant toute la durée de son évaporation,

NEUVIÈME ET DIXIÈME LEÇONS (suite).

Lumière : 1. Importance de la lumière pour la conserva tion de la santé. — 2. Destruction des microbes. — 8. Etiolement par privation de lumière.

1. Importance de la lumière solaire pour la conservation de la santé.

Les personnes vivant beaucoup au grand air et au soleil présentent un teint rose et florissant, un aspect général de santé. Cet aspect n’est pas trompeur. Il répond à une richesse plus grande du sang, à un fonctionnement meilleur de tous les organes. Lasègue exprimait ce rôle du plein soleil par une remarque pittoresque. Il recommandait de comparer la figure des cochers d’omnibus, bronzés et vivifiés par le grand air, avec la figure des employés de bureau. Il conseillait aussi, quand on en avait l’occasion, de les questionner chacun à leur tour sur leur état de santé, leurs malaises et leurs maladies.

Dans l’action puissante du séjour au bord de la mer, à la campagne, à la montagne, la luminosité de l'air joue un rôle cousidéreble dans les effets toniques produits par ces différents séjours.

Au bord de la ner, par suite dela pureté atmosphérique et de l'absence de poussière, la radiation solaire est particulièrement vive. Elle est plus intense que dans les villes, et les coups de soleil sont, même sur les plages, un accident des plus ordinaires. Alors même que le cielest

chargé de brouillard, ce n’est pas le brouillard sombre, Opaque, noirci par les particules de charbon, qu’on observe dans les grandes villes, à Paris et à Londres en particulier.

Quand le ciel est pur, la radiation solaire agit tout d'abord par son action directe ; mais elle est, en outre, réfléchie, surtout sur les plages de sable, et ce rayonnement du sol s'ajoute puissamment à la radiation primitive. Cazin, de Berck, regardait même ce bain de soleil comme plus important que le bain de mer. Tandis que le bain de mer n’est pas toujours bien toléré, le bain lumineux, au contraire, possède sans inconvénients une remarquable action vivifiante. Des les premiers jours cette action est très visible, surtout chez les enfants ané= miques et affaiblis des grandes villes,

La peau se modifie, surtout sur les parties découvertes. Elle devient plus rose et plus pigmentée ; mais surtout elle devient plus ferme et plus élastique. Les membres sont aussi plus fermes et mieux musclés ; le regard est plus vif, l'appétit meilleur et les digestions sont plus faciles. On doit ajouter à ces derniers phénomènes plus d'importance qu’à la coloration du visage. Très vite, en effet, le hâle de la mer donne à la figure un aspect de force et de santé, qui est quelquefois un peu trompeur, Mais on ne risque pas de s’illusionner quand on tient compte de l’ensemble des modifications produites. Le bain d'air marin, plus encore que le bain de mer, réveille et ressuscite, en quelque sorte, l’activité vitale de tous les organes et de toutes les fonctions.

Dans l’action vivifiante de la simple campagne et de la vie au grand air, le rôle de la lumière est également capital. Dans les villes même, la santé est infiniment meilleure, si l’on habite un appartement bien éclairé que si lon habite un logement sombre et obscur. Malheureusement, dans les grandes villes, l’étroitesse des rues, la hauteur des maisons voisines, le peu d’élévation des divers étages, font que souvent les appartements sont très

peu éclairés. Ce sont là, au point de vue de l'hygiène, des conditions très défavorables et qui, par malheur, vont plutôt en s’aggravant.

Pour la montagne, la magnifique lumière de l'altitude contribue beaucoup à la gaieté et à l’action bienfaisante de son séjour. Cette lumière tient en partie à la hauteur moins grande de la couche atmosphérique ; elle tient surtout à la siccité très grande de l'atmosphère. Dans la haute montagne, les neiges, une fois tombées en automne, ne fondent plus qu’au printemps. On n’a pas ces alternatives de dégels et de pluie froide qui rendent l'atmos- :

| phère de la plaine si triste et si brumeuse pendant la | mauvaise saison.

Cette sécheresse ! de l'air contribue beaucoup aux caractéristiques climatériques de la montagne : l’admirable transparence et la sérénité de l’atmosphère, l’intensité lumineuse, le calme et l'absence de bruit. Ce silence de l’altitude, à bien l’observer, n’est pas absence de bruits, mais absence de rumeur sourde. Tous les sons courent nets et intacts dans cet air limpide. Un air dense et humide limite la vue et arrête les rayons solaires ; il transmet au loin le moindre son. Dans les ascensions, quand on quitte la région du brouillard pour s'élever audessus des nuages, le contraste entre les deux atmos- . phères est saisissant. On laisse brusquement le plein hiver pour trouver, malgré le froid thermométrique, la sensation tiède des printemps du littoral.

Parmi les éléments constitutifs de l’atmosphère, l’eau, même en vapeur, arrête cent fois plus de chaleur que l'oxygène et que l'azote. Elle arrête surtout les rayons caloriques obscurs, si importants comme action chimique et comme désinfection. La siccité de l’atmosphère facilite donc l'action de ces rayons et l’antisepsie.

En outre, cette sécheresse permet de supporter des

1. A.-F. PLICQUE, Traitement de la tuberculose, 1906, Rucff, éd., p. 12%.

froids, même très rigoureux. Elle facilite beaucoup les cures d'altitude. Le sentiment de froid est éminemment relatif. L'absence de vent, la sécheresse parfaite de l’air, suppriment d’une façon presque absolue le refroidissement.

La sensation pénible de froid éprouvée par l'organisme résulte de l'humidité et de la diathermanéité de l'air bien plus que de l’abaissement du thermomètre, Les Lyonnais savent qu'avec du vent ou du brouillard on peut, par + 12 degrés ou + 15 degrés centigrades, souffrir réellement du froid, Le fait inverse, d’avoir chaud dans un air frais, est d'observation constante à la montagne pendant l'hiver, de sorte que le séjour en plein air et au lEpoS y ést, non seulement possible, mais agréable, Ce n'est pas sans élonnement que, Se trouvant dans de semblables conditions et venant par hasard à consulter un thermomètre placé à l'ombre, on constatera qu'il ne dépasse pas 0 degré. C'est qu'en effet l'air, exempt de vapeur d’eau, possédant son maximum de diathermanéité, Sa température propre ne saurait être influencée par l’in- Solation. Les rayons solaires directs, renforcés encore de ceux que la neige réfléchit, concentrent leur action sur les corps absorbants; le corps humain en perçoit donc toute l'intensité, tandis que le sol et l'air restent à 0 degré ou au-dessous, ainsi qu'en témoigne l'absence de fonte de la neige, si elle n’est mise au contact d'un corps absorbant, tel qu'un morceau de bois ou une feuille, qui y creuse alors rapidement une loge profonde. De même, au Groenland, le goudron fond sur les navires, quoique le thermomètre marque à l'ombre plusieurs degrés de glace (Lindsay). De plus, l'air sec étant mauvais conducteur, la déperdition du calorique à la surface du corps se trouve très réduite.

Jaccoud, dans ses observations thermométriques faites

1. DUMAREST, Les Climats d'altitude et Le sanatorium d'Hauteville ; Lyon, 1896.

à Davos, dans la Suisse allemande, a bien montré le curieux contraste entre l’air très froid et la radiation solaire extrêmement intense. Tandis qu’à l’ombre il y avait 9 degrés au-dessous de zéro, le thermomètre placé au soleil contre un mur marquait 33 degrés, et même 41 degrés 5, Comme les rayons lumineux, les rayons caloriques gardent, en effet, presque toute leur intensité primitive. Cette perte au sommet du Mont-Blanc ne s'élève qu’à 6 pour 100. Elle atteint 25 à 30 pour 100 au niveau de la mer. Cette différence entre la température au soleil et à l'ombre est capitale pour la tolérance du froid. Elle exige, d'autre part, de réelles précautions. À Davos, écrit-il pittoresquement, les ombrelles sont l’accompagnement obligé des fourrures.

Dans toutes les cures d’air, qui tendent par bonheur à prendre une réelle extension (colonies scolaires, colonies de vacances, bourses de séjours à la montagne ou à la mer), la luminosité du ciel joue certainement un rôle vivi= fiant, outre les effets de l'air pur, de l'exercice et de la bonne alimentation. Aux enfants anémiques et lyÿmphatiques des grandes villes, ces cures de vacances peuvent fournir une provision de vigueur pour le reste de l'année.

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