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EMPOISONNEMENTS

lade de pommes, les oranges, les bananes, le raisin, les cerises, les dattes, le vin doux, le cidre. D’autres sont utiles, parce qu'ils laissent dans l'intestin une certaine quantité de résidus peu compacts, facilitant un travail mécanique, sans l'irriter par une dureté trop grande, Tels sont le pain légèrement bis, le pain de seigle, le pain d'épices, les salades cuites, l’oseille, les épinards, les purées de carotte, les pruneaux, les figues fraîches. — Si, malgré tous ces moyens {et le fait est bien excep= tionnel), la constipation persiste, il est d’un grand intérêt pour la santé de débarrasser chaque jour, ou tout au moins tous les deux jours, l'intestin par un lavement d'eau tiède. L'addition d’une à deux cuillerées de glycérine neutre rend l'effet de ce lavage encore plus certain.

5. Empoisonnements : empoisonnements par les substances diverses; soins immédiats.

Les empoisonnements les plus fréquents sont de beaucoup les empoisonnements alimentaires. Les accidents dus aux mollusques, aux champignons, ont déjà été étudiés. Les autres aliments qui peuvent déterminer des empoisonnements sont nombreux. Ceux qui produisent les accidents les plus fréquents et les plus graves sont les viandes avariées ou malsaines, le gibier faisandé, certains coquillages, les fromages putréfiés, les blancs d'œufs fermentés, les champignons et même le lait.

Ces empoisonnements divers paraissent surtout dus à des produits toxiques très complexes et très nombreux, se formant par la putréfaction. De là leur nom de ptomaïnes (dérivé de ptéma, cadavre). En 1870, Selmi fit le premier celte importante découverte dans une expertise médico-légale. Il remarqua que beaucoup de cas dé décès avaient, après autopsie, été regardés à tort comme dus à des empoisonnements. Le poison trouvé par l’analyse chimique s’était formé par la seule putréfaction.

En 1886, M. Gautier montrait que, sans altération con-

sidérable, beaucoup de matières albuminoïdes, et en particulier le blanc d'œuf, donnaient des produits toxiques. Il les nomma leucomaïnes (de leucôéma, blanc d'œuf).

Ces produits se détruisent souvent et disparaissent quand la putréfaction est par trop avancée. Quelques uns sont des plus redoutables et tuent à la dose très faible de quelques centigrammes.

Une partie des accidents observés dans les maladies infectieuses paraît tenir à la production de ptomaïnes et surtout de leucomaïnes dans les tissus de l’économie.

Les empoisonnements par les viandes malsaines ou putréfiées sont les plus fréquents et les plus graves *.

Comme pour les moules et les champignons, le traitement immédiat de ces empoisonnements comporte une première indication assez facile à réaliser pour tous : il faut évacuer l'estomac dès les premiers symptômes et provoquer les vomissements. Un des meilleurs moyens est de chatouiller le fond de la gorge avec le doigt ou avec le dos d’une cuiller. Mais les autres parties du traitement ne peuvent être décidées que par le médecin. On peut toutefois, dans tous les cas, donner du thé en abondance. Le thé est utile comme stimulant : il rend les vomissements moins pénibles; il contribue, grâce au tannin qu’il renferme, à précipiter les ptomaïnes et à les rendre moins dangereuses.

Quant au moyen d’éviter ces empoisonnements, il consiste, avant tout, à avoir une alimentation très choisie, à surveiller de près la fraîcheur et la qualité des aliments, leur conservation en été. Il faut rejeter tous ceux qui semblent tant soit peu suspects au goût ou à l’odorat, tous ceux qui dégagent une mauvaise odeur pendant la cuisson,

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