PHÉNOMENES DE LA RESPIRATION
Il y a là une cause fâcheuse de respiration insuffisante et, par suite, de prédisposition à la tuberculose.
Le poumon se dilate, en suivant tous ces mouvements de la poitrine. Cette dilatation est purement passive. Le poumon, suivant la comparaison de Kuss, suit la paroi du thorax absolument comme un caillou sur lequel on applique exactement un morceau de cuir mouillé, suit ce morceau de cuir quand on le soulève.
Fig. 15. — Alvéole pulmoraire à parois minces et élastiques,
Mais cette dilatation du poumon ne se fait pas sans agir sur son élasticité. L’élasticité du tissu pulmonaire est très grande. Ce tissu se dilate au moment de l’inspiration. Mais, quand l'effort qui a produit l'inspiration cesse, 1l tend, comme tout corps élastique, à revenir sur lui-même.
L'expiration est donc due surtout à cette élasticité. On l'a parfois comparée au retrait qui se produit dans un ballon de baudruche fortement insufflé, quand on donne libre passage à l'air. Toutefois, par suite de la configuration spéciale du tissu pulmonaire, ce retrait n’est jamais total. Même après l'expiration la plus forte, il reste une quantité considérable d'air dans le poumon.
Si l'expiration normale est presque exclusivement pas-
sive, l'expiration forcée met, au contraire, en jeu l’action de plusieurs muscles. Ces muscles poussent, en quelque sorte, de dehors en dedans la paroi thoracique. Celle-ci appuie sur le poumon : elle le force à revenir sur luimême plus complètement et surtout avec plus de rapidité.
Le poumon d’un homme vigoureux renferme, quand ilest distendu au maximum, quatre à cinq.litres d'air. Dans l'expiration forcée, trois litres et demi, quatre litres au plus, sont rejetés au dehors. Il reste donc un litre et souvent un peu plus d'un litre d’air résiduaire. Chez les sujets à professions sédentaires, respirant peu et incomplètement, la proportion d'air résiduaire s'élève à mesure que la proportion d'air maximum s’abaisse. L’inspiration et l'expiration ne déplacent guère plus d’un demilitre d'air, Un tiers environ de l'air inspiré est en outre, ainsi que l'a montré le docteur Gréhant, rendu tel quel. Deux tiers seulement servent à renouveler par leur mélange le contenu du poumon et à remplacer l'air vicié. La ventilation pulmonaire peut donc, chez ces sujets respirant mal, devenir tout à fait insuffisante. Elle laisse stagner non seulement l'air, mais les poussières et les microbes qui ont pu pénétrer dans le poumon. Cette stagnation est, par suite, singulièrement favorable à l'invasion des maladies infectieuses.
L'influence du repos et du mouvement sur cette ventilation pulmonaire a été bien démontrée par les expériences de Edw. Smith. Chez l'homme couché, la quantité d'air qui passe dans le poumon est, dans le même temps, sept fois moins forte que chez l'homme se livrant à une eourse forcée,
En moyenne, ia quantité d'air qui passe en vingt-qualre heures dans le poumon peut être évaluée à dix mille litres. On conçoit par ce chiffre énorme toute l'importance de la pureté de l'air. Un air même faiblement souillé de poussières, de fumée, de gaz nuisibles les entraînera avec lui et les fera pénétrer jusqu'aux dernières ramifications des bronches.