BESOIN D ALIMENTATION
vores; vous ne devez donc exiger le régime végétal que dans un but d'hygiène individuel , pour tel cas particulier, et non pas comme règle générale. A cet égard , le précepte du maigre deux fois par semaine dans le catholicisme est beaucoup plus rationnel, beaucoup plus sainement hygiénique que le régime pythagoricien exclusif.
De tous les faits physiologiques que nous venons d'exposer dérive la loi que doit suivre Thomme sollicité à satisfaire le besoin d'alimentation. Il faut qu'il y obéisse assez pour entretenir la nutrition de ses organes et pour vivre; qu'il ne jouisse du plaisir attaché à la satisfaction de ce besoin que dans le but de ne pas l'oublier et d'y recourir aussi souvent que la nécessité l'exige. Mais qu'il ne prenne pas le moyen pour la fin, qu'il ne se laisse pas aller à la sensualité dans le but de jouir; et pourquoi? parce qu'il compromettrait la santé de son corps , parce qu'il sacriherait injustement d'autres facultés qu'il possède, et qui , par cela seul qu'elles existent, ont dioit de se développer, car elles contribuent ainsi à l'harmonie de l'orsanisme.
La sensation de la faim et celle de la soif sont là pour nous avertir qu'il est temps de sacrifier au besoin de nutrition; et les aliments comme les boissons les plus simples sont aussi les njeillcurs , car ils ne cachent pas la satiété véritable sous un
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appétit factice, comme le font toutes les altérations que Fart fait subir aux uns et aux autres.
Chacun d'aiîieurs, dans l'état de santé, doit apprendre à apprécier les limites véritables de son besoin de nutrition ; mais le meilleur moyen de juger si l'on n'a pas dépassé les bornes ^ c'est d'éprouver, après avoir satisfait ce besoin, la facilité de son intelligence et l'empire de sa volonté. Celui qui , sortant de table, est apte au travail intellectuel et maître de toute espèce de résolution, celuilà n'a fait que remplir le vœu de la nature.
Il y a de la moralité à respecter l'harmonie des facultés de l'organisme.
3° Besoin d exonération.
Je passerai rapidement sur le besoin d'exonération du superflu de la nutrition; tout le monde sait que l'état social nous impose , à cet égard, des règles dont notre santé a quelquefois beaucoup à souffrir.
On a vu plus d'une maladie être la suite de cette retenue imposée par les convenances sociales qui empêchent de satisfaire à quelqu'un de ces besoins, et les hommes de cabinet qui sont atteinîs de ces affections ont à se reprocher de n'avoir pas cédé, quand il le fallait, aux sollicitations d'un instinct conservateur; mais nous renvoyons pour tous ces détails, aux traités d'hygiène; il nous suf-
BESOIN Dî^ C.VLOÏÏIQUE. ^^
lit de constater ici que l'iiamioiiie de dos foiiciioiis se trouble quand l'iiomme se refuse à satisfaire un juste besoin.
4" Besoin de calorique.
Quant au besoin de calorique il est encore inné en nous ; mais il varie suivant les pays, suivant les âges, et riiabitude a incontestablement ici inie très grande puissance. Nous avons à le considérer sous le rapport de son influence sur la durée de la vie et sur le moral de l'homme ; le reste est du domaine de l'hygiène des autres fonctions.
On a voulu donner de la force aux corps et de la fermeté au caractère en plongeant les enfants naissants dans l'eau glacée et laissant habituellement leur corps presque à nu. Une telle pratique suivie indistinctement est digne des siècles barbares. Le besoin de chaleur est naturel à l'homme, et fiiomme ne résiste au froid extérieur qu'autant qu'il engendre lui-même du calorique ; or, chez l'enfant, cette puissance calorifique est à son moindre degré. En effet , d'après les recherches de ÏM. Yillermé, il meurt proportionnellement plus d'enfants que d'adultes, r dans les mois les plus froids de l'année ; 2° dans les provinces les plus septentrionales. Ainsi les mois de janvier, février et décembre sont les plus fatals aux enfants; vien-