‹ Hygiène morale; ou, ApplicationChapitre 21 sur 46 · BESOIN DE CALORIQUE · texte numérisé non relu

BESOIN DE CALORIQUE

N'oublions pas , d'un autre côté , que , dans les climats brûlants, l'excès de chaleur est aussi nuisible à l'enfant que son excès contraire, et même davantage; car, suivant ?J. Villerraé , 1 hiver est plus meurtrier dans le Nord que dans le Midi , et l'été plus dans le Midi que dans le Nord.

L'enfant qui vient de naîtîe a besoin de s'habituer peu à peu à la température du milieu où il arrive, ordinairement si basse comparativement à celle dans laquelle il a vécu neuf mois. Que si l'on veut brusquer ce passage, et soumettre subitement l'enfant à une différence de 25 ou 3o°, on peut le tuer. S'il résiste, incontestablement c'est qu'il est fort , et ces épreuves répétées pourront contribuer à augmenter ses forces ; mais pourquoi ne pas l'habituer progressivement à ce froid, contre lequel il a besoin de réagir si énergiquement?

Quant aux effets moraux du froid , ils sont bien moins positifs; seulement le défaut de calorique, comme son excès , cause une sensation pénible , qu'il est bon d'exercer l'enfant à supporter, pour

ces mois, suivant leur degré de hUhalilé. i» Pour In premier mois : janvier, mars, novembre, août, septembre, octobre, février, avril, décembre, jniili'l, juin, niiii; 2" pour la première aimée: octobre, septembre, janvier, août, mars, novembre, décembre, juillet, février, juin, avril, mai. Nous nous plaisons d'ailleurs à rendre justice au travail consciencieux et éclairé de noire confrère du Tro\c5, et nous désirerions qu'il eût beaucoup d'imitateurs.

80 RESOIN DE CALOrJQUE.

l'habituer à résister à la douleur par la force do sa volonté.

Ce que nous venons de dire de i'enfant s'applique à l'homme adulte, avec cette différence que ce dernier possède au plus haut degré la puissance de calorification , tandis que le vieillard , redevenu enfant sous ce rapport, ne résiste plus au froid.

Après soixante-cinq ans, "d'après M. Quetelet, le froid est aussi redoutable pour eux que pour les enfants, et deux ou trois vieillards meurent en hiver contre un en juillet. IM. Lombard, de Genève, confirme ces résultats^ et a constaté cpie le mois le plus chargé de mortalité pour les vieillards était février, et le moins chargé juillet. Suivant d'autres calculs, c'est janvier qui est le plus fatal aux vieillards comme aux entants : c'est toujours l'hiver. Au reste , cette saison est , dans nos climats du moins , la moins favorable à la santé, et nous présente généralement la plus grande mortalité dans les hôpitaux comme dans l'armée , en France comme dans le Piémont, où les mêmes recherches ont été faites.

La volonté a encore ici beaucoup d'empire, car celui dont le moral est faible, dont le caractère est pusillanime, possède peu de force de réaction, et se laisse anéantir par l'action déprimante du froid. Faites donc entrer dans un olan d'éducation

EESOi:»^ DE MOUVEMENT. 0 1

]a résistance aux différentes intempéries atmosphériques, aux élévations de température, à ses abaissements subits, à toutes les variations auxquelles l'homme est sujet; mais ayez soin de ])roportionner ces exercices aux forces physiques, et ne méprisez jamais les lois physiologiques.

5° Besoin de mouvement.

Ce sont encore ces lois qui font naître dans l'homme le besoin da mouvement ^ besoin primitif, ainsi que l'a prouvé M. Broussais (Voyez sa Physiologie appliquée à la patliologie), qui agite déjà l'enfant dans le sein de sa mère^qui, plus lard, dirige ses bras vers sa nourrice, et essaie ses membres chancelants à soutenir son faible corps ; qui, plus tard encore, le tourmente à tel point que l'immobilité est pour lui le plus intolérable supplice; qui, dans l'âge mur, lui donne l'activité nécessaire à l'entretien de sa vie et à l'exécution de ses projets; qui, enfin, dans la vieillesse, s'éteint peu à peu , pour faire place au besoin de plus en plus pressant du repos, jusqu'à ce que ce dernier lui ait été donné pour toujours.

Nous n'aurions absolument rien à dire de ce besoin, qui paraît de nature à se renfermer spontanément dans des limites convenables, si l'histoire ne nous fournissait desexcmple> remarquables de rinflueucc de la volonté sur ses exigences. Tout

Page 1