‹ Hygiène morale; ou, ApplicationChapitre 3 sur 46 · VI BUT ET ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

VI BUT ET ENSEIGNEMENT

rapport qu'aux besoins matériels et tout-à-!fait du domaine de l'hygiéniste; la seconde comprenant tous les besoins spirituels ou moraux, et exclusivement propre au législateur, au moraliste. Dès îors, dira-t-on, l'Hygiène ne s'occupe que de la partie matérielle de la vie de l'homme, et nous l'abandonnons volontiers aux médecins, aux physiologistes; mais nous autres, philosophes et gouvernants^ nous nous emparons de l'autre, et nous la traitons d'un tout autre point de vue. '

Voilà le mal.

Voudrait-on bien me dire quel est le seul, l'unique besoin moral qui pourrait se passer, pour s'exprimer, de l'organisation dite matérielle? Je voudrais bien savoir quelle est la faculté^ quelque abstraite

DE l'hygiène. VII

qu'elle puisse être, qui pourrait se développer sans cerveau ! Et si l'organisation est une nécessité d'existence pour tout ce qu'il y a de plus spirituel en l'homme, croyezvous qu'il soit indifférent, -pour celui qui veut diriger la conduite de l'homme, d'en tenir compte ou de la dédaigner ? Si ces hesoins intellectuels se rattachent si étroitement à cette organisation, qu'ils se déve*loppent avec elle; que, partageant inévitablement son sort, ils soient frappés des mêmes imperfections qu'elle, se dérangent quand elle est malade, et périssent encore avec elle ; qui pourrait se vanter de connaître ces besoins, s'il est étranger à la science de l'organisation?

Ainsi disparaît, devant un examen approfondi, cette limite qui paraissait si

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tranchée entre le physique et le moral de l'homme; ainsi nous voilà forcément ramenés sur les confins de l'un et de l'autre, et nous restons convaincus que , puisqu'il est impossible de séparer l'un de l'autre, on ne peut régulariser l'un sans l'autre.

Quant au moyen d'arriver à la découverte des lois qui doivent régir cette activité, il consiste, ainsi que nous le démontrerons au long dans la première partie de ce travail, à faire l'histoire de cette activité^ c'est-à-dire des facultés qui expriment les différents besoins de l'homme. Nous osons affirmer que toute science qui n'est pas historique, c'est-à-dire qui ne fait pas l'histoire du sujet dont elle s'occupe depuis son origine jusqu'à sa fin, est purement arbitraire, conventionnelle, et le plus souvent

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erronée. L'histoire exacte d'un phénomène peut seule nous le faire connaître; mais l'histoire qui nous le montre à sa naissance, dans ses développements et dans son mode ou ses différents modes de terminaison , quand nous savons cette histoire , nous connaissons à fond le phénomène, c'est-à-tlire que nous le connaissons, non pas seulement sous le rapport descriptif, mais encore dans les lois de son existence, c'est-à-dire dans tout ce qu'il a de plus intime, et dans ce qui intéresse le plus l'homme qui veut agir sur la nature et sur les autres hommes pour être utile à l'humanité.

Qu'elle est belle la mission de l'Hygiène, quand elle comprend l'homme dans toute sa grandeur, dans toute sa noblesse, mais aussi dans toute sa vérité !

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