‹ Hygiène moraleChapitre 14 sur 63 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Il n'y a rien que les hommes connaissent moins, rien qu'ils tiennent plus à connaître, rien qu'ils ménagent moins que leur vie. (La Bruyère.)

Quelque merveilleuse que soit la structure anatomique de l'homme et des animaux, elle serait restée à l'état de matière inerte, si la même puissance qui a pu la concevoir, n'avait su la doter d'un principe moteur capable de l'animer et de mettre en jeu tous les ressorts qui la composent ; et nous ne saurions ignorer que le jour où s'exhale le dernier souffle de vie, tous ces chefs-d'œuvre d'architecture vivante, tous ces prodiges d'art et de génie que nous admi-

rons tombent en ruines pour subir la loi commune de dissolution.

Mais entre ces deux termes, il y a une immense carrière, toujours ouverte au cours des générations et des destinées humaines, c'est la vie, la vie universelle, qui est sans limites et sans fin ; c'est aussi la vie individuelle dont la durée est variable et la fin fatale.

Et qu'est-ce donc que la vie? car nul n'a su encore nous le dire; nul n'a su encore même la définir, et nous n'en avons encore que la conscience, comme privilège réservé à la condition humaine; mais elle s'atteste par des actes qui la rendent accessible à nos sens, dans le sentiment, le mouvement et l'entendement, et qui nous permettent de lui demander quelques lumières propres à éclairer la science de l'homme, soit en santé, soit dans l'état de maladie.

î. — Dans quelles conditions s'exerce la force vitale.

Un premier fait qui nous frappe tout en abordant un tel sujet d'étude, c'est cette continuité d'action

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