‹ Hygiène moraleChapitre 16 sur 63 · II. — Quelle idée Von doit se faire de la force vitale · texte numérisé non relu

II. — Quelle idée Von doit se faire de la force vitale

Et toutefois, la force vitale, tout en témoignant de son origine divine , est une puissance purement dynamique, une puissance affectée exclusivement et comme complément de l'organisme, à l'exercice

de la vie physiologique , pour la conservation de l'individu et de l'espèce ; elle est l'âme de l'organisme, au même titre que l'électricité, sans être l'électricité ; en sorte qu'il y a entre la force vitale et l'âme rationnelle toute la différence qu'il faut établir entre le vitalisme et le spiritualisme, entre l'homme physiologique et l'homme psychologique; et pour le comprendre, il suffirait encore de savoir que la force vitale est une faculté commune à tous les êtres vivants, animaux et végétaux, une faculté s'exercant chez tous avec la même intelligence, la même sagesse, la même prévoyance que chez l'homme, sans qu'aucune théosophie puisse les identifier ni leur consacrer le même culte.

Si la force vitale, comme puissance dynamique, a pu souffrir quelque comparaison avec l'électricité, elle n'est pourtant pas, je le répète, l'électricité elle-même. La force vitale est une , et son unité ne saurait non plus être mise en doute, pas plus que sa nature spécifique et sa puissance conservatrice de l'organisme; elle demeure donc tout entière dans les attributions de l'hygiène et de la médecine, sans être du ressort de la psychologie proprement dite.

l'idée de la force vitale 5 5

A ce titre, la force vitale, ou si l'on veut la nature, ne veille pas seulement aux actes physiologiques dans le cours de la vie et de la santé, elle veille aussi avec sollicitude, et elle intervient aussi avec une salutaire opportunité dans les actes morbides, où elle sait avertir l'hygiène et la médecine de la présence du mal, invoquer leur puissance pour l'aider à le conjurer, si elle ne peut le faire par elle seule. Mais qui pourrait douter de son efficacité dans la grande majorité des cas où elle réagit, se révolte pour ainsi dire au point de soulever l'organisme tout entier contre les causes qui peuvent l'atteindre. Elle s'insurge contre tous les genres d'intoxication, contre toutes les influences paludéennes qu'elle sait dominer sous forme d'accès fébriles, comme elle sait éliminer par elle seule tous les poisons par voie d'excrétion , comme elle saurait au besoin faire justice de médications intempestives ou erronées.

III. — Ce qu'il faut penser de la force vitale comme puissance médicatrice.

En présence de tant de vigilance dans, l'exercice de la force vitale contre le plus grand nombre des maladies, on conçoit encore que des médecins, séduits à leur tour par les résultats d'une thérapeutique si simple, si commode', si souvent efficace, et, il faut bien le reconnaître, d'une thérapeutique qui a pu compter plus de succès que toutes les combinaisons plus ou moins rationnelles de la chimiatrie et de la pharmacologie, on conçoit, dis-je, que des médecins aient pu aussi consacrer un culte scientifique à la force vitale, comme des casuistes avaient pu lui élever un dogme religieux; et de là cette confiance souvent exagérée ou même aveugle dans ses résultats au moins incertains et décevants, sinon regrettables; et de là, cette célèbre école des animistes dédaignant toute médication active, proclamant toute la souveraineté de la force vitale dans la curation des maladies, où l'homme malade devient

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