‹ Hygiène moraleChapitre 18 sur 63 · PUISSANCE MED1CATRICE DE LA FORCE VITALE DO · texte numérisé non relu

PUISSANCE MED1CATRICE DE LA FORCE VITALE DO

sont demeurés au moins bien équivoques, s'ils ne sont pas nuls, en bien des cas.

Un autre fait clinique également bien acquis à la physiologie et à la pathologie du système nerveux, pour démontrer l'indépendance de la force vitale, surtout dans le cas de pathologie nerveuse, c'est que les mêmes actes d'innervation physiologique ou pathologique, quoique mis en exercice par une seule et même puissance, qui les tient sous sa dépendance, ne s'accomplissent pas d'une manière simultanée, ni au même degré, dans les différents appareils de sentiment, de mouvement et d'entendement. Comme si, dans ce cas, la force vitale se chargeait seule d'opérer l'action de leur déplacement, la douleur, la convulsion et le délire qui les représentent dans l'état pathologique semblent s'exclure, pour leur exercice actuel, en vertu d'une sorte d'incompatibilité ou même d'antagonisme.

Jamais, en effet, l'on ne voit apparaître coïncidemment , ni s'exercer simultanément , ces trois ordres de symptômes, et jamais la thérapeutique n'a besoin d'intervenir pour les combattre en même temps. Ce qui est encore d'observation clinique,

c'est que l'état convulsif sait faire taire immédiatement la douleur , comme la douleur sait emporter avec elle l'état convulsif, de même que tout délire, toute exaltation maniaque anéantit la douleur; et Ton peut toujours se demander ce que devient l'atroce souffrance qui précède le tétanos, quand arrive la contracture tétanique; ce que devient la sensation si vive de Y aura epiîeptica , quand éclate l'attaque convulsive de l'épilepsie; ce que devient la sensibilité générale, la sensibilité tactile, pendant les attaques de l'éclampsie, de l'épilepsie , dans tout état spasmodique , dans toute surexcitation cérébrale où le degré d'anesthésie répond toujours à la violence de la contraction musculaire.

On sait également que toutes les formes d'exaltation maniaque, aussi bien que le délire produit par l'inhalation de l'éther, du chloroforme, par la simple ébriété alcoolique, ont encore pour effet constant d'affaiblir, de suspendre même la sensibilité gêné-

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raie, et Ton sait encore tout ce que l'instinct seul nous inspire, en confirmation de cette loi, pour nous enlever aux étreintes de la douleur dans une agitation où tout l'appareil musculaire se contracte, se convulsé, pour ainsi dire, comme pour distraire le principe vital qui tient alors la douleur sous sa dépendance, et pour le solliciter à l'exercice du mouvement.

C'est encore sous l'empire de la même loi que dans le cas de convulsion partielle , de simple crampe, nous cherchons instinctivement, par des frictions pratiquées sur le membre convulsé, à rappeler sur l'appareil du sentiment, le principe d'innervation qui a pu s'en détourner pour opérer l'état convulsif. C'est là surtout qu'est tout le bienfait des sinapismes dans le cas de crampes cholériques.

Tous ces faits de simple observation ne peuvent être indifférents aux sollicitudes du praticien dans l'étude pathologique de la force vitale. Ils ne donnent pas seulement la preuve de l'unité d'un principe d'action pour les trois ordres de sentiment, de mouvement et d'entendement, ils révèlent à la thérapeutique des indications rationnelles dans l'appli-

P. Jolly, Hygiène. 4

cation de la méthode révulsive qui ne saurait être livrée indifféremment à des mains vulgaires pour les cas d'opportunité, en ce qu'elle peut donner des résultats contraires à ceux que l'on se propose, si l'on méconnaît la part que peut prendre la force vitale à tout état morbide.

IV. — Quelle part doit-on faire aux organes dans V exercice de la vie?

Quelle que soit la puissance de la force vitale dans ses effets curatifs, comme dans ses actes physio-" logiques et pathologiques, elle ne pouvait se passer d'organes pour son exercice; elle avait besoin, au même titre que la puissance électrique, d'un appareil, que la Providence avait su également lui préparer ; c'est le système nerveux, sans lequel le dynamisme vital resterait frappé d'impuissance; nous ignorons d'ailleurs son mode d'action, qui n'est appréciable à nos sens que: par ses effets. Ce que nous savons, c'est qu'elle a son point de départ à l'origine et dans les racines mêmes des nerfs, qu'elle irradie de toutes parts dans tous les éléments

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