MEDECINE INSTINCTIVE CHEZ LES ANIMAUX
bien ingrats, nous, médecins, si nous méconnaissions sa sagesse et son efficacité, nous qui avons été les premiers à nous éclairer de ses lumières et à les mettre à profit dans la pratique. Comme hygiène, les animaux savent certainement mieux que nous choisir les aliments qui conviennent à leur nature et à leur santé; mieux que nous aussi, ils savent saisir le degré de satiété de leurs repas, et ils ne connaissent guère les indigestions ni les gastrites, ni les dyspepsies, qui peuvent accuser des écarts de régime; mieux que nous encore, ils savent repousser toutes les substances qui pourraient leur être nuisibles, et partout où il y a à craindre un poison quelconque, ils en sont avertis par leur instinct; ils devinent jusqu'au danger qui peut s'attacher aux maladies contagieuses, et les évitent avec prudence, à ce point que l'on a vu le redoutable boule-dogue fuir devant le plus chétif roquet, s'il était atteint de rage.
Les animaux , comme on le sait , ont encore sur nous la prescience des vicissitudes atmosphéri-
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ques contre lesquelles ils savent se prémunir, mieux éclairés en cela que nous ne pouvons l'être, par tous nos instruments cTeudiométrie, de météorologie et d'astronomie.
Dans leurs maladies, les animaux ne se trompent guère sur les indications rationnelles de traitement; leur diagnostic est exempt d'erreur et ils vont droit aux remèdes, toujours aux remèdes les plus salutaires; et ces remèdes, quels sont-ils? Il faut bien le reconnaître, ce sont ceux qui, après des siècles d'expérience, ont survécu à toutes nos révolutions thérapeutiques, et qui, aujourd'hui encore, restent consacrés dans la pratique comme témoignage de leur efficacité relative; ce sont les émissions sanguines, dont on a pu trop souvent abuser comme on a vu trop souvent les négliger, mais qui restent encore et qui resteront toujours dans la pratique comme l'une de nos plus puissantes ressources de thérapeutique. Ce sont aussi les évacuants, les vomitifs, les purgatifs, qui, pour la même cause d'instabilité de nos doctrines médicales, ont dû subir le même sort que les saignées, mais qui figurent toujours aussi parmi les indications les plus certaines;