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lontaires opposés à la raison , tandis que les vices, quoique combattus par elle, demeurent dans la dépendance de la volonté. Renfermées dans Tordre de la nature, et dominées par la raison, les passions peuvent être bonnes et louables; tous les vices sont condamnables et nuisibles.
La plupart de nos inclinations, bonnes ou mauvaises, nous sont données par la nature, mais l'habitude exerce Tinfluence la plus funeste sur la génération des vices. Une mauvaise éducation, de pernicieux exemples dans la jeunesse les font pénétrer presque invinciblement dans les âmes molles et flottantes encore entre le bien et le mal. Nous avons vu que l'adversité avait été pour quelques grands caractères une occasion de vertus sublimes ; mais pour les âmes moins fortement trempées le mal« heur a été trop souvent une cause de dégradation ; l'homme qui était brave à demi devient lâche, et le citoyen libre qui accepte les hontes de la servitude, en contracte bientôt tous les vices et tous les abaissements.
Il y a des vices du corps, des vices de l'âme, et des vices qui participent de l'un et de l'autre ; ils forment une famille innombrable, et s'engendrent les uns les autres. Tous les goûts et tous les penchants peuvent, par l'effet de mauvaises habitudes, d'une éducation mal dirigée, ou de faux raisonnements, dégénérer en vices. D'abord timides et honteux, ils se présentent sous le masque d'un plaisir qui flatte les sens ; bientôt l'humble esclave devient un maître forcené qui tyrannise l'âme et ne lui prépare que honte et regrets. Autant la vertu rend la vie aisée et douce, autant, après un court enivrement, le vice la rend fâcheuse et insupportable.
966 DES MALADIES DE l'aMB
On a prétendu classer les vices en yices par défaut et en vices par excès. Celte classification nous paraît incomplète, et par conséquent défectueuse. En les considéraDt comme des habitudes ou des inclinations contraires au -devoir et à la sagesse, chacun peut les nommer, les con* naître^, et déterminer dans quelle mesure ils abreuvent rhomme de honte et d amertumes. On doit r^arder comme des vices Tincontinence, la gourmandise, Tivrognerie, Tavarice, la passion du jeu, la jalousie, Tenvie, la malpropreté, le défaut d'ordre, Thabitude du mensonge, la paresse, Tignorance, la méchanceté, Tégoïsme, en un mot, toute inclination que la raison condamne comme opposée aux vertus de l'âme et du corps.
Quel est l'homme assez parfait pour n'avoir donné accès dans son âme à aucun de ces hôtes dangereux? Mais, connaissant les ravages que leur séjour y détermine, il doit leur faire une guerre courageuse, a La philosophie, dit Plutarque, est la seule médecine des infirmités et des maladies de Tàme (1). » Nous examinerons dans les chapitres suivants quels moyens elle conseille pour les guérir, ou plutôt pour les prévenir et les détruire dans leur germe.
(1) Comment il faut nourrir les enfants, XXII.
DES REMÈDES A APPORTER AUX MALADIES DE l'amE. 9B7