DES REMÈDES A APPORTER
pas ceux qui en auraient le plus grand besoin. Ils n'en sont plus esclaves; ils ont déjà remporté une première victoire en ne cédant pas sans lutte, et en cherchant des armes pour terrasser un ennemi tremblant; vouloir c'est faire :
La volonté suffit; qai ne veut qu^à demi.
Sort da sommeil, se lève et retombe endormi (1).
L'étude de soi-môme, l'expérience de la vie qui nous vend quelquefois si chèrement ses conseils, le malheur enfin, déchirent le voile qui cachait au cœur prévenu la laideur du vice et le danger des passions. Cette connaissance assure la victoire ; mais ne serait-il pas plus profitable, et ne devrait-on pas regarder comme le triomphe de l'hygiène philosophique de prévenir les maladies de l'âme, plutôt que d'avoir à les guérir ? L'éducation et les habitudes sont les vrais moyens propres à atteindre ce résultat désirable.
Sans nier d'une manière absolue la liberté humaine, le célèbre auteur de la Physiologie du cerveau admet une sorte de fatalité pour les passions : « L'animal et l'homme, dit Gall, sont organisés pour la colère, la haine, le chagrin, la frayeur, la jalousie, etc., parce qu'il y a des choses et des événements qui, d'après leur nature, doivent être détestés ou aimés, désirés ou redoutés (2) . » De son côté, Platon n'a-t-il pas absous le coupable de la responsabilité de ses actes, en disant : « La plupart des reproches qu'on fait aux hommes sur leur intempérance
(1) Poésies du philosophe Sans-Souci (Frédéric le Grand). (3) Sur les ftmctions du cerveau^ U h p. 71.