D£S CONSOLATIONS DANS LA VIEILLESSE
Nous venons de passer en revue la plupart des incoû*véiîients de la vieillesse : l'appauvrissement des organes, l'altération des forces, la fréquence des maladies, la perte des sens et de la beauté, qui en sont l'accompagnement ordinaire ; cependant on en cite d'autres encore, dont la gravité toutefois nous paraît loin d'égaler celle des premiers, et qui même n'ont aucun fondement réel. On répèle souvent que les jouissances de la table sont interdites au vieillard, ou du moins qu'il ne saurait s'y abandonner sans péril. Cette opinion est dénuée de fon* dément, dans une certaine mesure du moins. Le sens du goût survit en lui à la perte de tous les autres, et nous avons dit ailleurs, avec vérité , qu'il est le dernier ami fidèle du vieillard. On le nierait en vain, les plaisirs de la bonne chère sont très recherchés, et peu savent résister à ses amorces. Toutefois les modernes diffèrent essentiellement des anciens en ce qui tient à l'ordonnance des repas. A l'exception de quelques pythagoriciens de profession, et de quelques hommes austères renommés par leur frugalité, la plupart d'entre eux s'abandonnaient aux excès les plus dégoûtants et les plus monstrueux; l'ivresse était commune, et souvent même la passion dominante. Que de tels excès soient plus préjudiciables